Le Platane et le Chancre Coloré

Le platane, arbre majestueux de nos villes et de nos campagnes, hybride lointain entre orient et occident, est atteint d'une maladie incurable : le chancre coloré. Un chercheur courageux de l'INRA a trouvé une parade à cette maladie dont bien peu se soucient malgré les dommages irréparables qu'elle cause à nos paysages.

Le platane, arbre majestueux de nos villes et de nos campagnes, hybride lointain entre orient et occident, est atteint d’une maladie incurable : le chancre coloré. Un chercheur courageux de l’INRA a trouvé une parade à cette maladie dont bien peu se soucient malgré les dommages irréparables qu’elle cause à nos paysages.

Les ancêtres du platane actuel vivaient, à la fin de l’ère secondaire, sur le continent antique du Gondwana. On en trouve de nombreux restes fossiles au Groenland et au nord du continent américain, restes de ce vieux continent. Ils furent extrêmement abondants au cours du Tertiaire et ne se sont répandus en Europe qu’à la fin du Miocène, il y a 10 millions d’années. Disparus du fait des glaciations au début du quaternaire, ils ne se trouvent alors plus qu’en Asie mineure. C’est pourquoi, ce sont les Grecs puis les Romains qui nous en ont parlé les premiers. Durant cette longue période, le platane nord-américain, largement dispersé, a préservé sa diversité.

Toutes les « formes », ainsi que leurs hybrides, étant interfécondes, la classification du Platanus est difficile. Linné, qui créa le genre, a distingué quelques espèces d’après la forme des feuilles et des fruits. Il reste aujourd’hui 6 à 7 espèces de platanes répandues dans la zone tempérée de l’hémisphère nord. Un groupe de 3 espèces se trouve autour de l’Amérique centrale. P. occidentalis constitue la grande espèce de l’est américain. P. orientalis, avec 4 variétés, forme le groupe des orientales, de la Grèce à l’Afghanistan. Enfin, une espèce très particulière subsiste en Extrême-Orient.

1 – Les espèces présentes en France

P. occidentalis (« sycamore » aux USA) est maintenant introuvable en Europe : l’espèce a été décimée du fait de son extrême sensibilité à l’anthracnose, apparue au début du XIX° siècle. Peu de représentants de l’espèce-type P. orientalis sont présents en France, rareté sans doute liée à sa mauvaise adaptation à notre climat. Par contre, une multitude d’hybrides issus de croisements entre les deux espèces a pu persister avec plus ou moins de succès.
Le classement botanique de notre platane « commun » a fait l’objet de longues discussions scientifiques. Ce n’est qu’en 1997, grâce à la génétique moléculaire, que son origine hybride entre P. orientalis et P. occidentalis fut définitivement établie. On pense, maintenant, qu’au XVII° siècle, deux hybrides ont émergé des hybrides déjà existants : le type acerifolia et le type densicoma devenu pyramidalis. Le premier, le mieux représenté, a fait que notre platane a été étiqueté P. x acerifolia. Cette appellation d’un platane parfaitement décrit reprend l’avantage aujourd’hui.

Selon Tela Botanica, il n’existe qu’un seul hybride au rang d’espèce [P. occidentalis L. x P. orientalis L.] dont le nom retenu est Platanus x hispanica P. MILLER ex MUNCHH. en raison de l’antériorité du nom (1770) par rapport aux autres dénominations (acerifolius, densicoma, pyamidalis…). Par contre deux variétés peuvent être reconnues :
– var. hispanica – tronc restant lisse avec l’âge ; feuilles à lobes plus longs que larges ; infrutescences réunies par 2-3(5) ; akènes hémisphériques , synonyme de P. orientalis [var.] acerifolia AITON et P. acerifolia (AITON) WILLD, commun dans le sud.
– var. pyramidalis – tronc devenant boursouflé avec l’âge ; feuilles à lobes aussi longs que larges ; inflorescences par 1(2) ; akènes coniques, ayant comme synonyme P. densicoma DODE, plus fréquent dans le Nord.
Mais ceci resterait à confirmer par des études de terrain plus approfondies.

