Des champignons saxons pour verdir la Chine

L’entreprise AMykor, installée dans le parc d’activités chimique de Bitterfeld-Wolfen en Saxe-Anhalt, a développé un procédé qui permet de maintenir en vie des champignons du sol pendant environ cinq ans sur un substrat inorganique et ainsi de les conserver sous formes de granulés.
Il s’agit de champignons capables de vivre en symbiose avec des végétaux supérieurs, ce qui améliore la croissance de ces derniers. AMykor vient de signer un contrat avec la Chine, où son innovation va être exportée sous le nom « Ami des racines », puisque qu’il n’existe pas de mot chinois
pour désigner cette symbiose.

Presque toutes les plantes dites supérieures forment au niveau de leurs racines des symbioses avec des champignons, appelées mycorhizes. Sans eux, elles ont des difficultés à pousser, même sur des sols de bonne qualité. Les microorganismes mettent à disposition des plantes des
composés nutritifs inorganiques et reçoivent en échange des sucres.

En Chine, une grande partie des sols est dégradée, lessivée, et souvent aussi très chargée en produits chimiques. En comparaison avec les autres pays, la Chine a, de plus, très peu de surface boisée, seulement 18%. En outre, environ 3.000 km2, soit environ la surface de la Sarre, sont rendus chaque année inutilisables pour cause d’érosion. Pour revégétaliser ces espaces de manière durable, il faut que les plantes soient « aidées », ce que les champignons peuvent faire.
La société AMykor a donc mis au point des granulés contenant plusieurs souches de champignons de la famille Glomus, essentiellement Glomus intraradices, qui est généraliste, c’est-à-dire qui s’associe à presque toutes les plantes. Ces granulés sont déposés dès la plantation autour des racines, avec de l’eau, ce qui garantit un bon départ aux plantes.

Le contrat actuel prévoit qu’AMycor plante entre 60.000 et 90.000 arbres sur environ 20 hectares dans les trois ans à venir. Il s’agira de 12 espèces, parmi lesquelles thuyas, pins chinois et tilleuls de Mandchourie. Des graminées seront aussi plantées, comme par exemple du Vetiver (Vetivaria zizanioides). Cette plante, qui forme des racines pouvant descendre à 3,5 mètres de profondeur, est particulièrement utile pour fixer les sols et prévenir ainsi l’érosion. Au Sri Lanka et en Inde, elle peut de plus atteindre 1,80 m de haut et être utilisée comme matière première renouvelable.
Cette plante offre également des débouchés en chimie, puisque ses racines et ses feuilles produisent des substances qui nuisent aux insectes. L’industrie cosmétique s’intéresse également au Vetiver, puisque ses racines produisent une huile essentielle utilisée pour fabriquer des savons et autres cosmétiques.
AMycor est parvenue à mettre au point une variété de Vetiver résistante au gel qui pourra donc être également cultivée dans les régions froides de Chine, et pas seulement en zone subtropicale.

L’entreprise de Bitterfeld, qui emploie 16 personnes et dont le chiffre d’affaires, en croissance, atteint un million d’euros, espère que la signature de ce contrat et la mission qui en découle ne sont qu’un premier pas sur le marché chinois.

Le projet « Racine » mobilise environ 400.000 euros et est, d’après AMykor, cofinancé par la Société pour la Coopération Technique (GTZ). Il va aboutir à la plantation d’un gigantesque talus vert censé protéger Pékin, ville olympique en 2008, des mauvais vents et des tempêtes de
sable du désert de Gobi.

Pour en savoir plus :
– Courrier électronique : amykor@amykor.de
– Site Internet :
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53039.htm

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