Contre le réchauffement, plantons des forêts dans les déserts

Si une irrigation à grande échelle maintenait de vastes forêts dans le Sahara et dans le désert australien, la température de ces régions chuterait de plusieurs degrés et ces arbres absorberaient presque autant de carbone que l'humanité en produit aujourd'hui. C'est le calcul de Leonard Ornstein, un biologiste israélien, et de ses collègues américains de la Nasa.

Si une irrigation à grande échelle maintenait de vastes forêts dans le Sahara et dans le désert australien, la température de ces régions chuterait de plusieurs degrés et ces arbres absorberaient presque autant de carbone que l’humanité en produit aujourd’hui. C’est le calcul de Leonard Ornstein, un biologiste israélien, et de ses collègues américains de la Nasa.

Sur le papier, l’idée est simple. De l’eau de mer désalinisée dans d’immenses installations serait amenée en grandes quantités vers le Sahara ou au cœur du désert australien pour irriguer les terres et y faire pousser des arbres. Leonard Ornstein, un biologiste de l’Ecole de médecine du Mont Sinai, s’est penché plus avant sur cette question, avec David Rind et Igor Aleinov, du Goddard Institute for Space Studies, dépendant de la Nasa.

Leurs conclusions sont détaillées dans un article à paraître dans la revue Climatic Change et dévoilées dans le magazine en ligne de Science. Pour l’irrigation, les chercheurs imaginent d’utiliser des canalisations en plastique, enterrées, pour éviter l’évaporation. Pour les essences à planter, il n’y aurait que l’embarras du choix. Ornstein cite Eucalyptus grandis, le Grand eucalyptus, un arbre pouvant atteindre cinquante mètres de hauteur. Il pousse en effet un peu partout, y compris en Nouvelle-Galles-du-Sud, un Etat australien, et aime le soleil mais pas du tout la sécheresse.

Lire la suite de l’article du 16/09/09, par Jean-Luc Goudet, sur le site Futura-sciences.com

14 commentaires

  1. Bonjour,
    je n’ai pas encore lu l’ensemble de l’article mais rien que cette introduction, me ramène à une pensée personnelle.
    Puisque le Gouvernement Français veut encore faire payer aux contribuables, des « Impôts » sur le Carbonne, pourquoi, ce même Gouvernement, ne distribuerai-t-il pas des jeunes arbres, déjà feuillus ou à pousse rapide, aux contribuables qui possèdent un jardin, ou suffisament de place pour y mettre un peu de « Poumons Verts ».
    Faut-il pour que l’absorption de carbonne soit efficace, que les arbres soient groupés en forêts, ou bien, suffirai-t-il qu’il y ait beaucoup d’arbres, même séparés, dans une multitude à l’infini, de jardins de particuliers?
    D’ailleurs, cela me fait penser au Maire de la ville d’Ascoux, dans le Loiret,
    qui a décidé, au vu des accidents de la route, de faire couper une magnifique allée de Platanes et de Tilleuls, tous forts beaux…Vous comprenez bien, les arbres viennent se jeter sur les voitures qui roulent trop vite… C’est navrant!
    Oui, c’est navrant d’en être là, à une époque de notre vie, où l’on a justement besoin de POUMONS VERTS, de faire couper des arbres, parce que des « rescapés » je suppose, s’en sont plaint.
    Alors si vous pouvez peupler les deserts d’arbres, c’est bien, c’est merveilleux, même si la splendeur des « Oasis » risque d’y perdre en notoriété.
    Moi, à petite échelle, j’ai la folie du vert; je bouture et multiplie à tout va, je plante et je regarde pousser, car pour moi, la nature est la plus belle forme de vie sur Terre. L’homme en est une belle expression, seulement, l’homme veut toujours ce que son voisin possède; l’homme est de nature jalouse et c’est bien là son grand défaut depuis des millénaires.
    Bon, je vous laisse, j’ai encore des « Kiwis » à rempoter, des streptocarpus, des lauriers roses, des cactus, des sauges ananas…à bouturer

    Guillaume Quessette

    1. Encore cette manie de vouloir planter à tour de bras… Ca me navre de constater que cette mode de la peinture verte n’est toujours pas passée et que les conséquences dramatiques sur la biodiversité et le fonctionnement de nos écosystèmes déjà constatées ne sont toujours pas entendues…
      Indépendamment de l’aspect « paysager » et biologique, c’est surtout l’aspect humain qui, visiblement, n’est pas la préoccupation majeure de ce projet pharaonique et utopiste. .Va-t-on demander aux peuples nomades du Sahara ou aux Aborigènes si ça les dérange d’avoir des allées d’Eucalyptus sur leurs terres ?
      Plutôt que de replanter, tentons déjà de conserver les forêts déjà en place et qui partent littéralement en fumée à vitesse grand V en Amérique centrale et du sud et en Indonésie. Au lieu de bourrer de médicament un malade, tentons déjà de comprendre sa maladie et de trouver une solution intelligente pour le guérir.

    2. Bonjour,

      Pourquoi jeter le bébé avec l’eau du bain ?
      C’est une idée qui a le mérite d’être génereuse, apportons-y des commentaires constructifs au lieu de la dénigrer.

      D’abord voyons en détail le bilan énergétique. On devrait trouver dans d’ancien cartons les études faites en 1966 env. par M. Kovalsky, à l’époque directeur du CERN, qui envisageait la désalinisation de l’eau de mer par une centrale nucléaire. La mer serait réchauffée et il faudra prendre cela en compte. Le transport sur de longues distances d’énormes quantités d’eau est aussi très énergivore.

      Ensuite le choix des espèces, y compris la promotion des espèces existantes, doit être fait soigneusement, avec des essais en vrai grandeur, en tenant compte des besoins hydrique, des quantités de CO2 capté, et d’autres facteurs que les spécialistes doivent connaître.

      Sachons que la planète est malade. Comme le médecin au chevet d’un malade, il recherche la solution de moindre regret, sachant que tout médicament est toxique.
      Encourageons toutes les bonnes volontés, ne recherchons pas le remède miracle, il n’en exite pas, ou tout au moins pas d’assez rapide pour enrayer le maudit phénomène du réchauffement climatique, mais recherchons tous les moins mauvais, avec grande vigilance bien sûr, pour les mettre en exécution.

    3. Je me permets de faire une petite remarque à ce sujet, qui m’a l’air plutôt audacieux et peu original, du fait que beaucoup d’études voir projets ont déja ciblé la même idéologie sans succée.

      Je prends comme exemple le barrage vert en Algérie; certe d’un point de vue idéologique on vois que c’est une idée originale pour combattre la désertification, mais d’un point de vue écologique et téchnique ça a été un véritable échec sans parler du problème socio-éthnique engendré à travers sa réalisation  » population authoctone nomade ».

      pourquoi aller à l’encontre de la nature; vouloir remplaçer les forêts par des déserts, et des déserts par des forêts c’est changer l’équilibre naturel des écosystèmes en modifiant sensiblement la biodiversité liée à ces biotopes.

  2. Eucalyptus,
    planté à grande échelle dans le Sud du Chili, après la destruction des forêts natives volées aux Mapuches, assèche les sources d’un pays ou la pluviométrie est une des plus fortes du monde.
    Je me permets de douter…
    ceci dit reforester à marches forcées, c’est ce que les Chinois font au Nord Ouest pour tenter de protéger leurs terres de la désertification. Je ne sais pas si ce sont des Eucalyptus qu’ils plantent. Les accacias me semblent plus indiqués et surtout une grande biodiversité, dont l’eucalyptus est l’ennemi, me smble-t-il.

  3. Ce projet, s’il part d’une idée généreuse est bourré de contradictions:
    -Désaler l’eau de mer coute trés, trés cher en terme énergétique. D’où viendra l’énergie nécessaire?
    -Une forêt,ce n’est pas quelques milliers d’arbres plantés à la va-vite sans réflexion sur l’équilibre écologique nécessaire à son bon fonctionnement (voir les deux échecs de reboisement du massif du Mont Aigoual au début du 20ème siécle)
    – L’eucalyptus est une essence adaptée à des milieux difficiles. Du coup, elle n’est pas partageuse ou coopérative: bref, elle fait le ménage autour d’elle.
    Les sols occupés par eucalyptus sont stérilisés pour de trés nombreuses années. De plus l’arbre est trés gourmand en eau, il assèche les terrains.
    Je rejoins l’avis d’un (ou une) correspondant(e). Il serait beaucoup plus malin de conserver, d’entretenir, de valoriser les forêts existantes.
    – Le Sahara, le désert autralien, Le Namib, l’Altiplano,le Gobie…sont des entités écologiques assez abiotiques, c’est vrai, mais participant des grands équilibres écologiques de la planète.
    Ne renouvelons pas les erreurs des technocrates, se pensant maîtres de la nature, qui ont produit le massacre de la mer d’Aral, du détournement des fleuves sibériens, du barrage des trois vallées en Chine, du barrage Nasser en Egypte ou Attaturk en Turquie, des pompages dans le Jourdain entre Israèl et la Jordanie…
    Plutôt que de planter des arbres dans des milieux hostiles, obtenons l’entetien des forêts là où elles peuvent prospérer.
    La volonté du chercheur israèlien de transformer la semi-aride Palestine en jardin d’Eden couvert de luxuriante forêt d’eucalyptus relève plus à mes yeux du projet poliique que du réalisme écologique .
    Si l’eucalyptus tient son nom de « eu » bien ou vrai et « kalyptos » couvert, il n’en reste pas moins une peste végétale hors de son aire de répartition naturelle.
    Que les israèliens, peuple riche, se préoccupent de la gestion de l’eau, du climat,de la température…sur leur petit bout de territoire…tout cela est tout à fait légitime.
    Qu’ils appliquent aux écosystèmes les principes de leur politique à l’égard des collocataires de leur pays doit inciter les scientifiques à la plus grande prudence. Il est illusoire de vouloir créer un écosystème dans un milieu qui ne présente que trés peu de potentialités nécessaires à son développement. Les dollars ne remplaceront jamais les bactéries symbiotes des sols producteurs de biomasse .
    On ne sauvera pas l’ours blanc en multipliant les frigos!

    1. Bonjour,
      Je voyage actuellement entre le Pérou et la Bolivie. J’y vois des hectares et des hectares d’eucalyptus car ils résistent bien au climat particulièrement sec qui sévit ici. Il doit y avoir plusieurs espèces d’eucalyptus….

      Il me semble que déjà, dans les années 60 il fut question de planter au sud du Sahara une ceinture verte pour freiner le développement du désert. Ce fut un échec, non pas pour des questions techniques, mais parait-il pour des raisons que j’appellerais sociales. En effet les populations locales (oui, il y des gens qui vivent dans ces zones arides, peu d’acccord, mais il y en a) et ces populations auraient préféré brûler les jeunes arbres que les crottes des dromadaires pour préparer les repas.

      Les problèmes sociaux seront toujours plus difficiles à résoudre que les problèmes techniques. Même si les calculs de bilan énergétique, les essais sur le terrain en choisissant les essences les mieux adaptées, etc. c-à-d tout l’ingéniérie, peuvent être résolus, ce n’est pas dit que le projet soit viable si les populations ne jouent pas le jeu.

    2. Tout à fait d’accord avec Jean Siol, il faut regarder à la source du problème (nos modes de consomation); chercher des solutions technologiques très chères est la fuite en avant du système qui engendre ces problèmes et c’est moins contraignant pour l’égo que de se remettre en question. Vous citez en exemple un inconvénient « social » qui serait le grain de sable dans les « solutions » qu’apporte l’occident; il me semble que c’est un point de vue colonialiste: beaucoup de gens sur terre cherchent légitimement à manger avant de réparer les dégats que nous avons commis.

  4. non content de détruire nos écosystèmes nous cherchons à détruire les écosystèmes du monde en les artificialisant, la réponse est chez nous dans nos modes de consommations dans notre système économique qui bouffe tout et pas dans la plantation d’arbre au sahara
    je pense à toi Théodore Monod, heureusement que tu n’est plus là !
    LJ

  5. Abdou
    Les arguments avancés par les auteurs des messages sont très valables concernant la plantation d’Eucalyptus ou une autre espèce allochtone qui risque d’être une véritable peste pour les écosystèmes sahariens et très vrais aussi concernant le dessalement de l’eau de mer, cependant des forêts au Sahara existent mais bien localisées et très adaptées à l’aridité des régions tels l’Arganier ou encore le Pistachier.
    L’Arganier est très abondant au sud du Maroc et beaucoup moins présent en Algérie mais il est connu pour son huile et comme plante fourragère. Des études ont été réalisées qui pourront donner plus d’informations sur cette espèce.