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2 – Arbre remarquable

Alors que la littérature et la mythologie de la Grèce antique lui font une large place, il faut attendre Rabelais pour voir glorifier la beauté du platane en France. Des sujets remarquables sont évoqués dans certains d’ouvrages du XVIII° siècle. Difficile de savoir précisément de quelle espèce il s’agissait car, à l’époque, des arbres furent importés de plusieurs pays d’Europe orientale comme d’Angleterre !

Des arbres de l’espèce-hybride P. x acerifolia, plantés en 1750 dans le parc de Versailles sont toujours visibles aujourd’hui. Il existe quelques individus, comme à Pau, de plus de 50 m de haut ! En Asie mineure et en Perse, l’oriental a été très tôt adopté comme « acteur environnemental ». Aujourd’hui, notre platane est apprécié, en alignement, de part ses qualités d’ornement, d’ombrage, de réducteur de poussières et de pollutions chimique et sonique. Il a été aussi utilisé comme soutien de berges de rivières ou de canaux.

3 – Les problèmes sanitaires du platane

Certaines affections sont liées au milieu physique : la chlorose calcaire, celles dues à l’excès de sel (salage l’hiver dans les villes) et aux fuites de gaz, celles, enfin, liées au tassement intempestif du sol et aux mutilations du système racinaire par les engins de travaux publics.
Un insecte, le « tigre du platane », petit hémiptère de la famille des Tingidae venu des USA via l’Italie, se nourrit en piquant la surface inférieure du limbe. Il occasionne autant de désagréments que de dégâts (forte altération du feuillage).

Parmi les champignons microscopiques parasites de l’espèce, on compte l’agent de l’anthracnose, celui de l’oïdium, ceux des pourritures de bois et surtout celui du chancre coloré. La première maladie provoque des symptômes caractéristiques : des taches anguleuses brun foncé le long des nervures. L’oïdium, survenu dans le Midi en 1975, pose maintenant un réel problème. Accentué par la chaleur et le stress hydrique, il est responsable de taches farineuses et de rabougrissements de jeunes pousses. Dans ces deux cas, un traitement fongicide polluant, difficile et coûteux, n’est guère envisageable dans les villes ! Nous verrons que de bons niveaux de résistance à ces deux maladies ont été trouvés lors de la sélection d’arbres résistants au chancre.

Les maladies de la charpente liées à des attaques de champignons lignivores sont bien plus délétères. Elles sont devenues fréquentes car consécutives aux changements dans les modes de conduite des arbres. La généralisation de la tronçonneuse utilisée pour des coupes souvent drastiques est responsable de plaies considérables. L’infection de celles-ci par différents basidiomycètes occasionne alors des pourritures évoluant en profondeur et le dépérissement des branches. Le badigeonnage des plaies de taille par un produit adapté (le « Lac Balsam » est le meilleur à ce jour) favorisant la cicatrisation est très loin d’être généralisé. Mais la maladie la plus dramatique pour ces arbres magnifiques est certainement le Chancre Coloré.

4 – Le Chancre coloré

Le champignon microscopique responsable, Ceratocystis platani, est spécifique du platane. Il fut introduit à Marseille et en Italie, en 1944, avec les caisses en bois de platane emballant du matériel de guerre en provenance des USA. En France, la maladie fut longtemps restreinte… au parc Borely : c’est avec les outils de taille et les engins de terrassement qu’elle fut propagée dans le Sud-Est, d’abord. Elle s’étend aujourd’hui jusque dans l’Ain et la Savoie ainsi que dans une grande partie du Sud-Ouest. On estime aujourd’hui à plus de 50 000 le nombre de platanes éliminés (plus de 100 000 en Italie, chiffre de 2005 !).

