Changement Climatique : Le CIRAD, l’IRD, le Cemagref, l’IAMM et l’Engref de Montpellier calculent leurs émissions de gaz à effet de serre. Une première en France.

Le 26 avril 2006. Communiqué de presse AlternConsult

Le XXIe siècle sera marqué par deux enjeux majeurs, globaux, et étroitement liés : le changement climatique (du aux émissions des gaz à effet de serre) et la raréfaction des énergies fossiles. L’ampleur et la puissance de l’ensemble des impacts qui en découleront, dépendront largement de nos choix quant à l’évolution de nos modes de consommation.

Dès lors deux options se présentent à nous :
– poursuivre sur notre lancée et attendre que des mécanismes de régulation climatique et/ou énergético-économique se mettent en place, sans doute, très brutalement;
– prendre dès à présent des décisions qui nous permettront d’infléchir notre trajectoire, afin d’atténuer l’ampleur des impacts possibles, pour nous et les générations qui nous suivent.

Pour pouvoir prendre ces décisions et nous éviter un avenir trop chaotique, il importe de connaître l’importance des émissions de gaz à effet de serre engendrées par nos activités et d’identifier les priorités d’action. C’est ce que permet la méthode Bilan Carbone® de l’ADEME, opérationnelle pour les entreprises et les administrations depuis 2 ans 1/2.

Début 2005, l’association Agropolis International décidait de réaliser le Bilan Carbone® de ses activités, avec l’aide de François KORNMANN, d’AlternConsult, premier expert de la région Languedoc Roussillon formé à cette méthode, également spécialiste des enjeux du changement climatique et de leurs impacts économiques et environnementaux potentiels à l’échelle d’une entreprise, d’une collectivité ou d’un territoire.

Suite à cette première expérience, l’association Agropolis incita les grands instituts de recherche en agronomie de la région, à faire de même, et confronter les résultats produits par cet « autodiagnostic » et leurs engagements stratégiques en faveur d’un développement plus durable.

Ainsi entre Octobre 2005 et mars 2006, avec la participation financière du Conseil Régional Languedoc-Roussillon et de l’ADEME, le Cirad, le Cemagref, l’Engref, l’IRD et l’IAMM, représentant plus de 2100 personnes sur les sites de Lavalette et Baillarguet, s’engagèrent dans la réalisation de leurs Bilans Carbone®, de nouveau assistés par AlternConsult. Il s’agit là d’une première au niveau national, pour des activités de recherche.

Au total, les activités de ces cinq instituts engendrent des émissions d’environ 5000 tonnes d’équivalent carbone (soit 18 300 tonnes d’équivalent CO2) par an, ou près de 2 tonnes d’équivalent carbone par employé (à titre indicatif chaque français contribue en moyenne à émettre 2,2 tonnes d’équivalent carbone par an pour l’ensemble de ses activités professionnelles et personnelles.

Le poste « transport de personnes » (déplacements domicile-travail et déplacements professionnels tous modes confondus), représente la moitié de ces 5000 tonnes. Viennent ensuite, pour environ un quart du total, les émissions liées à l’utilisation de l’énergie pour les bâtiments et les serres tropicales.

Ces premiers résultats permettent de souligner trois points importants :

– Des activités non industrielles, telles que la recherche et l’enseignement, peuvent engendrer des émissions importantes de gaz à effet de serre.

– L’importance du poste transports de personnes (principalement avion et voiture), illustre que le cœur d’activité de ces organismes est très dépendant du pétrole. Il importera d’intégrer ce paramètre dans les plans de développement à moyen terme afin de s’assurer que les tensions probables liées à la raréfaction prévisible des hydrocarbures dans leur forme bon marché, n’impactent pas de manière significative la quantité et la qualité des travaux effectués par les équipes de recherche.

– Les déplacements domicile-travail, essentiellement effectués en voiture, représentent près de 15% des émissions totales. Une réflexion d’ensemble à l’échelle d’un site de cette importance, visant une réduction significative de l’usage de la voiture comme mode de déplacement, ressort comme une priorité et devrait être élaborée en association avec les collectivités locales (ville, agglomération, département, région).

A partir de ces résultats, diverses pistes d’actions ont pu être suggérées par AlternConsult, au niveau opérationnel, on retiendra :
– un basculement progressif de l’avion vers le train, de tout ou partie des déplacements nationaux (notamment entre Montpellier et Paris),
– l’élaboration d’un Plan de Déplacement des Employés (PDE) à l’échelle du Campus dans son ensemble,
– l’augmentation de la part de produits alimentaires utilisés par les restaurants collectifs du site, en provenance de circuits d’approvisionnements courts et de qualité « biologique »,
– ou encore l’intégration d’une part significative d’énergies renouvelables pour le chauffage des serres tropicales.
Au niveau stratégique, revisiter les plans de développement d’activité à moyen terme en intégrant l’impact possible des paramètres prix du baril de pétrole et/ou taxe carbone, à la fois sur l’organisation des activités, et sur les budgets. A ce niveau également, l’outil Bilan Carbone® permet d’apporter une aide à la décision, par un travail sur des projets et des scénarios.

