Groupe Travail Anomalies Phénologiques et Événements extrêmes - Réunion de lancement
Date : 10/01/2023
Format : visio
Tour de table (nom - structure - écosystème d’intérêt)
Frédéric Jean - INRAE, TEMPO - forêts
Isabelle Chuine - CNRS Montpellier, TEMPO - phénologie et changement climatique
Nathalie De Noblet - CEA, IPSL, LSCE - services climatiques pour les écosystèmes
Florence Volaire - INRAE, CEFE - survie au stress
Colin van Reeth - CREA - montagne & sciences participatives
Marc Raynal - Institut Français Vigne et Vins (IFVV)- réduction des IFT (i.e. traitements)
Guillaume Charrier - INRAE, PIAF, Clermont - gel
Olivier Gilg - INRAE PACA, UEFM - phénologie végétative & forêt méditerranéenne
Anne-Sophie Brinquin - UEFM INRAE - insecte ravageur forestier (processionnaire)
Maurane Buradino - UEFM INRAE - phénologie des insectes processionnaire
Agnès Destrac - écophysiologiste INRAE - vigne
Bertrand Gauffre - INRAE Avignon - biodiversité dans les systèmes horticoles
Catherine Bernard - INRAE Angers - pommier, endodormance & changement climatique
Clara Sarrère - master 2 à l’IFVV - phytopathologie
Alexia Mathou - INRAE Pierroton - méthodologie et innovation, pin maritime & essences forestières
Benoît Pallas, LEPSE, ecophysiologiste vignes versus changement climatique (stress hydrique et thermique)
Excusé(e)s
Aurélie Froger - Tela Botanica - sciences participatives
Sophie Gachet - AMU IMBE
Iñaki Garcia-De-Cortazar-Atauri - INRAE Agroclim TEMPO - vigne et CC
Eric Duchene - INRAE - vigne
Objectifs de cette rencontre
Les objectifs principaux de cette rencontre sontde constituer un groupe de travail permettant d’évaluer les risques et les conséquences des évènements extrêmes sur la phénologie des espèces des agroécosystèmes et des milieux naturels.
d’identifier les attentes de chacun des participants
Devant la multiplication des évènements extrêmes et les anomalies phénologiques le réseau TEMPO (cf. ci-dessous pour la présentation) est très souvent sollicité sur cette question.
Les objectifs Ă termes avec votre concours seraient
- 1 : d’évaluer l’impact des évènements extrêmes sur le cycle annuel des organismes vivants
- 2 : de mieux comprendre les réponses des organismes vivants aux évènements extrêmes
- 3 : d’organiser la compilation, la gestion et la valorisation des données
- 4 : lancer des appels à observations auprès des citoyens et des professionnels
La première signature de l'impact du changement climatique sur les écosystèmes et la biodiversité a été bien documentée au cours des 20 dernières années :
Exemple 1 - Chuine (2004) présente une relation étroite entre les température du printemps-été et les dates de bans de vendange reflétant un degré de maturité du raisin
Exemple 2 - étude d’Augspurger démontrant l’augmentation significative du risque d’exposition aux gelées tardives depuis 1980
Différentes études constatent et reflètent des changements jusqu'à présent linéaires, avec une avance du début de l'activité phénologique au printemps et un retard de la fin de l'activité en automne tout au long du 20ème siècle, bien que ces tendances se soient ralenties au cours des dix dernières années dans certaines régions, en particulier chez les espèces végétales.
Cependant, le 6e rapport du GIEC dresse un tableau très alarmant des conséquences du changement climatique, notamment la multiplication des événements climatiques extrêmes (vagues de chaleur, fortes précipitations, inondations, cyclones tropicaux intenses, sécheresses, incendies). Nous sommes actuellement dans une période de transition vers un régime climatique où les taux de réchauffement seront bien supérieurs aux moyennes historiques et où la fréquence des événements climatiques extrêmes augmentera.
Or, nous manquons de rapports sur la façon dont ce nouveau régime se traduira, notamment en termes d'impacts pour les populations humaines et les écosystèmes. D’où la création de ce groupe de travail pour construire un projet d’études permettant de répondre à ces enjeux.