4.1 – Les symptômes

Des traînées violacées, quelquefois bordées d’orange, s’étendent longitudinalement sur l’écorce du tronc de façon très caractéristique. Celle-ci se craquelle en puzzle tandis que les feuilles jaunissent puis tombent au-dessus de la partie malade. La zone nécrosée s’étend à tout le tronc, l’arbre perd l’ensemble de ses feuilles et sèche. Le parasite est localisé dans les vaisseaux ligneux et les rayons libéro-ligneux, donc hors d’atteinte de tout fongicide même systémique. Sa progression rapide, l’obstruction des vaisseaux, la sécrétion de toxines lui permettent de tuer le plus bel arbre en 4 à 5 ans.

4.2 – Modes de dissémination

Le champignon possède plusieurs types de spores dont l’une, très résistante, peut survivre plusieurs années dans les branches ou les racines d’arbres abattus. Une dissémination naturelle se fait par soudure de racines de sujet malade à sujet sain. Les eaux bordées de platanes malades sont également vectrices du champignon contenu dans des débris végétaux : il pénètre alors par les blessures des racines. Mais, c’est l’action de l’homme qui contribue le plus efficacement à la création de nouveaux foyers et à la propagation. Tronçonneuses, épareuses, engins de terrassement ont été et sont les principaux outils de l’extension de la maladie.

4.3 – Échec, à long terme, des mesures prophylactiques

Les modes de dissémination ayant été établis, il était a priori possible d’en déduire des mesures de prévention. La désinfection des outils d’élagage s’impose mais est encore aujourd’hui bien peu pratiquée. Celle des engins de travaux publics – qui se déplacent au gré des appels d’offres… est plus délicate et donc rarement effectuée. Enfin, il est impossible de prévenir le transport par l’eau.
Reste l’éradication impérative des arbres atteints et des sujets qui l’entourent puisque sans doute, contaminés par anastomose des racines. Cet abattage doit être réalisé avec des précautions draconiennes : dévitalisation pour bloquer le champignon qui ne peut survivre dans des tissus morts, enlèvement et transport des bois infectés réalisés avec précaution avant leur incinération.
Malgré des campagnes de sensibilisation auprès des responsables des espaces verts, ces mesures sont très rarement effectuées dans les règles par les entreprises ! La multiplicité des modes de dissémination et, singulièrement, celle par l’eau des « Sorgues » et autres canaux laissait présager une prophylaxie difficile. La recherche d’un platane résistant s’est imposée.

4.4 – Obtention d’un platane hybride résistant

Les analyses de génétique moléculaire ont montré que tous les platanes de nos villes sont issus que de quelques croisements entre P. occidentalis de l’Est des USA et P. orientalis d’Asie mineure. La maladie étant originaire de l’Est américain, la coexistence du C. platani avec P. occidentalis de grande diversité génétique pouvait laisser espérer, chez cette espèce, des sources de résistance. Pourtant son utilisation en Europe était impossible du fait de sa grande sensibilité à l’anthracnose. Un chercheur américain, le Dr Mc Cracken a mis à la disposition d’André Vigouroux (INRA Montpellier), en 1989, quelques boutures provenant de rares individus dont il avait mis en évidence le comportement intéressant. Pour récupérer leur résistance, A. Vigouroux a réalisé des croisements avec P. orientalis – pour recréer notre platane commun – et trié dans les nombreux hybrides obtenus, après inoculation avec le champignon. Parmi deux milliers d’hybrides, à peine 10 % des plants ont survécu à une première inoculation, 18 à la seconde un an plus tard. Deux types de résistance ont été distinguées suite à l’inoculation de rejets ou de racines. In fine, 3 hybrides ont été retenus, mais, seul, un arbre présentait, aux deux niveaux, un haut degré de résistance associé à une grande capacité à inactiver le parasite. Les observations effectuées au cours de ce long processus de sélection, ont, de plus, montré un très bon comportement de cet individu vis-à-vis de l’anthracnose.

