Biodiversité, des constats alarmants !

Les menaces d’effondrement de la biodiversité s’accumulent

LE MONDE | 29.03.07 | 15h01  •  Mis à jour le 29.03.07 | 15h01

Deux sénateurs de bords opposés, Pierre Laffite (UMP, Alpes-Maritimes) et Claude Saunier (PS, Côtes-d’Armor), ont lancé un cri d’alarme, mercredi 28 mars, au cours d’une journée d’audition publique au Sénat. « La prise de conscience des autorités et de la société a eu lieu sur les risques liés au changement climatique, mais pas sur les conséquences de l’effondrement de la biodiversité, estime M. Saunier. Le choc à prévoir est pourtant au moins aussi important. »

« La biodiversité des écosystèmes, support du développement de l’humanité, est en voie de dégradation accentuée », mettent en garde les deux élus, dans un rapport d’étape. « La vie dispose d’une extraordinaire capacité d’adaptation, pourvu qu’elle en ait le temps », a rappelé M. Saunier.

Or la disparition des espèces a aujourd’hui lieu à un rythme dix à cent fois supérieur à la normale, et, d’ici à 2050, il pourrait devenir de cent à mille fois supérieur. « Quand on évoque le sort des papillons, des oiseaux ou des microbes, les citoyens ne s’y retrouvent pas, a dit Robert Barbault, directeur du département d’écologie au Muséum national d’histoire naturelle. Mieux vaut parler de la biodiversité comme du tissu vivant de la planète. Ce sont des milliards d’espèces, dont les hommes, qui ont une multitude d’interactions entre elles. Quand une maille saute, une deuxième lâche, et une troisième, et le tissu se désorganise. »

« L’espèce humaine ne vit pas hors sol, a rappelé Dominique Dron, professeur à l’école des Mines. Si les écosystèmes ne sont pas assez robustes pour encaisser le choc climatique, nous ne le serons pas non plus. » Les causes de l’effondrement sont connues : surexploitation des ressources halieutiques, pollution des eaux douces, déforestation pour l’exploitation commerciale du bois ou agricole, méthodes de culture intensives, urbanisation… Sans oublier la « pollution biologique » causée par le transport d’espèces exotiques dans de nouvelles zones, et l’impact du changement climatique.

« RESPONSABILITÉ PARTICULIÈRE »

Cette situation impose des initiatives « d’une autre ampleur que celles menées actuellement », selon les élus. La France a, sur ce point, « une responsabilité particulière », du fait de sa place dans les organisations internationales et de sa présence dans les zones tropicales, très menacées.

La création de réserves naturelles, si elle est indispensable, n’est pas une réponse suffisante, selon les scientifiques : isolées, ces zones sont condamnées. Pour eux, toutes les activités humaines devraient prendre en compte la nécessité de protéger le vivant.

C’est l’esprit de la « stratégie nationale de la biodiversité », dont l’objectif est de stopper la perte de biodiversité d’ici à 2010, grâce à des plans d’action élaborés dans chaque ministère. Mais le comité français de l’Union mondiale pour la nature (UICN) a récemment déploré le manque de mesures significatives, en particulier en matière d’urbanisme, de transports ou d’agriculture.

Gaëlle Dupont. Article paru dans l’édition du 30.03.07

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Biodiversité: bilan « globalement insuffisant » de la France (UICN)

AFP 20.03.07 | 11h03

Le bilan de l’action de la France pour protéger la diversité de la vie animale et végétale demeure « globalement insuffisant », estime mardi le comité français de l’Union mondiale pour la nature (UICN). « La France prend du retard, et seuls une très forte impulsion politique et des moyens largement accrus nous rapprocheront de l’objectif de stopper l’extinction de la biodiversité d’ici 2010 », indique l’UICN dans un communiqué. Depuis novembre 2005, dix plans d’action ont été adoptés dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité mobilisant cinq ministères, mais « peu d’actions ont pu être concrétisées », souligne l’UICN. Des « avancées intéressantes » ont été constatées pour les projets concernant les ministères de l’Ecologie et des Affaires étrangères mais « les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous pour les autres ministères », estime-t-elle. Ainsi, il n’y a eu « aucune avancée » pour intégrer la biodiversité dans la gestion des territoires et « quasiment aucune avancée » pour prendre en compte les enjeux de la biodiversité dans les politiques liées à l’équipement. L’UICN note « quelques progrès » au niveau des plans « agriculture » et « mer » mais « pas d’avancées importantes sur les principaux défis : diminution de la consommation des pesticides, développement de l’agriculture biologique, OGM, gestion durable des pêches ». Elle regrette une « appropriation insuffisante de la stratégie et des plans d’action par les associations de protection de l’environnement et de la société civile au sens large, dont les collectivités locales et les entreprises ». Enfin, l’UICN pointe l’absence de mise en oeuvre des trois derniers plans d’action (« forêts », « recherche » et « outremer ») adoptés en septembre 2006. Quelques avancées significatives ont cependant été effectuées, estime l’UICN, citant notamment la création des deux parcs nationaux de la Guyane et de la Réunion et des parcs naturels marins et la désignation des sites du Réseau Natura 2000 (1703 sites couvrant 12% du territoire terrestre métropolitain). Parmi les points positifs, l’UICN signale également la mise en place d’un financement pérenne du Conservatoire du Littoral (30 millions d’euros).
 
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Ecologie. Le bilan de la ministre est contrasté selon les associations.
Nelly Olin fait les comptes de la biodiversité

Par Eliane PATRIARCA

LIBERATION : mercredi 21 mars 2007

«Je partirai avec regret mais en ayant été un ministre heureux. Heureux de tout ce que nous avons pu faire.» Nelly Olin a commencé ses adieux hier lors de sa «dernière conférence de presse», dédiée à la biodiversité. «Le bilan de la stratégie nationale pour la biodiversité  est si bon qu’il parle de lui-même», a-t-elle estimé  modestement. La ministre de l’Ecologie s’est notamment réjouie de la fin du contentieux avec Bruxelles sur le réseau Natura 2000. Avec 1 703 sites désignés, soit 12 % du territoire métropolitain, la France a comblé son retard. Nelly Olin s’est aussi félicitée de «la création et de l’agrandissement de plusieurs réserves naturelles, dont celle des terres australes françaises, de la création des parcs nationaux de la Guyane et de la Réunion». Deux parcs dont les décrets de création ont été publiés dans la dernière ligne droite avant la présidentielle, les 28 février et 5 mars. «Les espaces protégés ont été multipliés par plus de 4 au plan national, par 7,65 outre-mer et par 100 pour les espaces maritimes», a-t-elle précisé. Pourtant, que signifie encore la notion de parc national depuis la loi 2006 qui a rendu possible un parc tel que celui de la Guyane dans lequel l’orpaillage  activité ravageuse de l’environnement  bat son plein et où la protection des populations amérindiennes n’est pas assurée ?
Dans un communiqué publié hier, le comité français de l’Union mondiale pour la nature (UICN) estime que le bilan de la stratégie nationale pour la biodiversité est «globalement insuffisant». Tout en saluant les «avancées significatives» sur les espaces protégés et le réseau Natura 2000, l’UICN note que, si depuis 2005, dix plans d’action ont été adoptés, «peu d’actions ont été concrétisées», et qu’il n’y a pas eu «d’avancées importantes sur les principaux défis : diminution de la consommation des pesticides, développement de l’agriculture biologique, OGM, gestion durable des pêches…». 
Ce matin, 23 associations nationales de protection de la nature lancent une campagne sur la biodiversité. Cibles : les ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture et les conseils régionaux. Objectif : que la France tienne son engagement d’enrayer l’érosion de la biodiversité d’ici à 2010.

http://www.liberation.fr/actualite/terre/242339.FR.php © Libération
 

 

1 commentaire

  1. Au lieu de se féliciter de ce qui a été fait(c’est très bien quand même!), mieux vaudrait afficher ce qui reste à accomplir…et sans précaution oratoire.Mme OLIN est invitée à oeuvrer, quel que soit le résultat des élections, dans la société civile le cas échéant. On n’est jamais de trop pour préparer l’avenir.

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