Découverte de plantes « Hibernatus »

Le réchauffement climatique peut faire le bonheur des chercheurs. C'est du moins ce qu'a dû se dire une équipe de biologistes canadiens emmenée par Catherine La Farge (université de l'Alberta) aux abords du glacier Teardrop, lequel se situe sur l'île d'Ellesmere, dans l'Arctique, non loin du Groenland et à quelques centaines de kilomètres du pôle Nord.

Le réchauffement climatique peut faire le bonheur des chercheurs. C’est du moins ce qu’a dû se dire une équipe de biologistes canadiens emmenée par Catherine La Farge (université de l’Alberta) aux abords du glacier Teardrop, lequel se situe sur l’île d’Ellesmere, dans l’Arctique, non loin du Groenland et à quelques centaines de kilomètres du pôle Nord. Comme la plupart de ses congénères de la région, le glacier Teardrop bat en retraite depuis plusieurs décennies en raison du réchauffement climatique qui se fait particulièrement sentir dans l’Arctique. Son recul est même en phase d’accélération : de 1,6 mètre par an dans les années 1960, il est passé à 3,2 m/an aux alentours de 2004 et à 4,1 m/an depuis 2007. Telle une immense limace blanche, la langue de glace se retire. Son maximum datait du Petit Age glaciaire, période froide qui a duré de la fin du Moyen-Age jusqu’au milieu du XIXe siècle. Depuis, le glacier a reculé de 200 mètres et l’espace libéré devient le terrain de jeu des scientifiques qui s’interrogent sur la manière dont la végétation va le recoloniser.

On se dit a priori que la vie végétale va reconquérir le territoire grâce aux graines que le hasard y sèmera et c’est ce que pensaient Catherine La Farge et ses collègues. Mais, en se promenant le long du glacier, ils ont aussi remarqué qu’en fondant, la masse de glace avait rendu à l’air libre des plantes qu’elle avait recouvertes durant des siècles. A vrai dire, ces restes avaient toutes les apparences de cadavres végétaux, complètement noircis, asséchés, racornis. Selon l’étude que ces chercheurs viennent de publier, mardi 28 mai, dans les Proceedings de l’Académie des sciences américaine, il est couramment admis dans le monde de la botanique que ces plantes exhumées sont mortes. Cependant, comme l’a raconté à la BBC Catherine La Farge, certains de ces spécimens à l’air calciné « semblaient avoir une touche verdâtre« .

« Quand nous avons regardé [ces mousses] de près et que nous les avons rapportées au labo, poursuit la chercheuse canadienne, j’ai pu voir que, sur certaines, il y avait de nouvelles branches latérales en train de pousser. Je me suis dit que ces petits gars étaient en train de se régénérer sur le terrain et ça m’a clouée sur place. » Quelque chose qui n’était pas censé arriver se produisait.

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En savoir plus :
– Lire la suite de l’article de Pierre Barthélémy du 29 mai 2013 sur le blog Passeurdesciences.blog.lemonde.fr
– Accéder au résumé de l’étude Regeneration of Little Ice Age bryophytes emerging from a polar glacier with implications of totipotency in extreme environments, Catherine La Farge, Krista H. Williams and John H. England, PNAS May 28 2013, doi: 10.1073/pnas.1304199110

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Photo d’illustration : In vitro culture of Aulacomnium turgidum regenerated from emergent Little Ice Age population beneath the Tear Drop Glacier, Sverdrup Pass, Ellesmere Island, Nunavut. CREDIT : Catherine La Farge

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