Les antioxydants des algues brunes dévoilent leurs secrets de fabrication

Les algues brunes marines possèdent des composés chimiques aromatiques (composés phénoliques) uniques dans le monde végétal, nommés phlorotannins. Du fait de leur rôle d'antioxydants naturels, ces composés suscitent beaucoup d'intérêt pour la prévention et le traitement du cancer, des maladies inflammatoires, cardiovasculaires et neurodégénératives.

Les algues brunes marines possèdent des composés chimiques aromatiques (composés phénoliques) uniques dans le monde végétal, nommés phlorotannins. Du fait de leur rôle d’antioxydants naturels, ces composés suscitent beaucoup d’intérêt pour la prévention et le traitement du cancer, des maladies inflammatoires, cardiovasculaires et neurodégénératives.
Des chercheurs du laboratoire Végétaux marins et biomolécules (CNRS/UPMC) à la Station biologique de Roscoff, en collaboration avec deux chercheurs du laboratoire des Sciences de l’environnement marin de Brest (CNRS/UBO/IFREMER/IRD) viennent de révéler l’étape clé de la fabrication de ces composés chez la petite algue brune modèle Ectocarpus siliculosus. L’étude dévoile aussi le mécanisme original d’une enzyme capable de synthétiser des composés phénoliques à finalité commerciale. Ces travaux ont fait l’objet d’un brevet et devraient faciliter la production des phlorotannins utilisés actuellement comme extraits naturels par les industries pharmaceutiques et cosmétiques. Ils sont publiés en ligne sur le site de la revue The Plant Cell.

L’extraction des phlorotannins des algues brunes actuellement utilisés dans l’industrie est complexe et jusqu’à maintenant les voies de biosynthèse de ces composés chimiques naturels restaient inconnues. En étudiant le premier génome décrypté d’une algue brune, l’équipe de Roscoff a identifié chez Ectocarpus siliculosus, plusieurs gènes homologues à ceux des plantes terrestres impliqués dans la biosynthèse des composés phénoliques (1). Parmi ceux-ci les chercheurs ont identifié au moins un gène directement impliqué dans la synthèse des phlorotannins chez les algues brunes. Les chercheurs ont ensuite réussi en introduisant ces gènes dans une bactérie à lui faire produire en grande quantité les enzymes à l’origine de ces composés phénoliques. Une de ces protéines, une polyketide synthase de type III (PKS III) a été étudiée et a permis de comprendre comment celle-ci assure la formation de ces produits phénoliques. Cette PKS III est capable par exemple de synthétiser du phloroglucinol (utilisé notamment dans la synthèse d’antispasmodique et d’explosifs) et d’autres composés phénoliques à finalité commerciale.

– Lire la suite de l’article sur le site du CNRS

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Photo d’illustration : Individu de l’algue marine brune Ectocarpus siliculosus trouvé comme épiphyte sur l’algue verte Ulva. 03 juillet 2003, Perharidy, Roscoff (Nord-Finistère, Bretagne)., 4/07/2003, Author Akirapeters via wikicommons

1 commentaire

  1. Phloroglucinol et le principe actif du Spason. Bien que de structure chimique très simple sa voie de synthèse chimique totale est complexe. C’est une des raisons pour laquelle il n’y a pas de spécialité générique correspondante, bien que cette spécialité soit dans le domaine publique, avec le fait, que bien que son activité pharmacologique soit parfaitement établie il s’agit d’un médicament franco-français, aujourd’hui dans le main d’un laboratoire nord-amricain, suite à la cession des laboratoires Lafon à Cephalon.

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