Quelle implication des citoyens dans la conduite d’une démarche de science participative ? 

Lors d'un séminaire sur les programmes de sciences participatives du MNHN, Robert Douillet, de DialTer, a proposé une réflexion en collaboration avec la Fondation de France autour de l'implication des citoyens dans la recherche scientifique.

Lors d’un séminaire sur les programmes de sciences participatives du MNHN, Robert Douillet, de DialTer, a proposé une réflexion en collaboration avec la Fondation de France autour de l’implication des citoyens dans la recherche scientifique.

Pourquoi passer de la participation à l’implication et qu’est-ce que cela veut dire ?

Pour la Fondation de France, et dans tous ses programmes, l’homme doit être au cœur des préoccupations. Or, quelle est aujourd’hui la place de l’homme (du citoyen, de la société civile) dans la recherche scientifique, en particulier dans le secteur de l’environnement ? La recherche scientifique répond-elle à ses attentes ou répond-elle à des attentes d’autres organismes, institutions, ou sociétés privées ? Peut-on ré-équilibrer la place des uns et des autres pour donner plus de place à l’Homme ?

Les citoyens, la société civile, peuvent-ils orienter les thèmes à travailler, si oui comment et avec quelle légitimité ? Ont-ils de la place dans le pilotage d’une recherche scientifique et laquelle ? Peuvent-ils participer à la mise en place des protocoles scientifiques ? Quelle place leurs connaissances – dites parfois « empiriques » – ont-elles aux cotés des connaissances académiques ? Comment favoriser leur synergie ?

De ces questions découlent d’autres problématiques dans le domaine opérationnel : Comment consulter les citoyens pour déterminer les thématiques scientifiques les plus pertinentes (ex : BioLit avec la Laisse de Mer en Méditerranée), quelle place du citoyen ou des représentants de la société civile – ou de la collectivité locale – dans les comités de pilotage ? Ou dans les conseils scientifiques (par exemple faut-il impliquer un sociologue ?). Quelles implications pour les chercheurs et leurs façons d’agir et comment faire pour qu’ils considèrent cette implication du citoyen comme un enrichissement de leurs travaux et non pas comme une gène ?

Pour participer aux réponses à ces questions, la Fondation de France démarre ses réflexions et ses premiers soutiens dans le cadre de son programme environnement. A titre expérimental, elle apporte son aide à des expériences de sciences participatives si elle sait qu’en son sein le citoyen aura une place importante. Elle cherche à ce que les sciences participatives soient le plus citoyennes possible.
C’est le rôle de DialTer dans le programme BioLit de Planète Mer, et ceci passe d’abord par de l’interconnaissance et l’émergence d’une culture science citoyenne commune.

Vous pouvez continuer la réflexion sur le forum « sciences participatives » : www.jagispourlanature.org/forum

DialTer est une SCOP sur le dialogue territorial. DialTer n’est pas une instance scientifique pour la gestion de l’environnement et de la biodiversité, mais un organisme professionnel pour le dialogue pour la gestion des territoires. Entre autres, DialTer (Geyser) accompagne la Fondation de France dans ses programmes Environnement GENE qui donnent une place primordiale à la concertation entre groupes d’acteurs.
DialTer est en lien avec BioLit de Planète Mer par l’intermédiaire de la Fondation de France. La Fondation de France soutient Planète Mer et son programme BioLit, non pas pour que le citoyen participe à la recherche scientifique, mais pour que le citoyen s’implique dans la recherche scientifique.

3 commentaires

  1. il faudra bien qu’un sociologue participe à l’équipe pour que son implication détermine la différence entre l’implication et la participation des citoyens : ne peut on pas retourner la question vers les scientifiques et se demander en quoi ils s’impliquent plus qu’ils ne participent à la recherche scientifique !!

  2. Le citoyen est impliqué par les impôts et donc le salaire du scientifique. Le citoyen est le vrai patron du scientifique. Le citoyen n’a pourtant que très peu de pouvoirs sur la direction des recherches du scientifique.

    Maintenant, si je comprends bien, le citoyen paie et devrait bosser en plus… c’est ce que vous appelez implication en oubliant l’impôt (contribution) initial obligatoire?

    1. «Maintenant, si je comprends bien, le citoyen paie et devrait bosser en plus… c’est ce que vous appelez implication en oubliant l’impôt (contribution) initial obligatoire ?» C’est drole!
      Qui disait qu’il fallait travailler plus pour gagner plus ? Le citoyen travaillera sur un sujet passionnant seulement si il en a la curiosité et gagnera en savoir et en ouverture d’esprit… Parler d’impôt ici c’est comme parler du CAC40 avec une moine tibétain!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *