Une menace semble planer sur l’Arboretum des Barres

Mobilisation pour le maintien des missions scientifiques, pédagogiques et touristiques de l’arboretum national des Barres

Le Week end des 13 et 14 octobre dernier, l’Association chargée de la valorisation pédagogique et touristique de l’Arboretum national des Barres, (l’ADIAF) a lancé un cri d’alerte :

« NON A LA FERMETURE DE L’ARBORETUM AU PUBLIC »

Les raisons qui nous ont poussé à lancer cette alerte :
Depuis plus de 2 ans, les crédits alloués par l’état au gestionnaire actuel (ENGREF) pour l’entretien du site, la gestion des collections botaniques, la multiplication, le suivi scientifique …. ne cessent d’être diminués. Ce gestionnaire se retire de ses fonctions dans les mois à venir. Que devient le personnel fonctionnaire qui représente des compétences contribuant au rayonnement de ce site ? Notamment le pépinièriste qui maitrise la multiplication des espèces rares depuis plus de 16 ans ! La scientifique qui valorise l’Arboretum auprès de la communauté scientifique et anime en particulier le réseau français des Arboretum. Le botaniste qui gère et constitue l’un des rares spécialistes sur place à connaître parfaitement l’ensemble des végétaux de ces collections.
Les missions de valorisation de l’Arboretum sont confiées (via une délégation de service publique) à notre association ADIAF (Association de Découverte et d’Initiation à l’Arbre et à la Forêt) depuis plus de 20 ans.
Nous accueillons 20 000 visiteurs par an. L’ensemble des évènements et animations proposés aux visiteurs, sont orientés de manière à utiliser aussi ce site unique comme support de sensibilisation à l’environnement.

De mars à juillet 2007 : conduite d’une étude
Les conclusions de l’étude pilotée par le gestionnaire éventuel (l’ONF) et suivie par un ensemble de partenaires institutionnels, mentionnent « que le site n’est pas suffisamment rentable ».
Le chiffrage d’un nouveau scénario, celui de la fermeture au public a été demandé fin juin !
Depuis, aucune information officielle ne nous est parvenue. Le seul élément concret est le démentèlement de l’équipe gestionnaire qui est en route !!!
Combien de temps avant la mise en place effective d’un éventuel futur gestionnaire ? Comment gérer l’arrivée prochaine d’une nouvelle saison dans des conditions plus que périlleuses ! Comment valoriser un site qui n’est plus entretenu ? Un site qui est vidé de ses compétences scientifiques ? Cela n’a pas de sens !
L’alerte lancée a permis en quelques jours de faire bouger les choses puisque des paroles « rassurantes » de la part de l’état nous indiquent que celui-ci va demander des éléments d’études complémentaires …… C’est une petite victoire, mais rien n’est joué. Des réunions entre certains partenaires sont prochainement prévues.

CE QU’IL NOUS SEMBLE IMPORTANT AUJOURD’HUI :
L’étude menée n’a malheureusement pas pris en compte l’expérience des acteurs qui valorisent au quotidien ce site et ses missions. A l’heure où des études complémentaires viennent d’être demandées, il est primordial de ne pas disperser les efforts financiers, techniques et autres, mais de mettre tous les moyens à la disposition du site des Barres qui est le seul à vraiment connaître la très grande valeur de ce patrimoine européen et peut éclairer sur les forces et les faiblesses de ce site.
Actuellement, il serait pertinent qu’une expertise extérieure et objective évalue ses potentialités fortes et ce dans l’intérêt général.
Dans la gestion qui reste à construire, la réussite de ce projet repose sur une mutualisation en synergie des trois missions majeures qui font ensemble, toute la force de ce site…
Plus de détails sur le site de l’arboretum

3 commentaires

  1. Cela fait maintenant trente ans que j’entends parler des difficultés de l’Arboretum des Barres, qui connaît régulièrement des crises. Il n’est pas le seul d’ailleurs, puisque l’ensemble des jardins botaniques et beaucoup de musées sont dans ce cas (comme Agropolis-Museum à Montpellier).

    Sur le fond, je crains que cela ne traduise la vision étriquée que nous avons en France du patrimoine. Nous survalorisons le patrimoine architectural et artistique, et nous minorisons le patrimoine lié aux sciences et à la biologie en particulier.

    Dans le domaine des sciences, les institutions ont été et restent soumises à des impératifs d’excellence scientifique qui ne prennent en compte que l’une des missions de la recherche, à savoir la production de nouvelles connaissances. Tout ce qui relève de la valorisation des connaissances accumulées dans le passé est négligé, comme l’est la diffusion de la culture scientifique et technique, bien que ce soit l’une des missions affichées de la recherche.

    Que l’ENGREF souhaite se retirer m’apparaît donc logique, car la gestion d’arboretums, jardins botaniques ou musées est une patate chaude qu’on préfère refiler à de bonnes âmes pour allouer ses moyens à des activités plus prioritaires. Je signalerais cependant que dans le même temps, AgroParisTech (ensemble dont fait partie l’ENGREF) envisage de créer un « musée du vivant » pour valoriser les collections dont il a hérité…

    Je relève un argument lancinant : « ce n’est pas rentable ». Il faut savoir que, d’une manière générale, les Centres de culture scientifique et technique ne sont pas rentables. Mais il faut affirmer clairement que le critère de rentabilité ne s’applique que dans le domaine des échanges de biens et services où il existe un marché. Dans notre cas, on peut énumérer plusieurs fonctions d’intérêt général, qui ne relèvent pas du domaine marchand, et qui justifient à elles seules l’intérêt de ce genre de structure.

    Quant au réseau des arboretums français, les initiés savent qu’il existe, mais je me permettrais une critique. Il est confidentiel, et rien n’en transpire à l’extérieur. Je trouve dommage par exemple qu’ils n’aient pas tiré profit des outils offerts par Tela Botanica pour se faire connaître et mettre en ligne les corpus de données qu’ils ont sur leurs arbres. J’ai cherché aussi sur le site web des Barres et n’ai rien trouvé de concret sur ce réseau. Il faudrait que les responsables et amis de l’arboretum se rendent bien compte que dans notre société médiatique et informatique, ce n’est plus « publish or perish » mais Internet ou disparaître. Comment voulez-vous mobiliser les foules si on ne vous connaît que vaguement et par oui-dire…

    Mes remarques à chaud n’épuisent pas le sujet, mais si elles lancent le débat, tant mieux.

    1. vous dites nous survalorisons le patrimoine architectural et artistique…regardez donc l’évolution des crédits d’Etat pour les monuments historiques,c’est tout aussi dramatique,quant à  »l’artistique  »je crois que vous risquez d’avoir la meme remarque!

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