Quête : la Fritillaire pintade serait-elle une espèce forestière ?

Une quête sur la Fritillaire pintade en forêt à découvrir sur l'application INPN Espèces
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Fritillaire pintade Fritillaria meleagris , image fournie par l'auteur

La nouvelle version de l’application INPN Espèces propose désormais à ses utilisateurs de participer à des quêtes. Derrière chacune d’entre elles se cache une question scientifique concernant un groupe ou une espèce en particulier. Les données récoltées permettront aux experts de mieux comprendre l’écologie, la répartition ou le cycle de vie des espèces ciblées.

La première quête concerne la Fritillaire pintade

Un collectif de chercheurs travaillant sur l’écologie historique, regroupant des géographes (LADYSS), des écologues (EDYSAN) et des archéologues et historiens (ARTeHIS et MSHE) s’interroge en effet sur le statut écologique de la Fritillaire pintade : serait-ce une espèce forestière ?
L’écologie de cette plante (Fritillaria meleagris L.), une Liliacée très facile à déterminer, sans risque de confusion, est bien connue des botanistes : en Europe de l’Ouest, cette espèce croît dans les prairies humides des grandes vallées alluviales.

Or de très rares localités dans des forêts alluviales ont été découvertes. Cette espèce accomplit son cycle biologique au tout début du printemps et ne reste en fleur que 2-3 semaines maximum. Ainsi, en forêt, elle échappe à la sagacité du botaniste ou forestier pour deux raisons :

  • personne ne s’attend à trouver de la fritillaire en forêt ;
  • entre mars-avril, la plupart des inventaires floristiques forestiers n’ont pas encore débuté.

Pour preuve, les données de l’inventaire forestier national (environ 120 000 relevés) n’ont détecté que 10 occurrences de Fritillaire depuis 2005.

Aidez l’équipe d’INPN Espèces à mieux comprendre l’écologie de cette espèce, en participant à cette quête qui cible un milieu bien déterminé (les forêts alluviales, y compris les peupleraies) et est proposée du 23 mars au 15 mai 2021.

Pour cela, téléchargez la nouvelle version de l’application INPN Espèces et partagez vos observations de Fritillaire pintade.

8 commentaires

  1. La question m’a intrigué. Mais le site de l’IPNI me laisse sur ma faim. je constate en effet que les plantes qu’on trouve habituellement en forêt au printemps (perce-neige, anémone sylvie, jacinthe, jonquille…) ne se retrouvent jamais en prairie. Alors pourquoi la fritillaire ? Il doit bien y avoir des études déjà disponibles sur le sujet. Pourquoi ne pas détailler la question ?

  2. Le caractère prairial de ce taxon est largement surfait. Que ce soit en Aquitaine, en centre ouest, ou en Bretagne, par exemple, la Fritillaire est souvent observée en sous-bois hygrophile ou meso-hygrophile ou au moins en lisières. Il est probable que cette enquête le confirmera.

  3. Pour être botaniste dans une région de forte présence de l’espèce (ex région Poitou-Charentes), il est évident que l’espèce peut tout aussi bien se retrouver en zone ouverte qu’en zone fermée. Et si les données connues ne sont pas dans ce sens, c’est qu’il y a certainement un biais observateur. Une autre piste intéressante d’étude sur l’espèce serait sa phénologie, qui semble plus précoce en milieu fermé. A vérifier !

  4. Bien sûr que c’est une espèce forestière. Je l’ai toujours cru. En val de Saône on dit qu’elle est liée aux prairies inondables mais si on regarde l’histoire, avec du recul, ces prairies sont artificielles. Il n’y avait initialement que des forêts alluviales, l’homme a créé des prairies, la fritillaire s’y est maintenue mais tend à disparaître, d’autant que ces prairies ont été retournées pour cultiver du maïs et du soja. Aujourd’hui c’est bien dans les reliques de forêts alluviales que j’observe le plus de fritillaires chaque année. C’est une plante à bulbe qui fleurit tôt avant la feuillaison des arbres comme les autres bulbeuses forestières.

  5. Cette année elle était abondante ,en bord de Loire (St Rémy la varenne -49- par exemple ) en sous bois inondable; probablement parce que une grande crue exceptionnelle est survenue cet hiver. Hors sous bois on ne la voit guère sauf sur quelques prairies basses permanentes- lesquelles ont bien diminué en surface .

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