Soja OGM et capitalisme agraire en Argentine : un cocktail explosif…

Depuis 1996, le soja transgénique est en train d’envahir l’Argentine, et de là, arrive en Europe et en Chine (huiles pour la consommation humaine et aliments pour le bétail).

L’argentine est le 1er exportateur au monde de produits issus du soja. 37 millions de tonnes, 10 milliards de dollars, 30% des exportations nationales. 14 millions d’hectares, soit la moitié des terres cultivables argentines sont accaparées pour le soja. Et la déforestation explose.

Le soja transgénique, c’est Monsanto. Un soja résistant au glyphosate (le round up). Les graines sont vendues avec le désherbant qui tue tout le reste, sauf ce soja, et qui épandu par avion. Avec ça, promis, des rendements énormes (et au début, ce fut exact).

Sauf que …

Apparaissent des mauvaises herbes tolérantes au glyphosate et il a fallu augmenter les doses de poison (3,5 litres à l’ha au lieu de 2 – 150 millions de litres de glyphosate épandus maintenant au lieu de 1 million de litres avant). Un cercle vicieux. Les cultures vivrières à proximité sont détruites et abandonnées. Les animaux et les hommes sont malades. Un cauchemar sanitaire.

Le soja « round up ready » détruit la terre, pollue l’environnement, developpe les maladies…
Un puissant mouvement populaire paysan s’organise.

Une vidéo qui en dit long sur le sujet :
Voir la vidéo

Pour mémoire une autre vidéo sur les OGM a été proposée le 3 février dans l’article 1421

Génération futures

4 commentaires

  1. L’histoire de l’agriculture regorge de cas d’école comme celui-ci. L’expérience des uns profite rarement aux autres. En particulier, quand il y a peu de contraintes du côté de la terre, on commence par une agriculture « minière », jusqu’à ce qu’on aboutisse à des impasses ou des catastrophes. Il faudrait que l’Etat argentin soit fort et organisé pour élaborer une politique agricole digne de ce nom et surtout la faire respecter…

    Tout bon agronome, tout bon phytopathologiste sait qu’une « résistance verticale » est inéluctablement contournée. Rien que de très banal.

    Mais cela n’a rien de spécifique des OGM. Cela se produit depuis longtemps. Si c’est pour conclure que les OGM ne sont pas la panacée, on pouvait s’en douter. Et alors ?

    1. Et alors ca remet en cause le seul argument des entreprises de biotechnologie, à savoir que les OGM consomment moins de pesticides donc sont plus économiques et plus écologiques que les plantes non-GM.

      Ces chiffres de terrain prouvent le contraire : non seulement les OGM consomment plus de pesticides mais il faut nécessairement acheter l’herbicide contre lequel la plante est protégée (Round’Up produit par Monsanto dans le cas du soja Round’Up Ready également produit par Monsanto). En plus les semences sont plus chères.

      Quel est l’intérêt d’une nouvelle technologie agricole plus polluante et moins rentable que les techniques existantes ?

      Les OGM de première génération (synthétisant un insecticide ou résistant à un herbicide) sont une arnaque technologique qui ne profite qu’aux entreprises Biotech, et surement pas à l’environnement ni aux agriculteurs.

    2. Dire que « les OGM » font ceci ou cela n’a aucun sens. Il s’agit ici des OGM résistants au glyphosate.

      Par ailleurs, ce qui se passe en Argentine ne met pas en cause la technologie elle-même, mais la façon dont elle est appliquée par des agriculteurs bien précis. A chacun sa responsabilité.

      Je note que votre dernière phrase mentionne « les OGM de première génération », ce qui montre que vous savez qu’il en arrive d’autres qui auront d’autres caractéristiques… Suite au prochain épisode.

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