Il appartient désormais à l’ensemble des organismes, de finaliser les plans d’actions les mieux adaptés à leurs contraintes respectives, et d’entraîner, par leur exemplarité, d’autres organismes de recherches régionaux et nationaux, ainsi que l’ensemble des acteurs économiques et politiques du territoire régional.

5 commentaires

  1. l’homme c’est toujours adapté, aux changements climatiques, qui ont déjà été nombreux depuis 2 millions d’années
    et il faut laisser faire…Personne ne changera SES habitudes !!!

    Car l’exemple n’est jamais donné par les politiques, alors pourquoi voulez vous que se soit Nous qui réalisions le premier pas !!!

    Patrick Delavaud Maître de Conférences

    1. Réponse à Patrick Delavaux,

      Votre commentaire me laisse penser que vous n’avez visiblement pas étudié le sujet ! Le climat a effectivement évolué naturellement au cours des âges sous l’influence de plusieurs facteurs que sont notamment, le soleil (cycles de Milankovic), l’océan, les terres immergées, le volcanismes, la flore, les glaces polaires. Mais comme l’ont clairement montré les analyses isotopiques des glaces polaires, les variations passées du climat se sont produites sur des périodes allant de 10.000 à 20.000 ans. Nous sommes en train de préparer une variation d’amplitude équivalente en 100 à 200 ans. L’homme pourra peut être s’adapter, mais certainement pas tous, et probablement pas une partie de son environnement direct, qui lui assure notamment sa nourriture.

      Pour ce qui est de nos élus, n’oubliez pas qu’en démocratie les élus ne prennent que des décisions que les électeurs sont prêts à accepter. D’autre part, étant donné qu’ils en savent à peu près autant que vous sur le sujet, pourquoi devraient-il agir autrement ?

      Dernier point, s’intéresser aux émissions de GES c’est également éclairer la question de notre dépendance aux énergies fossiles !

      Il n’y a qu’à souhaiter que les désordres potentiels dus aux changements climatiques et avant eux aux tensions sur l’énergie ne déstabilisent pas les démocraties de nos pays !

      Cordialement

      François Kornmann

    2. Bonjour,
      Je suis un peu atterré par ce genre de commentaires. Comme si nous devions nous sacrifier…

      Manger bio, local (et nouer des liens avec les commerçants locaux), un peu moins de viande, se déplacer à pied ou en vélo, utiliser des énergies recyclables, économiser l’énergie (en éteignant les veilles par exemple).

      Tout cela est RENTABLE économiquement et bon pour la santé (et agréable à vivre). On n’a rien à perdre à avoir une vie moins empoisonnante pour notre planète…

      Pas de sacrifice, mais que du bonheur, croyez moi !
      Bien cordialement,
      Pierre Meyssignac

    3. Bonjour à tous,

      je pense que malheuresement les perspevtives d’avenir pour notre planete ne sont pas tres joyeuses !!
      En effet je suis d’accord pour faire le meme constat que l’auteur du 1) message.
      je crois que l’Homme ne sera pas capable de changer son mode de vie à temps, meme si on peut de façon individuelle oeuvrer pour eviter d’en rajouter !!
      ça donne au moins bonne conscience !!
      Salutations
      Flavien

    4. Tous les messages ci-dessus contiennent une part de vérité, scientifique ou humaine. Il est vrai qu’il sera difficile de faire « changer les habitudes de l’homo dit sapiens » mais on arrive bien, doucement certes, à trier nos poubelles.

      J’ai envie de poser les questions suivantes à nos scientifiques :

      Où en sommes-nous dans le développement de la pile à hydrogène ?

      Le nucléaire, tout dangereux qu’il soit a t’il fait autant de morts que le charbon ?

      Il est vrai que les accidents quand ils se produisent peuvent faire énormément de victimes mais la science doit continuer à sécuriser ce type de « process » car je ne vois pas, hors de ces 2 sources d’énergie, ce qui pourra nous suffire.
      Les énergies renouvelables,(bio-énergies) il faut y travailler mais elles seront toujours insuffisantes et en concurrence avec les besoins alimentaires.

      Les éoliennes, c’est bien mais largement insuffisant, enfin c’est « dans l’air du temps »…

      Salutations

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