Non, Kokopelli n’est pas interdit au Potager du Roi !

Depuis le 7 janvier 2009, nous avons reçu un certain nombre de courriers au Potager du Roi à Versailles suite à quelques phrases insérées dans un texte plus long intitulé « TGV : terrorisme à grande vitesse » par Dominique Guillet de l’association Kokopelli et diffusé sur plusieurs sites internet.

« … Nous avons appris aujourd’hui que le Ministère de l’Agriculture a interdit au Potager du Roi (Château de Versailles) de commander des semences chez Kokopelli (ce qu’ils faisaient depuis un grand nombre d’années). Est-ce une nouvelle version du néo-libéralisme? Le Ministère de l’Agriculture va-t-il envoyer une missive à toutes les municipalités petites et grandes, à tous les jardins municipaux et botaniques, à tous les parcs régionaux, pour leur interdire de commander des semences chez Kokopelli ? Les collectivités publiques auront-elles Monsanto comme fournisseur agréé et certifié conforme ? ».

Je ne connais pas la source d’information de M. Guillet. Il est vrai que depuis plusieurs années nous commandons de moins en moins de semences à l’association Kokopelli. Plus précisément, nous n’avons rien commandé depuis trois ans. Cette décision a été prise par le Potager du Roi, service de l’Ecole nationale supérieure du paysage à Versailles, établissement sous la tutelle du ministère de l’agriculture et de la pêche. Responsable du Potager du Roi depuis septembre 2007, après en avoir été responsable adjoint depuis 2004, je n’ai aucune connaissance d’une interdiction faite par le ministère concernant nos fournisseurs de semences. Le département d’écologie et le département de la formation continue de l’ENSP disposent de leur propre budget et de leurs propres cultures sur le site. Pas plus que le Potager du Roi, leurs responsables n’ont reçu une interdiction concernant l’association Kokopelli.

Le Potager du Roi ne conserve pas de variétés légumières et fruitières mais achète des semences ou des plants à des fournisseurs, les cultive sur ce magnifique site de 9 hectares et vend ses productions dans sa boutique. C’est une collection qui se voudrait exemplaire et belle. Par le travail de ses équipes, le Potager du Roi participe à une meilleure connaissance par le grand public des enjeux concernant les ressources génétiques des plantes cultivées, le passé et le futur des techniques agricoles et la relation entre production et consommation alimentaire. Une exposition programmée pour 2010 autour du genre Phaseolus (titre provisoire : Des fayots aux mange-tout, l’histoire du haricot sans perdre le fil) en sera une démonstration populaire. Dans le cadre de ses activités, le Potager du Roi a plutôt à féliciter l’association Kokopelli et M. Guillet pour le travail accompli en faveur de la conservation des variétés légumières locales et de la diffusion de variétés récentes intéressantes.

Cependant, suite aux déclarations de M. Guillet, il me semble utile d’expliciter les raisons qui nous ont conduit à ne plus commander des semences à l’association Kokopelli. Il existe un certain nombre de fournisseurs professionnels et associatifs de variétés légumières traditionnelles et insolites. Pour connaître la qualité de leurs produits il faut les acheter et les cultiver. Satisfaits des résultats nous continuons à acheter chez certains sans hésiter à expérimenter des nouveaux fournisseurs avec des propositions qui peuvent faire évoluer nos connaissances et ce que nous proposons à nos visiteurs et clients. En fin de compte, il existe des alternatives aux discours et aux produits de Monsanto … et de Kokopelli.

Poursuivre la diffusion de l’information.

Même si elle est très loin de regrouper tous les semenciers et les commerçants du secteur, l’association des Croqueurs de carottes est une bonne piste pour ceux et celles qui veulent trouver des semences de variétés légumières anciennes (ex-modernes), traditionnelles, modernes (futures anciennes) et insolites, produites avec un souci pour la conservation de la biodiversité des plantes cultivées et le futur de nos consommations alimentaires.

Antoine Jacobsohn
directeur du Potager du Roi
Versailles

7 commentaires

    1. Tout dépend du type de variétés que vous cherchez.De nombreuses variétés de légumes du domaine public sont « maintenues » et proposées au catalogues de plusieurs firmes semencières.