À l’issue d’un travail de plus de 15 ans, du matériel résistant a été multiplié, par voie végétative, et diffusé via une filiale de l’INRA et un pépiniériste de Montfavet (84) à partir de 2006. Les risques de contournement de la résistance – même de nature polygénique – par le champignon étant réels, Vigouroux (retraité depuis 2002…) a continué le travail de sélection à partir d’autres plants fournis par Mc Cracken, spéculant obtenir outre la résistance au chancre, des comportements intéressants vis-à-vis de l’oïdium.

5 – Ou en est-on aujourd’hui ?

À partir du foyer de Marseille (les premiers arbres atteints ont été identifiés en 1974), la maladie a progressé très vite dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse puis le Gard. À l’heure actuelle, le non-respect des méthodes prophylactiques disponibles accélérerait l’arrêt de mort pour les platanes existants. Un exemple est particulièrement dramatique : celui des platanes bordant le Canal du Midi. À ce jour, environ 300 foyers ont été trouvés sur le canal et d’autres dans les départements limitrophes. Il est évident que les arbres de ce site splendide sont condamnés à l’échelle de 15 à 20 ans. On estime à 400 000 le nombre d’arbres menacés en PACA, 80 000 en Midi-Pyrénées.
À ce jour, le clone « Platanor » a été planté à… 5 000 exemplaires !

Source des informations

Ce texte est issu de mes échanges avec A. Vigouroux et des écrits suivants : « Le Platane » par Alain Pontoppidan (Actes Sud, 1996), « Le Platane : portrait, botanique, maladies » par A, Vigouroux (Edisud, 2007) ainsi que, du même auteur, deux publications dans PHM « Le chancre coloré du platane en 1994 » et « Premières obtentions de platane hybride résistants au chancre coloré » (2004)

« Ça va mieux en le disant… » : Quand A. Vigouroux a décidé de travailler sur le platane, alors que les thématiques de sa Station de Pathologie étaient dévolues aux maladies des cultures maraîchères et fruitières, il a été bien seul et souvent critiqué. La pathologie forestière ne s’intéressait pas aux arbres d’ornement. Peu de moyens ont été mis au service de son programme. Compte tenu des modes de financement actuels de la recherche publique, de l’impérieuse nécessité de publier à forte cadence dans des revues prestigieuses pour assurer sa carrière, serait-il possible aujourd’hui de conduire un tel travail d’intérêt général ? Qu’il me soit permis d’en douter.

Hervé LOT
Septembre 2013

Autres articles de Hervé LOT, ex-chercheur à l’INRA Montfavet, publiés dans les actus de Tela :
OGM : le retour de bâton… ?
Les arbres menacés d’embolie !
L’Edition Scientifique privée : la main basse sur la science publique

6 commentaires

  1. merci pour cet article
    j’ai effectivement été plusieurs fois choquée de voir à quel point les mesures prophylactiques ne sont pas respectées
    j’adresse un immense merci à monsieur Vigouroux pour avoir mené ces recherches qui permettront sans doute à nos enfants de profiter encore de ce magnifique arbre qui nous donne si généreusement son ombre. Ici à gemenos nous avons encore de magnifiques spécimens qui ont l’air d’aller bien dans la forêt de st pons.

  2. Bonjour,

    il y aurait beaucoup à dire sur cet article.

    Il est complétement utopique de croire que l’on pourra stopper la progression d’un tel pathogène et ce quelles que soient les méthodes prophylactiques employées. Ce serait mal connaître la biologie de ce type de champignon. De fait il est quasiment certain que des tissus ou spores issues de ce champignon sont déja présentes tout le long du Canal du Midi et du Canal latéral.

    Il faut admettre que les platanes ne sont pas des objets et qu’en tant qu’être vivant ils vivent aussi une phase de sénescence qui les rend plus sensible aux maladies. Il serait plus judicieux dans tous les cas lors de reboisements du Canal de planter la plus grande diversité possible d’essences et sur une période de plusieurs dizaines d’années pour arriver à un mode de fonctionnement plus proche de celui d’une ripisylve naturelle que de planter du « platanor ».

