Quelques spécimens d’intérêt scientifique et patrimonial en provenance des Antilles Françaises conservés à l’herbier de Montpellier

L'équipe de Tela Botanica vient de mettre en ligne la version [eFlore pour les Antilles françaises->https://www.tela-botanica.org/actu/article5814.html], fournissant la même interface que pour eFlore France métropolitaine.

L’équipe de Tela Botanica vient de mettre en ligne la version eFlore pour les Antilles françaises, fournissant la même interface que pour eFlore France métropolitaine.
Dans le cadre du lancement de ce nouveau référentiel taxonomique des Antilles Tela Botanica vous propose de découvrir quelques spécimens types des Antilles Françaises de l’herbier MPU (Herbier de l’Université Montpellier II) numérisés dans la cadre du Programme Global Plants Initiative. Les types sont les parts d’herbier ayant servi de base pour la publication d’un nom nouveau, par exemple celui d’une espèce considérée comme nouvelle ou d’un nouveau taxon infraspécifique.

A l’heure actuelle une 50aine de spécimens types des Antilles Françaises conservés à l’herbier Universitaire de Montpellier (MPU) sont référencés sur le site de JSTOR, la base de données internationale qui mutualise le travail de toutes les institutions partenaires du programme GPI.

Datant essentiellement du 19ème siècle, les spécimens types de Guadeloupe rencontrés à MPU sont essentiellement des Ptéridophytes collectés par Félix Louis l’HERMINIER.
Quelques exemples de ces nouvelles espèces décrites par le botaniste Antoine Laurent Apollinaire FÉE :
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Pour la petite histoire, relativement peu connu, Félix Louis l’HERMINIER (1779-1833), pharmacien et naturaliste français, a suivi des études de Chimie et d’Histoire Naturelle à Paris avant de partir pour la Guadeloupe en 1798. De 1815 à 1816, sous la Restauration, étant proscrit de Guadeloupe il s’est exilé sur l’île Saint-Barthélémy, alors possession du roi Gustave III de Suède.
Puis, de 1816 à 1819, il s’installe à Charleston en Caroline du Sud où il devient le premier conservateur du muséum d’histoire naturelle de la ville. Il retourne ensuite en Guadeloupe où il continue d’étudier la faune et la flore de l’île et rentre définitivement en France en 1829.
[[Aurousseau-Guiraudet Hélène. Un grand Français : Félix-Louis L’Herminier. Pharmacien et Naturaliste du Roi (1779-1833) . In: Revue d’histoire de la pharmacie, 25e année, N. 97, 1937. pp. 40-49. doi: 10.3406/pharm.1937.11074]]

On peut retrouver également, un spécimen provenant de l’herbier PLANCHON collecté en Guadeloupe par Louis Claude RICHARD (1754-1821), botaniste Français qui a passé huit ans en Guyane (1781-1789). Il fut directeur du Jardin Botanique de Cayenne où il a cultivé notamment certaines espèces qu’il rapporta de ses explorations au Brésil et dans les îles des Antilles. Il reviendra en France en 1789 avec une immense collection, dont un herbier riche de 4000 plantes.

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L’herbier MPU possède également un spécimen type collecté par le botaniste Italien, Carlo Luigi
Giuseppe BERTERO (1789-1831), le Cestrum depauperatum Dunal. Après avoir parcouru le
Piémont et les contrées voisines, BERTERO partit pour l’Amérique où il visita les Antilles et la
Terre Ferme pendant 5 ans (1816-1821), ce voyage lui fournira une abondante moisson des
nouveautés botaniques qu’il distribuera de retour en Europe à ses collègues botanistes. En 1827, il
repart en Amérique et se rend au Chili d’où il ne cessera d’envoyer des spécimens aux botanistes
européens. Dans les années 1830, il décide de se rendre sur l’île d’Otaïti (Tahiti) où il récolta dans
ces contrées éloignées une grande quantité d’espèces nouvelles, mais il péri malheureusement dans
le naufrage du navire qui le ramenait au Chili.

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Ci-dessous un autre exemple, un spécimen de Miconia vulcanica Naudin collecté par Nicholas FUNCK, naturaliste Luxembourgeois, à la Soufrière en Guadeloupe le 12 janvier 1845. Nicholas FUNCK participa, en tant que dessinateur, à un voyage d’exploration scientifique au Brésil, au Mexique (1837-1840), au Venezuela et en Colombie (1841-1846) pour le compte du gouvernement belge et sous la direction de son ami luxembourgeois Jean Jules LINDEN avant de retourner au Luxembourg où il fut nommé professeur d’histoire naturelle et de géographie à l’Athénée.

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Enfin, un spécimen typiquement originaire des Antilles, récolté par Ludwig HAHN en avril 1870 en Martinique, l’Agave caribaeicola Trel. Ludwig HAHN est arrivé en Martinique en 1863, envoyé par le Museum de Paris en tant que jardinier en chef, en support au directeur du jardin botanique de Saint-Pierre de l’époque, Charles-Paulus BELANGER (1805-1881).[[Françoise Thésée. Le Jardin botanique de Saint-Pierre – Martinique, 1803-1902. Edité par Editions caribeennes, 2004 ISBN 10: 2876790688 / ISBN 13: 9782876790681]]

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Tous ces spécimens de Guadeloupe et de Martinique peuvent être retrouvés librement en haute résolution via le site des collections de MPU ou en basse résolution sur le site de Jstor.

A savoir aussi que l’essentiel des spécimens types des Antilles Française se concentrent en particulier dans les grands herbiers tels que le Museum d’Histoire Naturelle de Paris (P), the Natural Histoy Museum (BM) et The William and Lynda Steere Herbarium of The New York Botanical Garden (NYBG).

Céline PIRAT
Tela Botanica

Vous aussi, si vous souhaitez proposer un article sur l’histoire d’une plante rendez-vous sur le site de Tela Botanica : https://www.tela-botanica.org/actu/ecrire/

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