Vers une gestion écologique des parcs et jardins de la ville de Lyon

Le Monde, samedi 1er octobre 2005, page 14.

Des moutons à la place des tondeuses, des chevaux pour remplacer les bennes à ordures motorisées, des coccinelles pour éviter les pesticides, la direction des espaces verts de la ville de Lyon vient d’être certifié ISO 14001, une norme internationale de bonne gestion environnementale. C’est une première en France. L’espace concerné est étendu : 385 hectares de squares, parcs et jardins qui emploient 375 personnes et mobilisent un budget annuel de 12,6 millions d’euros. En amont de cette démarche, une analyse des pratiques et des activités de cette direction avait montré que leur impact sur l’environnement n’était pas négligeable. Les espaces verts étaient de gros consommateurs d’engrais, d’eau (1 million de mètres cubes par an) et de gros producteurs de déchets. Les jardiniers produisaient par exemple près de 3 000 tonnes de déchets annuels issus de l’élagage, de la taille, de la tonte des gazons ou encore des feuilles mortes stockés puis évacués, vers une station de compostage extérieure. Ces résidus sont désormais traités sur place et réutilisés pour enrichir les sols. De nouvelles méthodes ont été élaborées avec deux objectifs : diminuer les nuisances, mieux gérer les ressources.

« ZÉRO PHYTO »

Le premier effort porte sur la réduction de la pollution liée aux engins mécanisés. Leur utilisation a été réduite quand cela était possible. Pour le ramassage des 357 poubelles du parc de la Tête-d’Or, le plus fréquenté de Lyon, la direction des espaces verts a décidé de réintroduire le cheval de trait. « Notre benne à ordures était enfin de course. Il nous fallait réinvestir 60 000 euros dans l’achat d’un nouveau matériel. Nous avons opté pour l’acquisition de deux chevaux qui feront désormais ce travail. Nous
réutilisons une méthode, plus valorisante pour le personnel, qui SC pratiquait à Lyon avant 1960 ». explique Sylvie Sagne, la directrice des espaces verts.

Dans le même esprit, pour tondre les pelouses du cimetière de la Loyasse, perché sur les pentes de la colline de Fourvière, 17 moutons semi-sauvages ont été amenés d’Écosse. Depuis deux ans, le troupeau broute tranquillement ce terrain clos de 2 hectares. Par ailleurs, toutes les huiles et autres graisses ont été remplacées par des biolubrifiants d’origine végétale ou minérale et les services testent, à titre expérimental, des biocarburants et des véhicules propres.

Autre source de pollution, les produits phytosanitaires, destinés à lutter contre certaines infections ou éliminer certaines plantes indésirables, mais qui présentent un risque important pour l’environnement, notamment pour l’eau. La ville s’est fixé un objectif « zéro phyto » à l’échéance de 2007. Outre le désherbage manuel, les jardiniers ont pour consigne d’utiliser des techniques alternatives biologiques : paillage des, sols, désherbage thermique par la vapeur d’eau, introduction d’espèces prédatrices, comme les coccinelles, les syrphes et les chrysopes. Concernant la gestion de l’eau, Lyon s’est doté d’un logiciel de régulation automatique, afin d’optimiser la consommation en fonction du besoin des plantes et d’éviter l’arrosage systématique. Les plantations d’espèces résistantes sont privilégiées et les pelouses sont tondues moins ras, ce qui les laisse plus vertes et les rend plus fortes face au dessèchement.

La ville essaie ainsi d’insuffler une nouvelle culture à ses services, mais aussi aux Lyonnais. Cet hiver, ces derniers ne devront pas s’étonner de marcher sur des tapis de feuilles mortes ni de voir les prairies pousser. Il s’agira, simplement d’enrichir les sols.

Sophie Landrin
Correspondante du journal Le Monde

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