    Donc si on pense à planter des arbres il en existe déjà des autochtones qui pourraient être utilisés dans les zones de dépressions ou de lits d’oueds ou de nappes phréatiques etc.. Je ne crois pas que sur les dunes on puisse faire pousser un arbre mais des arbustes pourquoi pas?

    L’idée de planter des arbres n’est pas à rejeter c’est les espèces proposées qui ne cadrent pas avec une vision écologique, l’Eucalyptus est en effet une espèce à bannir en dehors de son aire géographique, une véritable catastrophe pour les espèces de sous-bois qu’elle élimine quasi totalement et parfois définitivement.
    L’idée devrait être étudiée mais avec des spécialistes des déserts et sur le terrain non pas aux USA ou ailleurs.

    1. Je pense qu il y a des millions d hectares ou il ne pousse rigoureusement rien. Est-ce grave, docteur d y planter des arbres, ne serait-ce des Eucalyptus. Et sous ces maudits arbres, ou il ne pousserait rien, on remplacerait tous simplement du sable par … du sable ! Et alors ?
      Je vous signale qu actuellement je voyage ds des zones articuliérement arrides (alti plano Perou & Bolivia) et s/s les plantations d eucalyptus la vegetation n est pas nulle.

      Quant aux arganiers, leur croissance est extremement lente. Compte tenu du succes tout a fait immerite de son huile ( le marketing des marchands de cosmetiques et autres huiles « esssetielles » a reellement fait son succes : vous y chercherez en vain les soit-disantes vertues, peut-etre legerement anti inflammatoire mais possede aussi des inconvenient dt je n ai plus souvenir (et il faut connaitre la tres faible concentration de cette huile dans la solution vendue, et a quel prix !)) un jour cette huile ne vaudra plus rien, elle sera passee de mode. Quant a sa production fouragere, c est vraiment parce qu il n y a rien d autre ! On a tente de l acclimater au Mexique et aussi dans des zones cimatiquement et geologiquement semblables a celles des zones du maroc ou il est endemique. En vain ! S il etait rustique et adaptable, il y en aurait bien plus sur la surface du globe, non ?

      Mais courage, il y a peut-etre d autres choix possibles.
      JC

  6. Je travaille depuis 12 ans en Mauritanie en zone saharienne. J’ai constaté qu’il suffit de clôturer des zones désertiques pour y voir pousser spontanément des arbres sans avoir besoin d’irriguer. Il s’agit principalement d’Acacia tortilis, Acacia erhenbergiana, Leptadenia pyrotechnica et Balanites aegyptiaca. Ce dernier produit un fruit dont on peut extraire une huile à usage médicinal. Ces arbres poussent très vite car particulièrement bien adaptés à leur milieu.Alors pourquoi vouloir implanter l’Eucalyptus ? Cette mise en défens pour protéger certaines zones du surpâturage me parait indispensable pour faire face à la désertification mais malheureusement rarement pratiquée. Michel Thouzery, Association Plantes et Nomades

  7. Il faut revégétaliser les zones désertiques mais on ne peut pas le faire en allant contre la nature. Il existe des arbres et d’autres plantes qui n’ont pas besoin d’être intensément irriguées pour pousser. Le problème est surtout lié aux surpaturage et l’exploitation intensive du bois de chauffe. il me senble plus raisonnable et moins couteux de régler ces problème pour revégétaliser les zones désertiques (par le fait de l’homme). De plus le cycle de l’eau naturelle lié à l’évapotranspiration devrait reprendre et apporter l’eau nécessaire.
    Il y a deux problèmes majeurs a reboiser les zones désertiques par irrigation par désalinisation : tout d’abord il existe un écosystème particulier des zones désertiques qu’il serait domage de remplacer, quand ces zones désertique ne sont pas le fait des activités humaine. Le deuxième problème est lié à la désalinisation. les sels retiré des eaux est rejetté en mer provoccant une augmentation de la salinité des eaux et donc un effet négatif sur les organismes vivants mais également une probable perturbation des courrant marrins lié à la modification des densités des masses d’eaux.

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