Le bois le plus vieux connu à ce jour découvert en Anjou

Une équipe internationale de chercheurs, dont la paléobotaniste Christine Strullu-Derrien de l'Université d'Angers a découvert des fossiles de deux plantes vieux de 397 et 407 millions d'années, dont un en Anjou. L'insolite ne tient pas à leur âge, si avancé soit-il, mais à leur composition : les tiges de ces plantes comportent du bois. Or, jamais des fossiles si vieux n'avaient présenté cette caractéristique. Les scientifiques étaient jusque là persuadés que le bois était apparu au moins 10 millions d'années plus tard.

Une équipe internationale de chercheurs, dont la paléobotaniste Christine Strullu-Derrien de l’Université d’Angers a découvert des fossiles de deux plantes vieux de 397 et 407 millions d’années, dont un en Anjou. L’insolite ne tient pas à leur âge, si avancé soit-il, mais à leur composition : les tiges de ces plantes comportent du bois. Or, jamais des fossiles si vieux n’avaient présenté cette caractéristique. Les scientifiques étaient jusque là persuadés que le bois était apparu au moins 10 millions d’années plus tard.

L’équipe à l’origine de cette découverte est composée de chercheurs belges, américain et français, dont Christine Strullu-Derrien, alors doctorante au sein de la Faculté des Sciences de l’Université d’Angers. Un article scientifique faisant état de ce résultat est paru le 12 août 2011 dans la prestigieuse revue Science.

Au commencement, la carrière de Chateaupanne

Christine Strullu-Derrien a récolté en 2006 des spécimens d’une plante fossile dans la carrière de Chateaupanne, en bordure de Loire (sud-ouest d’Angers) avec l’aide du géologue Hubert Lardeux. Elle a consacré son travail de thèse à l’étude de cette plante jusqu’en 2010, en collaboration avec Philippe Gerrienne, paléobotaniste belge qui lui-même avait été en relation avec le géologue angevin. Précision intéressante : ce fossile est plus vieux (407 millions d’années) que celui trouvé au Canada par par la scientifique américaine Patricia Gensel (397 millions d’années).

Cette trouvaille n’aurait jamais eu lieu sans le concours d’Hubert Lardeux, qui avait repéré le gisement il y a une quarantaine d’années. La scientifique angevine a récolté et analysé plus d’une brouette de cailloux avant de tomber sur la perle rare ! Des points brillants dans certains fragments de roche avaient attiré l’attention des chercheurs. « Il est apparu évident que cette plante avait quelque chose de différent par rapport à ce que l’on avait observé chez certaines de ses contemporaines », se remémore la scientifique. L’utilisation de différentes techniques dont des coupes observées sous loupe ont révélé que les tiges de la plante, fossilisées sous forme de pyrite (d’où la brillance) étaient constituées de bois. (cf. illustration ci-dessus, diamètre = 1,2mm – photo Ph. Gerrienne, Liège).

Une découverte confirmée par un second fossile

Des contacts avaient été établis dès 2006 à Liège entre Philippe Gerrienne, Christine Strullu-Derrien et Patricia Gensel. Après une présentation commune en juillet 2010, l’équipe a poursuivi l’analyse de ces plantes en associant d’autres collaborateurs pour aboutir à une publication scientifique commune : l’existence d’au moins deux spécimens de ce type confirme la présence du bois chez les plantes du début du Dévonien. Autrement dit, le bois est apparu plus tôt que ce que la communauté scientifique pensait.

Qui sait, d’autres fossiles de même type attendent peut-être encore d’être découvert en France, au Canada, ou ailleurs ? Mais la tâche sera compliquée d’autant que les fossiles découverts ont été transportés par l’eau et que le diamètre des tiges de la plante de l’Anjou est d’environ 1,5 mm, ce qui ne la rend pas très visible dans la roche de carrière !

Lire la suite de l’article, par Thérèse Rosset, sur le site de l’université d’Angers univ-angers.fr

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Photo d’illustration : Fossile de la « plante à bois » découverte dans la carrière de Chateaupanne – Photo Strullu-Derrien et al. Geological Magazine, 147, 6, 830-843

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