Les plantes entendent-elles ?

La notion de communication dans le monde végétal a longtemps été tenue pour marginale (voire inexistante) quand elle n’a pas été raillée. Depuis quelques décennies, cette vision des choses a évolué et les chercheurs ont pu constater que la communication chez les plantes pouvait prendre plusieurs formes et se faire sous terre, par le biais des racines, comme dans les parties aériennes, les plantes disposant par exemple de récepteurs pour les composés organiques volatils émis par d’autres plantes. Elles sont ainsi capables de repérer leurs apparentés, ce qui leur évite de les prendre pour des concurrentes et de dépenser inutilement des ressources à lutter contre elles. Plusieurs études ont aussi montré qu’en cas d’attaque par des herbivores, certains végétaux envoient des signaux chimiques qui, une fois captés par leurs voisins, les aident à mettre en place des stratégies de défense, ce qui n’est pas sans rappeler le film Phénomènes de M. Night Shyamalan. On sait également que les récepteurs de lumière des plantes sont assez perfectionnés pour qu’elles reconnaissent les longueurs d’ondes renvoyées par les plantes qui les côtoient, ce qui leur donne des informations sur leur environnement et la présence d’éventuels concurrents. Point n’est besoin d’avoir des yeux pour voir…

Dans une nouvelle étude publiée le 22 mai par PLoS ONE, une équipe italo-australienne a voulu explorer tous les modes de communication possibles entre deux plantes, le piment et le fenouil. Ce dernier a en effet la propriété d’émettre de puissants signaux chimiques par ses racines et ses parties aériennes, qui inhibent la croissance de certains de ses voisins (comme les tomates et les piments) quand ils ne les tuent pas. Les chercheurs ont employé un dispositif expérimental simple mais ingénieux pour tester leurs hypothèses (voir schéma ci-dessous).
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– Lire la suite de l’article de Pierre Barthélémy du 13 juin 2012 sur le blog Passeurdesciences.blog.lemonde.fr

– Accéder à l’étude Out of Sight but Not out of Mind: Alternative Means of Communication in Plants, Monica Gagliano, Michael Renton, Nili Duvdevani1,Matthew Timmins, Stefano Mancuso sur PLoS ONE

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Photo d’illustration : Capsicum annuum Piment de cayenne, Jardin Henri Gaussen (Toulouse) France. Muséum de Toulouse licence CC by (sa)

2 commentaires

  1. L’univers ne peut pas faire de mécanismes qui vont à l’encontre de ses propres mécanismes (règles ou lois), ce qui implique que le libre arbitre ne peut exister. Et sans libre arbitre la notion de communication entre individus, animaux ou plantes, devient moins mystérieuse. Tout est remis au même niveau… des mécanismes de l’univers.

    1. Le libre arbitre est une notion philosophique bien humaine, qu’il n’est nul besoin de vouloir aplatir pour que la communauté du vivant puisse communiquer. En d’autres termes, il est possible de continuer à imaginer que cette communauté s’est inscrite dans l’univers entre hasard et nécessité pour citer Monod (le prix nobel de médecine). L’une des questions qui en découle est plutôt : qu’est-ce qui motive la communication aujoud’hui ? L’étude de la construction des communications autour des {choix} propres des êtres vivants, reste à mettre en place. Un certain nombre de recherches font d’ailleurs des découvertes passionantes à ce sujet. Il est vrai aujourd’hui davantage dans le domaine des hétérotrophes animaux (Voir la suite des travaux, suite à {Kaluchua} et Kinji Imanishi). Philosophiquement, nous aurons progressé quand nous pourrons sortir du design intellingent d’une part et d’un fonctionnalisme évolutif de l’autre.

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