Biodiversité et consommation, un nouvel équilibre à trouver

Rapport « Planète vivante 2006 » du WWF. Paris, le 24 octobre.

Les écosystèmes naturels de la planète se
dégradent à un rythme encore jamais atteint dans l’histoire de
l’humanité. En trente ans, les animaux vertébrés ont vu chuter leur
population de près d’un tiers. La faute à qui ? A une partie de
l’humanité qui vit au dessus de ses moyens par rapport aux ressources
naturelles disponibles de la planète. Les Français ne font pas
exception, loin s’en faut : si tous les habitants du monde vivaient
comme nous, il faudrait la capacité biologique de trois planètes pour
satisfaire la demande.

Le dernier rapport « Planète vivante » du WWF publié aujourd’hui
montre que la planète est en perte régulière de biodiversité : – 31 %
d’espèces de vertébrés terrestres, – 28 % d’eau douce, – 27 %
d’espèces marines.

L’empreinte écologique – indicateur environnemental qui mesure
l’impact des activités humaines sur l’environnement – dépasse
d’environ 25% la capacité biologique de la terre contre 21% dans le
précédent rapport daté de 2004. L’humanité consomme donc trop et
hypothèque les ressources naturelles des générations futures. Au
rythme actuel, il faudrait l’équivalent biologique de deux planètes
en 2050 pour satisfaire à la demande mondiale si nous ne changeons
pas nos modes de consommation et de développement.

Les Etats-Unis et l’Europe consomment à l’excès des ressources
naturelles qu’ils n’ont pas. En effet, un habitant de la planète
devrait utiliser au maximum 1,8 hectare « global » (évaluation
moyenne par habitant de la superficie disponible biologiquement
productive) compte tenu des capacités de régénération des ressources
naturelles. Or, un Américain utilise 9,6 ha ; un Français 5,6 ha.
Nous sommes donc débiteurs par rapport à tous ceux qui exploitent
moins de 1,8 ha comme c’est le cas d’un Indien, d’un Vietnamien, d’un
Péruvien ou d’un Soudanais. Selon Bernard Cressens, Directeur des
Programmes WWF-France, « l’empreinte écologique de la France compte
parmi les douze plus mauvaises sur les 147 pays référencés. C’est
notre consommation énergétique (énergie fossile et nucléaire) qui
pèse le plus lourdement dans notre empreinte ( + de 50%). »

Pour le WWF, il est encore temps de faire des choix cruciaux. Le
rapport Planète Vivante 2006 propose un scénario de sortie de crise
d’ici 2050 permettant à la fois un développement durable et une
restauration progressive de la biocapacité.

« Nous vivons au dessus de nos moyens et ce sont les choix que chacun
de nous fera aujourd’hui qui détermineront les possibilités des
générations qui nous suivront » James P.Leap, Directeur général WWF-
International.

Rapport complet en français disponible sur le site du WWF

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