TEMPO : présentation
Site internet : https://tempo.pheno.fr/TEMPO est un réseau national d’observatoires dédiés à la phénologie de l’ensemble du règne vivant (espèces végétales et animales, cultivées et sauvages).
La grande question scientifique à laquelle TEMPO cherche à répondre est comment le changement climatique impacte les rythmes saisonniers des organismes vivants et quelles en seront les conséquences en termes de productivité des systèmes mais également de survie, dynamique et répartition des populations.
TEMPO rassemble : 9 observatoires ; + de 94 partenaires (unités de recherche, associations, instituts techniques, établissements publics, etc.) et 250 participants.
Ce réseau se fédère autour de la thématique de l’adaptation phénologique via des travaux de recherche visant à comprendre et prédire comment le changement climatique impacte la phénologie des organismes vivants et quelles sont les conséquences en termes de productivité des systèmes, survie et répartition des populations.
Pour ce faire, le réseau TEMPO s’est structuré par des instances de coordination qui orientent et pilotent les actions des Observatoires et Groupes de Travail associés. Les Observatoires sensus-stricto sont au nombre de 9 et structurés autour de grands groupes taxonomiques tels que les champignons phytopathogènes, les poissons, les reptiles, les arthropodes, les prairies, les herbacées, la vigne, les arbres fruitiers et enfin les arbres forestiers.
Ces observatoires assurent les 4 missions de TEMPO qui sont les suivantes :
- Collecter, sécuriser et disséminer toutes les observations phénologiques réalisées par les partenaires.
- Harmoniser et standardiser les protocoles d’observation entre les différents observatoires afin d’assurer la qualité des données.
- Comprendre et modéliser les déterminismes génétiques et environnementaux de la phénologie.
- Organiser et stimuler la communauté scientifique autour de questions scientifiques transversales.
- GT Science de l’Information - pour la structuration et la diffusion des jeux de données
- GT Déterminisme - pour les questions scientifiques autour des déterminismes génétiques et environnementaux
- GT Système d’Observations Innovants
- GT Modélisation
- l’Observatoire Des Saisons centré sur les observations d’évènements phénologiques du monde animal et végétal sur l’ensemble du territoire français et animé par Tela Botanica
- Phenoclim, animé par le CREA (Centre de Recherche sur les Ecosystèmes d’Altitude) et centré sur les espèces des massifs montagneux français
Présentation du projet MOMAC
Lien vers le pdf de présentation, cliquez ICIMOMAC = Monitoring Medit Agro-ecosystems responses to climate change : from field to landscape scale
Ce projet vise à étudier via différentes disciplines scientifiques dont l’écophysiologie, la réponse des arbres fruitiers au changement climatique tout en réalisant des suivis de biodiversité.
Les objectifs sont de
- créer des observatoires de suivi de la vigne, du pommier et de la biodiversité, avec un suivi phénologique notamment réalisé par imagerie
- évaluer la réponse des plantes aux stress abiotiques en conditions contrôlées en faisant varier les apports en eau et nutriments.
- suivre la biodiversité permettant d’évaluer les services écosystémiques
- partager, vulgariser et disséminer les résultats
- gérer des données selon la méthodologie FAIR
Remarques :
- les événements extrêmes ne sont pas leur cœur d'étude mais les mesures réalisées dans le cadre des suivis permettent de les enregistrer !
- les suivis de la faune par capteurs acoustiques peuvent permettre d’apprécier l’activité et par ricochet la phénologie de certains évènements biologiques chez les oiseaux, chiroptères, orthoptères, hémiptères (cigales)...
- des données d’émergence de carpocapses depuis 2006 sont disponibles pour certains vergers suivis dans la cadre de ce projet
Présentation du projet Epicure
Lien vers le pdf de présentation, cliquez ICIObjectif : limiter les intrants et par conséquent s'interroger sur comment optimiser la protection fongicide pour les vignes ?
