Et si le cèdre de l’Atlas disparaissait…

Le Matin.ma, 19 octobre 2008

Le cèdre est-il aujourd’hui menacé dans notre pays (le Maroc) ? La réponse est bien évidemment oui. Cela peut paraître a priori exagéré, mais la situation sur le terrain est préoccupante.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le centre de la recherche forestière a choisi de placer l’écosystème cédraie au centre des débats lors des troisièmes assises de la recherche forestière qui se sont déroulées jeudi dernier à Khénifra. «La liste de recommandations qui sera établie à la fin de cette rencontre ne doit pas rester lettre morte. Nous devons tous veiller à la mise en application de toutes les recommandations», c’est en ces termes que Abdeladim Lhafi, le Haut commissaire aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification, a entamé son allocution.

Les participants à cet évènement ont évoqué les principaux défis auxquels fait face la cédraie dans notre pays. En effet, le cèdre de l’Atlas est aujourd’hui menacé à cause d’une exploitation à outrance qui prend plus d’ampleur d’année en année.

Pis encore, seuls les responsables au sein du Haut commissariat aux Eaux et Forêts semblent faire face aux dangers qui guettent la cédraie.
Ainsi, les troisièmes assises de la recherche forestière ont été l’occasion pour dresser un état des lieux. Malheureusement, les constats sont alarmants. Par la multiplicité des fonctions qu’elle assure, la cédraie reste soumise à des pressions multiformes. Surpâturage, dépérissements, les délits forestiers, ce sont là autant de contraintes qui entravent aujourd’hui la pérennité de la cédraie.

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Article envoyé par Michel R. Tarrier
http://www.tarrier.org

3 commentaires

  1. Le surpastoralisme dans la cédraie, c’est le loup dans la bergerie.
    J’étais regardé de travers par les autorités marocaines, il y a 15 ans, quand je criais « au loup ! », pardon « au mouton » !
    Et Dieu sait si j’ai insisté, alors qu’il était encore temps.
    On trouve encore sur le toile certaines de mes alertes sur le sujet.
    Mais voici qu’on s’en préoccupe.
    Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté.
    En écologie, on ne peut dire « mieux vaut tard que jamais », car trop tard, ce qui est pris n’est plus à prendre et la déconstruction d’un écosystème est irréversible.
    Et s’il ne s’agissait que de la cédraie !!
    À force de ne rencontrer que déni ou indifférence, on se lasse et les bras vous en tombent.
    Surtout quand on est (presque) seul dans un combat charitable (et qui m’a coûté tant d’argent) qui ne vous procure qu’ingratitude et ennemis, tandis que tout le monde est au front du saccage pour se remplir les poches.

    1. J’ai parcouru au printemps l’an dernier une grande partie du moyen Atlas à la recherche d’espèces herbacées endémiques (Dactylorhiza, Ajuga, Saxifraga…). J’ai parcouru des stations photographiées 5 ans plus tôt qui regorgeaient d’orchidées terrestres… Plus rien, il n’en restait plus rien ! Des milliers de moutons étaient passés par là.
      Pire, des parties protègées et cernées de fils de fer barbelés sont régulièrement pâturées (fils arrachés ou soulevés) apparemment dans l’indifférence générale. C’est vrai que les pistes sont difficiles d’accès et loin de tout centre urbain notable, mais il n’existe (à ma connaissance) aucune maison forestière, ni aucune surveillance suivie.
      Peut-on accuser ces bergers pauvres parmi les pauvres d’être entièrement responsables de cette situation ?
      C’est dans la quasi indifférence générale que disparaitront ces merveilleux biotopes qui ont fait du Maroc le pays nord africain le plus riche en terme de bio-diversité.

    2. Monsieur Michel Tarrier, merci de poursuivre le travail des artisans de l’Ordonnance de 1669 qui a toujours valeur universelle aux ajustements de détail près. Nous avons été, depuis des décennies, quelques uns à dénoncer ce prétendu sylvo-pastoralisme qui conduira inéluctablement les forêts d’Afrique du Nord à la disparition.

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