Une base de données pour les arbres méditerranéens

Grâce à la collaboration d’un réseau international de 30 scientifiques, coordonné par INRAE et l’Institut européen des forêts (EFI) et impliquant Aix-Marseille Université, l’Université de Montpellier, l’ONF et le MNHN, 496 espèces et 147 sous-espèces d’arbres de la région méditerranéenne ont été inventoriées. Ces données, librement accessibles, renseignent notamment sur le risque d’extinction et la diversité génétique des arbres, et représentent un outil clé pour mieux protéger et restaurer les forêts.
Pinus pinea L. [1753] (bdtfx) par Michel Gaubert
Pin parasol, Pinus pinea L. par Michel Gaubert CC BY-SA 2.0

Alors que les forêts doivent relever le double défi de s’adapter au changement climatique et de contribuer à en limiter les effets, les arbres méditerranéens restent encore insuffisamment intégrés aux politiques de protection et de gestion durable.

L’inventaire s’étend sur 39 territoires botaniques. Les chercheurs ont montré que le nombre d’espèces d’arbres endémiques varie fortement d’une région à l’autre : on recense 150 espèces en Espagne, 139 en France continentale, 277 en Turquie, 57 en Algérie et 102 en Sicile.

Le risque d’extinction, quant à lui, reste mal documenté, près de la moitié des espèces n’ayant pas encore été évaluées dans la Liste rouge de l’UICN. Bien qu’aucune tendance géographique claire n’ait été observée, la richesse en espèces est positivement liée à la superficie des territoires botaniques et à leur hétérogénéité géomorphologique.

En ce qui concerne la diversité génétique, elle n’est connue que pour un tiers des espèces inventoriées, principalement celles présentant un intérêt économique. Parmi les 169 espèces pour lesquelles ces données existent, 43 % sont utilisées au moins pour l’alimentation ou comme ressource en bois.

Ces résultats mettent en évidence les lacunes dans la connaissance des arbres méditerranéens et soulignent l’importance d’une collaboration renforcée, comme le recommande le Plan stratégique de recherche pour la forêt méditerranéenne 2030, pour assurer leur conservation. L’ensemble des données est librement accessible sur la plateforme Recherche Data Gouv, et peut être utilisé par les scientifiques, gestionnaires forestiers et décideurs politiques pour soutenir la conservation des ressources génétiques, la restauration écologique et la gestion durable des forêts.

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