      Par contre, en ce qui concerne les variétés de la liste spéciale « variétés d’amateurs », trois sociétés en proposent, en sus de Kokopelli qui a toujours refusé d’entrer dans cette dynamique. Les voici :

      Le Biau Germe
      http://www.biaugerme.com/
      47360 Montpezat
      tél : 05 53 95 95 04
      service@biaugerme.com
      fax: 05 53 95 96 08

      Ferme de Sainte Marthe
      http://www.fermedesaintemarthe.com/
      BP 70404
      49004 Angers Cedex 01
      tél. : 08 91 70 08 99

      Graines Baumaux
      http://www.graines-baumaux.fr/
      BP100 – 54062 Nancy Cedex
      contact@graines-baumaux.fr

      Cordialement,

      Michel Chauvet

    2. bonjour,
      j’espère que Dominique Gillet donnera ici la source de ses affirmations.
      le sujet et les enjeux sont importants
      il s’agit ni plus ni moins que l’honnêteté.

    3. Demandez lui aussi si les variétés distribuées par son association dont bien bio et si elles le sont, pourquoi est ce qu’il refuse aussi de se faire contrôler par un organisme certificateur que ses confrères, en société et non en association donc déjà plus chargés,utilisent pour vendre leur semence en qualité AB. Demandez lui pourquoi est ce que dans les statuts de son association, il est président à vie (peu démocratique quand même comme fonctionnement), demandez lui le chiffre d’affaires de son association… Tout cela n’est pas pour dénigrer simplement mais effectivement attention au misérabilisme et à la victimisation. C’est un système sectaire qui propose des choses intéressantes mais il y a effectivement des alternatives…

    4. Il est ridicule de dire que sous prétexte que Dominique Guillet est président à vie de l’association elle ferait preuve d’un manque de démocratie… Ce n’est pas un haut commandement qui dirige strictement ses membres, leur oblige de fournir un quota de semences, leur impose une implication dans l’association etc… tout est fait sur la base du volontariat et on ne peut pas nier que cette association est tout sauf à but lucratif puisqu’elle vise l’indépendance de ses adhérants. Raoul Jacquin disait vouloir éviter « l’effet Téléthon » quand aux donations faites à l’association, ce qui les intéresse c’est pas l’argent, c’est le changement qu’ils peuvent apporter aux mentalités. Je suis parfaitement conscient qu’il existe d’autres alternatives aux semences kokopelli (l’association ne diabolise pas non plus systématiquement les autres fournisseurs de semences) mais que c’est la seule à proposer un partenariat avec le Tiers Monde et à organiser des cellules de résistance dans ses pays, en cela on peut dire que kokopelli c’est un peu l' »Artisans du monde » de la semence.

  1. {{Le Potager du Roi et le Jardin du Prince

    Tom Wagner chez le Prince Jardinier}}

    L’Association Kokopelli a le grand plaisir d’introduire, pour la première fois en France, l’oeuvre du célèbre obtenteur de tomates US, Tom Wagner, le créateur génial de la Green Zebra, de la Banane jaune, du Raisin vert, de Vintage Vine, de Green Sausage, de Green Bell Pepper, de Lime Green, de Schimmeig Creg, etc. Tom Wagner a créé, en effet, en 51 ans, des centaines de variétés de tomates mais également de pommes de terre. Il travaille actuellement sur une centaine de milliers de lignées de pommes de terre. {{Tom Wagner est un « free-breeder », ce qui veut dire que toutes ses créations sont dans le domaine public, libres de brevets.}}

    Nous proposons un premier séminaire de 2 jours, animé par Tom Wagner, sur les thèmes de la création variétale de tomates et de pommes de terre, sur leur sélection, sur leur résistance aux maladies, etc. Ce séminaire aura lieu en septembre 2009 (et nous confirmerons les dates sous peu) au Jardin Conservatoire de la Tomate du Prince-Jardinier Louis-Albert de Broglie, au Château de la Bourdaisière, à Montlouis.

    Tom Wagner sera en Europe pour au moins trois semaines et nous invitons toutes les associations et réseaux semenciers Français ou Européens à nous contacter pour l’organisation éventuelle d’autres séminaires ou de conférences.

    Le venue de Tom en France sera l’occasion pour Kokopelli de lancer une nouvelle campagne, que nous mijotons depuis des années: celle de faire participer les jardiniers et les jardinières, les associations de jardins bios, partagés, etc, à la création variétale et à l’évaluation de lignées variétales (de tomates, de maïs doux, de pommes de terre…) dans divers terroirs. Nous souhaitons, par exemple également, retravailler avec des lignées de céréales « vivaces » ou en voie de « vivacité » (de seigle, de blé, de triticale) que nous avions commencé, à très petite échelle, à introduire de par le passé.

    Nous souhaitons également travailler sur le concept d’un fonds de soutien financier à tous ces obtenteurs géniaux mais qui sont illustrement inconnus, et parfois même à la limite de la survie alimentaire parce que leurs créations sont dans le domaine public. De plus, qui voudrait soutenir un créateur de variétés de céréales vivaces? (sûrement pas les lobbies de l’agro-alimentaire). Et qui voudrait soutenir un créateur de variétés de pommes de terre résistantes au mildiou? (sûrement pas les pesticideurs).

    Gageons que l’Etat Français, qui s’est engagé à réduire « prochainement » de 50 % l’usage des pesticides, sera totalement fasciné par de telles perspectives et potentialités!

    {{Futiles Tutelles}}

    Quant au Potager du Roi à Versailles, avons-nous crié au loup à tort? Et bien, nous aimons l’espérer et même si ce n’est qu’un épiphénomène, au regard de tous les drames planétaires, nous accueillons avec joie le démenti « officiel » d’Antoine Jacobsohn, relayé sur les ondes par Alain Baraton, et sa proposition de distribuer l’ouvrage (impertinent s’il en est) « Semences de Kokopelli » dans la boutique du Potager du Roi.

    Il faut dire que l’Association Kokopelli est relativement coutumière de tracasseries émanant des « tutelles ». La dernière en date remonte à l’automne 2008. Alors que nous nous étions mis d’accord avec le lycée agricole de Suscinio à Morlaix – seul lycée agricole ayant fait le choix de l’agriculture biologique en France – sa toute nouvelle directrice a fait volte-face, de manière soudaine et surprenante, dans le processus menant à la réservation définitive des locaux pour nos trois jours de formation en agro-écologie, à la fin juin 2009. {{Elle nous a ainsi fait savoir que ses « tutelles » du Ministère de l’Agriculture ne l’autorisaient pas à accueillir l’Association Kokopelli dans les locaux du lycée,}} même pour évoquer d’autres thèmes que celui des semences de Kokopelli, si impertinemment absentes du Catalogue Officiel. Ce lycée est pourtant adhérent de Kokopelli et se fournit en semences chez Kokopelli. Nous avons dû partir en quête d’une autre structure d’accueil alors que nos brochures avaient été imprimées. Et pourtant, quoi de plus naturel pour un lycée bio que d’accueillir une formation de 3 jours en agro-écologie, animée par Stéphane Fayon, un expert en la matière et qui oeuvre avec la Croix-Rouge Française sur des programmes de sécurité alimentaire en Asie du sud-est.

    Au risque de réveiller des fantômes, n’ayons pas la mémoire courte: il y a quelques années, Kokopelli fut l’un des quatre lauréats nationaux de la Jeune Chambre Economique Nationale et, 48 heures avant la remise des prix à Besançon, une « tutelle » de passage intervint pour nous confisquer le prix. Et des témoignages de pressions du GNIS, nous en avons bien d’autres…

    {{Des Directives de « conservation »
    qui ne conservent rien}}

    Et pour rebondir sur les campagnes d’intoxication permanentes du GNIS et sur sa toute récente relative à l’application en droit Français (Journal Officiel du 6 janvier 2009) de la Directive Européenne de juin 2008 sur les « variétés de conservation », nous tenons, une fois de plus, à préciser que:

    1. Cette directive ne concerne que les grandes cultures et les pommes de terre.

    2. Cette directive est une gigantesque farce qui est décriée par tous les réseaux de semences paysannes en Europe.

    Nous convions les personnes intéressées à relire l’analyse de Blanche Magarinos-Rey, l’avocate de Kokopelli.

    Quant à la sempiternelle évocation par le GNIS de « son » catalogue pour variétés potagères « amateurs » de 1997, il n’est que de constater la distribution, par les grandes surfaces, de variétés « réservées à l’usage amateur » (mais néanmoins produites par des maraîchers professionnels) pour évaluer le sérieux de toute l’affaire. Sans doute une version « néo-néo » du néo-libéralisme!

    Tom Wagner est éberlué d’apprendre que certaines de ses variétés du « domaine public » sont distribuées sans vergogne par les chaînes de supermarchés en France. Alors que l’argent du contribuable sert à financer la recherche « publique » de clones qui ont tout autant de saveur que du papier-mâché, les supermarchés distribuent des tomates « illégales » créées par des obtenteurs géniaux, inconnus et qui financent eux-mêmes leurs propres recherches! On vit une époque formidable.

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