COP 30 en Amazonie : quand le poumon vert de la planète devient le cœur des négociations climatiques

L’Amazonie s’étend sur neuf pays et couvre 6,9 millions de km², abritant plus de 34 millions de personnes qui dépendent de ses richesses naturelles. Cette immense forêt tropicale représente un trésor de biodiversité végétale irremplaçable, abritant 40 000 espèces de plantes (WWF), et joue un rôle vital dans la régulation du climat planétaire.
Au-delà de leur diversité biologique, les végétaux amazoniens assurent des fonctions écologiques essentielles. Le mécanisme d’évapotranspiration des arbres réinjecte dans l’air environ la moitié de l’eau de pluie tombée sur le bassin. Par ailleurs, la forêt amazonienne stocke environ 250 à 300 milliards de tonnes de carbone, ce qui équivaudrait à 15 à 20 ans d’émissions mondiales de gaz à effet de serre (WWF). Pourtant, elle a déjà perdu 17 % de sa superficie, et plus d’un tiers de son territoire est aujourd’hui dégradé, notamment en raison de la déforestation (Green Peace).
Lors du sommet des dirigeants précédant l’ouverture de la COP30 le 6 novembre dernier, le gouvernement brésilien a présenté le Tropical Forest Forever Facility (TFFF), un nouveau mécanisme financier international déjà doté de 5,5 milliards de dollars d’engagements, et visant à lever jusqu’à 125 milliards. Son objectif : rémunérer les nations qui préservent leurs forêts tropicales.
Ce dispositif concernera plus de 70 pays fortement boisés, de l’Afrique centrale à l’Amérique latine. Les paiements seront conditionnés au maintien de taux de déforestation inférieurs à un seuil défini, avec l’obligation de consacrer au moins 20 % des fonds aux communautés autochtones, reconnues comme gardiennes historiques de ces territoires.
À ce jour, plusieurs pays, dont la Norvège, la France, l’Allemagne, la Colombie, les Pays-Bas, l’Indonésie et le Portugal, ont déjà annoncé des contributions.
La COP30, qui se tiendra à Belém, au cœur de l’Amazonie, s’annonce comme un tournant majeur. Si la conférence parvient à concrétiser ses ambitions de protection des forêts tropicales, elle pourrait marquer une avancée décisive pour la stabilité climatique mondiale et la souveraineté des peuples autochtones.
En savoir plus
- COP 30 à Belém : l’Amazonie au cœur du nouveau pacte climatique mondial, par l'Agenda 2030 en France
- COP30 : un combat commun pour le climat et la biodiversité, par Green Peace
- Tropical Forest Forever Facility (anglais)
- Amazonie : un trésor méconnu, par WWF
- Les publications du CST-F pour la COP 30 sur le Climat, par le CST Forêt
3 commentaires
Merci pour les articles de la Cop30 tout à fait instructifs et de la plus haute importance- déforestation de l’Amazonie etc!
Merci beaucoup pour les articles qui nous permettent d’actualiser nos connaissances et de les mettre en ordre.
Nicole Vernet
Merci pour ces informations. Je me trouve en Guyane actuellement, je n y étais pas revenue depuis 7 ans. Que de changements au nom de l Europe et du développement ! Déjà lors de l atterrissage à Cayenne, on peut juger de ces forêts rasées à la surface grandissante de ta terre rouge mise à nu !
Nous parlons du Brésil oubliant la Guyane qui est française et oubliant, encore plus grave à mon avis, de dire que l Europe est aussi un poumon de la Terre !!!
Eh oui, nous y avons détruit les forêts en faisant croire que l homme devait la « nettoyer », et on apprend aux enfants français qu ils doivent protéger la planète (ailleurs) sanseur expliquer la destruction en cours avec les programmes éoliens (impact sur la forêt amazonienne pour le bois balsa des pales, terres rares et métaux précieux précieux), qui font mourrir nos paysages et du même coup faune et flore…
Dès arrangements financiers pour protéger ? A qui profite le crime ? Suivons les chefs d Etats qui se partagent les butins et poursuivent de sales besognes .
Quand l être humain comprendra t il qu il fait partie de la nature et que c est la nature qui le protège ? En détruisant la nature et sa beauté, il se détruit. La nature lui survivra, quelle arrogance !