Réunion : le Parc national des Hauts entre dans la phase finale de sa création

Le Journal de l’Ile, La Réunion, le 15 07 06

Le Parc national des Hauts est désormais entré dans sa phase finale de création : enquête publique fin août avant la publication du décret de création début 2007 (…).

Un cœur et une aire d’adhésion
Auparavant, les Parcs étaient constitués d’une zone centrale vouée à la protection et éventuellement d’une zone “périphérique”. Avec la nouvelle législation, ils se composent d’un cœur, correspondant à l’espace naturel protégé et d’une aire d’adhésion sans nouvelle réglementation et non délimitée dès le départ. Ce sont les communes qui auront la possibilité de choisir ou non d’y inclure une partie de leur territoire, “dans le cadre d’un projet commun” et d’une charte révisée tous les dix ans. “L’aire d’adhésion devra contribuer à la préservation du cœur, tout en bénéficiant des retombées économiques et sociales liées à sa proximité”, précise la Mission Parc. La première charte sera signée dans un délai maximal de cinq ans.

Le huitième en France
Le futur Parc national de La Réunion sera le huitième Parc national à voir le jour en France. Le plus ancien est celui de la Vanoise, créé en 1963 et le plus récent celui de la Guadeloupe (1989). Trois autres projets ont également été validés par l’État : celui de la Mer d’Iroise (Finistère), de la Guyane et les Calanques provençales. Au côté des Parcs nationaux existent également 44 Parcs naturels régionaux dont un en Martinique (62 725 hectares), créé en 1976, et un en Guyane, créé en 2001 (224 700 hectares).

Le calendrier
Le 30 juin, le gouvernement donnait son feu vert au projet du Parc, auparavant validé par la centaine de membres du Comité de pilotage, en avril dernier. De la fin août à fin septembre débutera l’enquête publique durant laquelle la population et les 24 communes seront appelées à donner leur avis. Ses conclusions partiront ensuite pour Paris, avant la signature du décret de création début 2007. Le Parc prendra alors progressivement ses marques avec notamment l’élection de son Conseil d’administration, l’élection de son président ou encore les délibérations des mairies sur l’adhésion ou non à la charte.

Des incitations fiscales pour les propriétaires
De nouvelles dispositions fiscales adoptées par le Parlement permettront aux propriétaires qui s’engagent dans une gestion écologique (lutte contre les invasions biologiques, entretien du milieu, démarche pédagogique…) d’être exonérés de la taxe sur le foncier non bâti et d’être exemptés des droits de succession. Des “engagements” qui seront conventionnés avec le Conseil d’administration.

Comment s’informer davantage ?
En allant sur Internet (www.parc-national-reunion.prd.fr) ou en se procurant la lettre d’information du Parc, “Fanjan”, dont le prochain numéro, en août, fera le point complet sur le projet avant l’enquête publique (230 000 exemplaires seront distribués en boîte aux lettres). Par courrier, la mission Parc a également informé les communes qu’elle se tenait à leur disposition pour l’organisation de réunions avec le public.

Philippe Madubost

Carte d’identité
C’est un beau “bébé”, grand comme près de la moitié de la Réunion, qui verra bientôt le jour. Un bébé de 105 000 hectares, dont près de 99 % sont déjà classés en zone naturelle des PLU et en zone de protection forte par le SAR, où les propriétaires “gardent leurs droits et devoirs”. Objectif : “Concilier politiques de protection de la nature et politiques de développement”. Ses missions : le développement des connaissances, de l’accueil, de l’information, de l’éducation et de l’interprétation, la surveillance, la régulation des usages ou encore la préservation de l’aménagement. Pour ses concepteurs, le Parc est une nécessité, alors que La Réunion possède un patrimoine végétal unique : une flore composée de plus de 900 espèces indigènes, sans compter les mousses et les lichens. Parmi elles, près de 43 % sont endémiques des Mascareignes, dont 26 % strictement endémiques de La Réunion. A leur côté : plus de 1 000 espèces exotiques naturalisées. Ses créateurs ambitionnent des retombées économiques et sociales pour les acteurs économiques de l’île. Le Parc englobera les îlets habités de Mafate et des Trois-Salazes (le cœur habité) et quelques exploitations enclavées “qui poursuivront leur activité” (tamarinaie de Bélouve, parcelles cultivées de l’ENS de Sans-Souci, pâturages du piton de l’Eau…), les futurs “cœurs cultivés”.

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