La place des champignons dans les écosystèmes

Dans le cadre du cycle de conférences sur le thème « champignons »,
le muséum Cuvier du musée du château de la Ville de Montbéliard
propose la troisième intervention, ce vendredi 28 octobre à 20h15
(salle voûtée du château près de l’entrée du musée – entrée libre) : « La place des champignons dans les écosystèmes » par Régis Courtecuisse, professeur des Universités à la faculté des
sciences pharmaceutiques et biologiques de l’Université de Lille II.

Régis Courtecuisse peut être considéré comme un des très rares
spécialistes universitaires et professionnels sur les champignons.
C’est donc un évènement que de pouvoir l’accueillir au Château de
Montbéliard.

Présentation de la conférence

La première idée qui vient à l’esprit en voyant un champignon est
souvent d’ordre alimentaire. Cette vision des champignons est
réductrice, et il semble utile de restituer à ces organismes leur
importance fondamentale, en particulier dans le domaine du
fonctionnement des milieux naturels. Il est également justifié de
souligner certains problèmes liés à leurs problèmes de survie dans
les milieux naturels.

Les champignons ne sont ni végétaux ni animaux… Ils forment un règne
à part entière (règne fongique). Souvent considérés comme des «
légumes sauvages », ils sont des acteurs essentiels des écosystèmes.
En raison d’un contrainte biologique qui leur impose de puiser des
matières organiques pré-formées dans leur environnement, ils se
comportent de trois manières distinctes (c’est au titre de ces
différents modes nutritionnels que les champignons jouent un rôle
crucial dans le fonctionnement des écosystèmes) :
en saprotrophe (décomposeur) ils participent au recyclage des
matières mortes, rendant aux micro-organismes l’accès aux différents
nutriments élémentaires ; en parasite (ils s’attaquent à la matière vivante, en portant
préjudice au « propriétaire », qui peut être une plante, un animal ou
un autre champignon) ils participent à la régulation des
populations, en éliminant les individus affaiblis ou malades
en symbionte (les espèces symbiotiques pratiquent une association à
bénéfices réciproques avec un organisme autotrophe) : les espèces
mycorhiziques, apportent une aide indispensable à la vie des végétaux.
Malgré cette importance fonctionnelle, certains champignons
disparaissent, victimes de différentes perturbations environnementales.
Il est devenu urgent de prendre en compte les champignons dans les
mesures conservatoires. Il faut constituer des inventaires
exhaustifs, dresser des cartes de répartition, rédiger des listes
rouges ; les mycologues doivent également préparer des outils
permettant d’utiliser les champignons comme indicateurs de la qualité
des milieux.

Présentation du conférencier

Régis Courtecuisse est né le 30 avril 1956 à Douai (Nord) ; il est
Docteur en Pharmacie de l’Université de Paris XI (Orsay).
Aujourd’hui, il est professeur de Botanique et de Mycologie à la
faculté de pharmacie de Lille II.

Au niveau national, il est actuellement le président de la Société
Mycologique du Nord de la France (S.M.N.F.) et vice-président de la
Société Mycologique de France (S.M.F.).

Au niveau international, Régis Courtecuisse est président du Groupe
Spécialisé « Fungi » de la S.S.C. (Species Survival Commission),
appartenant à l’U.I.C.N. (Union Mondiale pour la Nature) et il est
aussi délégué pour la France à l’E.C.C.F. (European Council for the
Conservation of Fungi), dont il fut le président de 1999 à 2002.

Il est, d’autre part, le coordinateur du Programme National
d’Inventaire et de Cartographie des Mycota français, dont il fut
l’initiateur du projet en 1991 ; il gère de même l’herbier de la
Faculté des Sciences Pharmaceutiques de Lille, référencé à l’Index
Herbariorum (environ 50.000 échantillons).

Travaux de recherche Régis Courtecuisse

– Taxinomie et écologie des champignons supérieurs (surtout espèces
lamellées) en Europe (France, en particulier) et en milieu tropical
(DOM-TOM, surtout Antilles – Guyane).
– Espèces menacées, impacts sur l’environnement.
– Bio-indication fongique ; outils fongiques d’évaluation de la
qualité des milieux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *