Les plantes médicinales : avenir menacé ?

Hoax ? désinformation ? Il y a t-il une raison de s'inquiéter ?

Hoax ? désinformation ? Il y a t-il une raison de s’inquiéter ?
Depuis quelque temps des pétitions circulent et des messages à tendances alarmistes fleurissent sur le web.
L’avenir des plantes médicinales est-il réellement en danger ? Que penser de ces campagnes de (dés)information ?
Voici quelques pistes pour vous faire une idée.

La loi

Le texte de la directive 2004/24/CE du parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004 modifiant, en ce qui concerne les médicaments traditionnels à base de plantes, la directive
2001/83/CE instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain.
Voir le texte de la directive

Les pétitions

Voici quelques pétitions ayant circulées à ce sujet :
http://www.lapetition.be/petition.php?petid=8350
http://www.gopetition.com/petition/39757.html
http://www.defensemedecinenaturelle.eu/.

Les articles

– Un des articles ayant déclenché la polémique cet automne : « Grande victoire pour l’industrie pharmaceutique : Les plantes médicinales bientôt interdites dans l’UE » (Source : Gaia-health, par Heidi Stevenson, trad. NewsOfTomorrow.org, 12 sept. 2010)
– La réaction de Thierry Thévenin, Syndicat des Simples
– L’article plus récent du Collectif pour la Défense de la Médecine Naturelle, (suivi d’une pétition) : http://www.defensemedecinenaturelle.eu
– La réaction de Thierry Thévenin, Syndicat des Simples
– L’article « Menace sur les médicaments traditionnels à base de plantes » de Clémentine Desfemmes sur gerbeaud.com
– L’article « Explications de la Directive européenne 2004/24/CE sur les médicaments à base de plantes », de Patrice Costa paru dans L’Est Républicain du lundi 25 octobre 2010 et retranscrit sur le site de la Société française d’Etnopharmacologie
– L’article de Guillemette Resplandy du 10 février 2011
sur Tela Botanica : Quid des plantes médicinales ? (Arrêté européen soumis par l’Afssaps)

L’avis des membres du Réseau

L’avis de Clotilde Boisvert
Une pétition de défense des plantes médicinales douteuse et très controversée.

Une directive européenne* sera appliquée le 30 avril prochain : il ne s’agit pas d’empêcher la vente de plantes médicinales traditionnelles mais de vérifier les médicaments à base de plantes non traditionnels.
Une demande de pétition, anonyme, remarquablement efficace, mensongère, déviant les propos, mettant en cause des personnes qui n’en sont ni averties ni consentantes, circule sur la toile depuis deux mois.
Attention, ce n’est pas sérieux, c’est un bobard ; nous passons notre temps à démystifier cette pétition qui affole le monde des plantes médicinales et des médecines alternatives.
Je crains que nous ne fassions, en signant cette pétition, le jeu de compagnies commerciales qui auraient intérêt à voir continuer la distribution de médicaments non vérifiés ou encore celui d’un collecteur d’adresses.
Si vous voulez vous faire une opinion le plus simple est de chercher sur la toile. [[NB : Les URL de ces sites sont accessibles dans la partie « les articles ».]]
Le sujet même de la controverse :
– *THMPD (Traditional Herbal Medicinal Products Directive)
et sa relecture par des personnes valables dont voici les sites :
– Syndicat des simples : messages de Thierry Thévenin dans actualités
– Société Française d’Ethnopharmacologie, interview de Jacques Fleurentin dans les actualités d’accueil
– gerbeaud .com

Ce qu’il faudrait défendre c’est la création d’un diplôme d’Herboristerie qui remettrait en place la vente des plantes médicinales. Un « herboriste » était, en France, une personne bien formée qui vendait des plantes en l’état et savait conseiller ses clients sans antinomie avec médecins ou pharmaciens. Le diplôme a été supprimé en 1941 et les derniers diplômés viennent d’avoir 90 ans.

Propos recueillis sur le forum ethnobotanique (Accéder au forum.)

Et vous quel est votre avis ?
Faites nous part de votre point de vue en utilisant l’espace commentaire ci-dessous.
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Photo d’illustration : Arnica montana L., Mathieu Menand, licence CC (by-sa). Illustration fournie par le réseau Tela Botanica (Carnet en ligne)

11 commentaires

  1. Bonjour ,

    Il serait difficile de dire que l’usage ,la recherche indépendante , et la formation d’herboriste ait été défendus ces dernières décénies en France et plus largement par les institutions Européennes.

    N’as t’on pas vu disparaitre le diplôme d’herboriste (1941) et constater le dérembourssement progressive des medicaments et consultations homéopathiques ces dernières années.

    D’une manière générale favorise t’on la prise en charge d’ordonance a base de phytothérapie ou bien d’aromathérapie ?

    Dans les années 1980 (1986) les huilles essentielles ont été réglementées et les conditions de ventes restreintes ,la principale motivation étant qu’elles pouvaient être dangeureuses pour la santée (l’huile essentielle d’hysope (Hyssopus) est prescrite par ordonnace et interdite a la vente hors pharmacie).
    La liste est longue : Absinthe , Fenouille (semences) , Anis vert et Badiane , Armoise Cèdre , Sauge ,Thanaisie et Thuya.On peu quand même se les procurer hors pharmacie n’empêche que cette loi existe et qu’elle est restrictive si on l’applique.
    Les raisons affichées semblent être en faveur de la protection des consommateurs qui sont pas sensés savoir que les plantes médicinales peuvent être parfois dangeureuses.

    J’attire simplement votre attention sur le fait que les derniers évènements concernant la mise sur le marché de medicament allopathique peuvent aussi poser problemes de santé publique malgré les « précautions » prises par les fabriquants!!

    L’efficacité des plantes médicinales repose sur 2 principes essentiels qu’il conviendrait de respecter et qui ne sont plus a démontrer.
    Les conditions de culture des plantes ( les méthodes issues de l’agriculture biodynamique) , le lieu de production (écotypes) et les méthodes de sêchage (a l’ombre) et conditionnement ont une influence sur la qualité des produits.

    Comme tous produits mis en vente sur le marché , il faut prouver l’ efficacité et l’ innocuité du produit sinon il en résulte des interdictions parfois justifiées.
    Les produits (plantes médicinales) que l’on trouve sur le marché sont parfois de qualité médiocre et donc d’une efficacité douteuse.
    C’est dans ce sens qu’il faut prendre peut être les règlementations Européennes qui peuvent être écrite avec une certaine ambiguité qui laisserait une application dans les deux sens.
    Il n’y pas d’inquiétude a avoir pour le moment mais si ce marché (production et vente de produit phytothérapique) se développait (c’est le cas) n’importe comment , je pense que des mesures restrictives seraient alors prises par les institutions.
    Ce n’est que mon avis .

    Bien a vous,

  2. Cette pétition est un tissu de contre vérités, truffée d’erreurs, et parfaitement mensongère. Par ailleurs il n’est pas neutre de savoir qu’elle émane d’une entreprise de lobbying américaine défendant les intérêts d’un petit groupe de fabricants de soit-disant compléments alimentaires dont l’intérêt COMMERCIAL est que ces produits ne subissent AUCUN CONTROLE (on comprend pourquoi…). Enfin, il faut savoir que plusieurs membres de l’association d’ou émane cette pétition sont membre de l’église de scientologie. Je pense que tout est dit, il ne faut pas signer n’importe quoi.

    1. Bonsoir ,

      Il est quand même curieux de constater qu’il est plus facile de retirer du marché une plante medicinale (ex : hypericum perforatum fin années 1990 – 2000)pour des raisons obscures ou mal définies , il n’y a pas eu de décès , que des interferences probables avec d’autres molécules.
      Qu’un produit type « mediator » qui a fait des morts !!
      Qu’en pensez vous ?

  3. C’est dingue le nombre de natu-catastrophistes qui m’envoient des pétitions depuis quelques mois: médecines soi disant naturelles (puisque c’est naturel c’est forcément bon pour la santé), et puis boire du lait c’est dangereux pour les adultes (à ce propos, lire l’intro de R. Dawkins « Il était une fois nos ancêtres » qui explique clairement les choses), ou encore l’hoax « Servier-Sarkozy » d’il y a quelques semaines. Ils feraient mieux de faire de la botanique de terrain…

  4. Les pharmaciens ont pris le relai des herboristes, mieux : ils ont continué à faire ce qu’ils ont toujours fait : apporter leurs connaissances en phyto, en pathologie, en préparation des plantes,… à la population.
    Créer un nouveau diplôme me paraît inutile. Profitons des connaissances du pharmacien et allons lui demander des plantes en vrac, en sachets, en teintures mères, en gélules, en extraits,… Et n’oublions pas qu’il suit de nombreuses pathologies des plus graves aux plus anodines, donc il sait reconnaître quand ce n’est plus de son ressort mais du ressort du médecin !
    Soyez curieux, allez voir les officines qui sont à l’écoute des patients !

    1. Bonjour, je suis sur ce forum par hasard et je ne peux m’empêcher de relever votre commentaire à propos des pharmaciens. Et je suis navrée, mais vous êtes peut être vous même un pharmacien compétent dans ce domaine ou peut être en connaissez vous un? En ce qui me concerne, j’ai eu à de nombreuses reprises l’occasion de constater l’imcompétence flagrante des pharmaciens en matière d’herboristerie. Même pas capables d’identifier un champignon ordinaire. C’est sans doute dû au fait que l’herboristerie est une option pour les étudiants en pharmacie, que peu d’entre eux souhaitent ajouter à leurs formation. Et pourtant cela doit être passionnant; Oui il serait bon de mettre en place une formation en herboristerie, qui permettrait à de vrai passionnés de se former et d’obtenir un diplôme. Et ainsi nous serions bien mieux conseillé.

  5. En belgique il y a encore des cours d’herboristerie.
    personnelement je m’entretient par des plantes et de médicaments à base de plantes,
    Medecine pharmacie et herboristerie sont nécessaires?
    Ils ont tous droit d’exister
    c’est un principe de liberté.
    Il faut créer des cours d’herboristeries

  6. Dans la revue « Les cahiers de la Bio-Energie » de mars 2011, publié par le Laboratoire Copmed, il y a une interview très intéressante de Maître Isabelle Robard (avocate spécialisée dans le domaine des médecines complémentaires) qui précise exactement la position de l’Europe sur ce sujet. Il se trouve que la fameuse pétition lancée par le dénommé Heidi Stevenson n’est qu’un leurre auquel je me suis aussi fait prendre.
    Pas d’affolement sur cette directive, elle correspond à un réel besoin et permettra ainsi de limiter le nombre de produits sans intérêt qui abondent sur le marché actuellement.
    Sachez que si vous avez signé la fameuse pétition, comme moi, votre adresse mail fait maintenant partie d’un fichier énorme et, si vous souhaitez vous désabonner, … et bien, le lien ne marche pas !!!
    Surperenant, n’est-ce pas ?

    La phytothérapie est une discipline qui mérite le respect, et puisque l’herboristerie est désormais une science ouverte au premier fumiste venu, il se trouve que le marché regorge de produits que les magasins bio s’empressent de vendre puisqu’ils rapportent gros et que c’est la mode.
    Malheureusement, celui qui a étudié la botanique, l’herboristerie, et la phytothérapie passe pour un rigolo lorsqu’il explique le véritable intérêt de certaines plantes et qu’il essaie de les prescrire.
    Il existe aujourd’hui des moyens de se maintenir en bonne santé par l’usage des plantes, et je rajouterai même, qu’il n’est pas nécessaire d’aller chercher des compositions de la Médecine Chinoise ou Ayurvédique car nous avons des plantes qui contribuent à notre propre environnement et qui peuvent avoir exactement les mêmes effets.

    Celui qui vous écrit peut vous proposer différentes conférences sur le sujet ou, même, vous former dans ces pratiques.

    Pierre NINGRE Naturopathe et Formateur
    lessentiel.aroma@orange.fr

  7. Cette directive est bien une saloperie, mais peut-être pas dans les termes employés par la pétition.

    Les multinationales veulent faire disparaître les laboratoires indépendants, c’est une évidence pour quiconque a travaillé dans le domaine pharmaceutique (mon père avait un labo indépendant de pharmacie vétérinaire). La méthode est toujours la même : compliquer les procédures, les rendre coûteuses.

    le coût des expertises, d’ailleurs, ne correspond pas tant aux expertises scientifiques qu’aux frais d’avocats.

    En fait, c’est le juridisme foireux des technocrates qui rend ces procédures impossibles aux petits, car il faut dépenser des millions en avocats pour défendre son produit. Ainsi, un très bon produit mal défendu sur le plan administratif ne passera pas, un produit dangerrux mais répondant aux crasseuses normes bureaucratiques sera accepté sans souci (Médiator).

    Il y a d’ailleurs d’autres scandales, comme mla volonté du gouvernement du nabot de faire disparaître les petits laboratoires d’analyse médicale de proximité.

    Oui, il faut signer ces pétitions mais il faut inciter leurs auteurs à poser les vrais problèmes : celui de la bureaucrasse, de la technocrasse et de l’eurocrasse ; celui de l’inflation juridique, celui de la sclérose à coups de lois et de règlements. Le juridisme et les lois scélérates faites pour les gros sont les principales tares de l’Europe et d’ailleurs c’est de cela qu’elle périra. Tôt ou tard, les peuples en sortiront et déclareront nulle et non avenue toute la crasse technocratique accumulée depuis 30 ans qui pourrit nos économies et nos vies.

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