Grâce à un partenariat avec Météo France, suivi météorologique fin avec un maillage permettant d’avoir des données tous les 1km (80000 points). Ce maillage permet (i) de suivre en temps réel la fiabilité des modèles climat-sol-parasite et en même temps (ii) nourrir la réalisation de modèle numérique pour prédire le risque de mildiou par exemple. Le modèle numérique a pour objectif de préciser si la parcelle a besoin d’être traitée ou non, limitant ainsi l’utilisation de fongicide au strict nécessaire.
En lien avec ce projet ont été créé :
- la plateforme EPICURE créée en 2000 : bdd / SIG / WEB / API
- un programme de science participative pour recueillir des données opportunistes auprès des viticulteurs et des conseillers viti.
- un outil de web alert - accidents climatiques : échelle d'évaluation des dégâts, disponible aussi via le site web Ephytia (http://ephytia.inra.fr/fr/C/26902/Vigne-1-Web-Alert-vigne-Participez)
A travers ces multiples outils, ce programme offre aussi la possibilité d’éditer des cartes de dégâts de gel (intensité, durée et stade phénologique), signaler des dégâts de grêle… L’anonymat du positionnement des observations (données géographiques) et par ricochet de l’identification du propriétaire de la parcelle est assurée grâce à la dégradation de l’information suivant un seuil de zoom.
Les travaux ont fait l’objet de prix reconnaissant la qualité et la pertinence du programme.
Marc nous informe de l’importance d’être proactif sur l’animation des réseaux sollicités si on souhaite faire perdurer ceux-ci.
Ateliers pour lister les attentes, les besoins et les moyens
Lien vers un screenshot du Klaxoon, cliquez ICI
Voici ci-dessous une synthèse suite à l’exercice collaboratif avec quelques mots clés :
> pour les attentes/besoins :
Le collectif est en attente et/ou a des besoins
- d’un retour d’expérience et de méthodes concernant les programmes de sciences participatives pour les appliquer dans ses propres projets.
- d’une base de données communes pour tester des hypothèses, réaliser des modèles, sachant qu’une base de données commune implique une architecture commune et une saisie de donnée homogénéisée
- de modèles pour pouvoir prévenir et/ou prévoir des évènements extrêmes
- d’outils nouveaux à développer ou à mutualiser
Voici aussi 3 mots illustrant l’intérêt des participants à être dans ce groupe de travail :
- partager
- diffuser
- fédérer
> pour les moyens :
Le collectif a mis en avant les questionnements suivants :
- mutualisation des outils : prendre des outils existants ? améliorer les outils existants ? en créer de nouveaux ?
- financements : quelles pistes ?
- base de données : beaucoup de données, mais qui ne sont pas forcément récoltées dans le but d’étudier des événements extrêmes, ainsi comment les utiliser, les harmoniser, les standardiser ?
- implication des citoyens
Et après cette rencontre …
Cette rencontre a été la première pour initier les échanges et se rencontrer. D’autres moments d’échanges seront prévus afin de poursuivre le travail et mettre en commun nos forces et moyens.Ils devront se concentrer sur l’identification des objectifs de chacun, la définition d’une anomalie phénologique et des évènements extrêmes (le gel est-il un événement extrême), leurs liens potentiels (les anomalies phénologiques sont-elles forcément causées par les évènements extrêmes ?)
A-t-on besoin d’autres éléments pour appréhender ces phénomènes qui nous font entrer dans une autre ère ? Sur quels types d'événements devons-nous nous concentrer ?
Ces évènements climatiques ne sont pas forcément ponctuels (i e vague de chaleur hivernale), la réponse des plantes pas forcément immédiate.
Deux besoins semblent émerger :
- (i) en amont, quels termes, comment aborder ces 1ères questions émergentes ?
- (ii) en aval, mettre en regard ce travail aux objectifs de TEMPO de production de services
Pour commencer à réfléchir : “Comment savoir si un épisode extrême est dû au dérèglement climatique”... ? https://lejournal.cnrs.fr/articles/comment-savoir-si-un-episode-extreme-est-du-au-dereglement-climatique
Merci pour votre disponibilité !