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Max DEBUSCH me reçoit à la demande du directeur du CEFE, Monsieur Jean-Dominique Lebreton pour qu'il lui formule un avis sur le projet BOTANICA-LR.
Rencontre avec Max DEBUSCH, CNRS/CEFE, le 20 septembre 2006
Participants : Daniel MATHIEU, Max DEBUSCHMax DEBUSCH me reçoit à la demande du directeur du CEFE, Monsieur Jean-Dominique Lebreton pour qu'il lui formule un avis sur le projet BOTANICA-LR.
Rencontre très riche avec des critiques très positives. J'ai retenu en particulier les points suivants
- la "botanique" n'est plus un terme usité par les chercheurs, il faudrait trouver quelque chose de plus en phase avec les thèmes actuels de la recherche. Deux raisons à cela : la sectorisation d'un coté qui éclate les travaux en de multiples spécialités très pointues (biologie moléculaire, génomique, etc...) et l'intégration pluridisciplinaire de l'autre qui noie la botanique dans l'écologie, la biodiversité, etc. Par contre il est à noter que le terme de "botanique", s'il est désuet pour les chercheurs, garde une signification profonde pour le grand public qui y rattache de nombreuses activités liées au plantes : floristique, systématique, collection... En tout état de cause il faut rattacher la botanique aux grands sujets du moment : le développement durable, la conservation de la biodiversité, les écosystèmes, le patrimoine naturel (cf le sucès des journées sur la conservation "Le réveil du Dodo") ...
- contrairement à l'ornithologie ou l'entomologie qui disposent de strutures de niveaux nationales importantes (LPO, OPIE...), la botanique est très éclatée et incapable de faire un lobbying efficace. A noter que le modèle végétal est aussi plus ennuyeux que les insectes ou les oiseaux qui sont beaucoup plus attractifs...
- l'enseignement très rébarbatif de la botanique à l'échelon universitaire est aussi à mettre en cause dans la désafection des étudiants pour cette discipline. Le principale livre de référence sur le terrain est un ouvrage datant du 19ème siécle (la petite flore de Bonnier), ce qui en dit long sur l'archaïsme de perception de la botanique (contrairement aux anglo-saxons qui ont mieux su se renouveler que nous )
- la botanique manque d'enseignants, et c'est là qu'il faut faire du lobbying auprès des universités si l'on veut renouveler cette discipline. Il en est de même pour la recherche (thésards)
Parmis les propositions faites
- il faudrait une lettre périodique sur la botanique locale ou pourraient s'exprimer les associations, les organismes de recherche, les conservatoires, les collectivités, etc..
- il serait très utile de disposer d'un service d'aide à la détermination permettant aux "curieux des plantes" d'avancer sur la voie de la botanique de façon incitative.
- il faut centrer les efforts autour des herbiers, en particulier celui de l'UMII, patrimoine irremplaçable qu'il convient de faire vivre en permanance.