    « Platanor » a été selectionné pour être résistant à ce pathogène soit, mais est ce que les études de résistance ont été faites avec d’autres pathogènes ? Et pourquoi le Chancre coloré ne serait-il pas capable de s’adapter à ce croisement artificiel ? Ce serait mal connaître le cycle de vie des pathogènes que de croire le contraire. Donc en fait les 5000 « platanors » déja plantés seront aussi un superbe terrain pour ce nouveau pathogène qui pourra ainsi se répandre aussi rapidemment qu’actuellement.

    Rappelons qu’à l’heure où nous parlons partout de lutte contre les espèces invasives (voir cette même lettre d’information de Tela…), le Platane et encore moins le « platanor » ne fait pas partie de notre flore d’Europe Occidentale…Le Platane en dehors de son aspect élégant est sans doute le moins riche des arbres en terme de biodiversité accueillie et d’espèces commensales qui le fréquentent.

    Enfin pour fréquenter régulièrement le Canal du Midi j’ai déja vu des « platanors » plantés et déja morts (entre autre dans l’Aude à Trèbes), est ce que les causes de cette mortalité ont été analysées ?

    etc… le sujet ne se limite malheureusement pas à l’écologie du Canal mais a des retombées politiques et économiques qui biaisent largement le discours raisonnable qu’il faudrait avoir dans le cas de cet alignement de platanes.

    Boris Presseq

    1. Sans vouloir philosopher sur l’utopie, je voudrais dire à Boris Presseq que bannir les méthodes prophylactiques élémentaires – et pratiquées, intelligemment, au temps des « Jardins des Simples » qui lui sont chers -, est stupide, sinon criminel. La situation des arbres situés le long des cours d’eau, comme ceux bordant le Canal du Midi, est singulière et, certes, assez…désepérée.

      Mais, il était nécessaire de montrer comment le laisser-aller coupable (voire volontaire, je pèse mes mots) a généré ces foyers multiples. Quant à la soi-disant sénescence des arbres concernés qui les aurait, de facto, condamné puisque « sensibilisé », je préfère laisser à A. Vigouroux le soin de répondre, mais pour moi, c’est irrecevable. Enfin, ne pas alerter, sans relâche, pour qu’on cesse, dans nos régions, de les massacrer, par des tailles sauvages et…non protégées reviendrait à moquer le port du préservatif sous prétexte que Homo sapiens est sensible à un rétrovirus !
      Par ailleurs, insinuer que le Platane serait une espèce allochtone (d’origine étrangère) me laisse pantois de la part d’un éminent botaniste… Souhaitez-vous la disparition programmée des espèces importées en Europe Occidentale depuis que les botanistes, après quarantaine, les ont acclimaté ?
      Vous allez réviser votre régime alimentaire !

      Ok, « en terme de biodiversité », le genre Platanus est étroit. J’ai montré qu’en allant chercher dans les régions où P. occidentalis avait été confronté au Ceratocystis fimbriata (agent du chancre coloré), il avait été possible au chercheur d’ « introgresser » une bonne résistance au champignon. Certes, sur une espèce ligneuse, c’est plus long à conduire (surtout, quand tout le monde s’en moque) que la même démarche chez Arabidopsis thaliana, mais « Platanor » est résistant au chancre et, de bons niveaux de résistance à l’oidïum seront cumulés.

      Votre doute sur l’intérêt de tenter de préserver cette « pauvre » espèce et de sélectionner des sujets résistants va jusqu’à ironiser sur les « Platanors » morts…sous vos yeux. Non, la sélection ne conduit pas systématiquement, comme vous le laisser accroître, à des cultivars plus sensibles aux autres parasites ou prédateurs. Sachez, que, dans le Sud-Est, il est des alignements de jeunes « Platanors » qui se meurent de ne pas être arrosés après plantation !
      Vous parlez de « retombées politiques et économiques », dont acte, mais il serait bon que les responsables des Espaces Verts et quelques autres tiennent compte que de jeunes arbres… ont besoin d’eau pour s’implanter.

    2. Je souhaite apporter quelques précisions face aux critiques de Boris Presseq.

      1) Utopie d’essayer de s’opposer à l’extension de cette maladie par la prophylaxie? D’abord, il ne faut pas généraliser la situation du canal du Midi, effectivement désespérée; cela pour des raisons spécifiques: transport du parasite par l’eau et les bateaux, nombreuses infections des racines de platanes (sous l’eau) blessées par ces mêmes bateaux. Plus largement, il ne faut pas être aussi expéditif.Des mesures énergiques se sont montrées plusieurs fois efficaces pour éradiquer localement la maladie (Côte d’Azur, Suisse…), et, Apartout, de telles mesures ralentissent, plus ou moins fortement, son extenson selon le soin apporté. Le temps gagné pour conserver et profiter de beaux platanes n’est-il pas appréciable?

      2) La remarque sur la senéscence des platanes du Canal et ses conséquences est doublement révélatrice de votre méconnaissance du sujet. Un arbre dont les parents peuvent vivre largement plus de 500 ans n’est pas affaibli par la sénéscence à 100 ans! Et même si c’était le cas, cela ne le rendrait pas plus sensible à cette maladie qui, en l’occurence et comme plusieurs autres, est favorisée par la vigueur de son hôte.

      3° Concernant la nécessité de la diversité, il y a 100 ans, on ne se préoccupait pas beaucoup de cette notion; d’où la situation actuelle. Mais les choses ont un peu changé et, renseignez-vous, le projet actuel de replantation des berges du canal est justement basé sur ce principe. Et, dans cet esptit, Platanor ne devrait constituer qu’une partie des nouvelles plantations.

      4) Ce Platanor n’est-il pas exposé à d’autres maladies? Inconnues, peut-être mais il est aussi résistant à l’anthracnose, et ses successeurs, en cours de sélection, seront tolérants à l’oïdium. En outre, la résistance actuelle est polygénique c’est-à-dire difficile à contourner par un éventuel variant du Ceratocystis (tout cela a été publié, par exemple dans Forest Pathology 2004). Et veuillez croire que je connais les cycles de vie des parasites; c’est mon métier!

      5) Le platane et les risques d’un arbre introduit? Il y en a beaucoup d’autres. L’acclimatation des arbres (et autres) ne date pas d’hier (lire, par emple, les ouvrags d’Andrée Corvol). Voulez-vous nous priver du Cèdre, es Magnolia…sous prétexte qu(ils vont connaître un hypoyhétique problème?

      6) Des Platanor déja morts à Trèbes? Là encore renseignez-vous! Ces arbres ont tout simplement manqué d’eau après leur plantation. Cela peut paraître surprenant, mais j’ai découvert que ce genre de situation n’tait pas rare (mais je reconnais que comme vitrine…). La liste de belles plantations dans le SE, le SO, les régions lyonnaise, parisienne est disponible auprès des pépinières Rouy- Imbert.

      Quant aux aspects politiques je laisse à d’autres plus concernés, le soin de vous répondre.

      Je vous remercie de l’intérêt porté à mes « enfants » mais il vous faut améliorer votre documentation.

  3. Bonjour,
    Je suis Souhila, d’Algerie. Au jardin d’Essai du Hamma (Alger) il existe une tres belle allee de Platanes ( P. orientalis et P. occidentalis). Aujourd’hui, lors d’une visite de diagnostic, nous avons remarque que les orientalis souffrent beaucoup, ils seraient peut etre en deperissement. N’ayant pas d’experience sur cette espece d’arbre, j’aimerai vous consulter si possible. J’ai pris des photos et un ecoulement de seve que je compte analyser au labo.
    Mon contact: saouali@yahoo.fr

    Merci.

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