Quand l’agriculture diminue la forêt revient

Déprise agricole et reforestation naturelle dans un point chaud de biodiversité sur la Côte Sauvage, Afrique du Sud.

Déprise agricole et reforestation naturelle dans un point chaud de biodiversité sur la Côte Sauvage, Afrique du Sud.
La déprise agricole est un phénomène mondial avec de larges effets sociétaux, écologiques et économiques, sans réel consensus toutefois sur ses causes locales ou à plus haut niveau. Notamment, des opinions contestées ont été émises sur les causes et les conséquences de cette déprise sur la Côte Sauvage[[Province du Cap-Oriental (NdT)]] de l’Afrique du Sud, qui est un point chaud de biodiversité. Les auteurs ont utilisé le système d’information géographique (SIG), des enquêtes auprès des ménages et des prélèvements dans le milieu ; ils comparent les points de vues d’agriculteurs encore actifs ou ayant cessé leur activité sur ce qui a amené certains d’entre eux à abandonner l‘exploitation des terres ; ils suivent également l’utilisation des champs abandonnés à différentes périodes ainsi que la surface et la composition de la couverture de végétaux ligneux qui s’y est développée.
L’analyse par SIG montre que l’abandon des champs se déroule depuis plusieurs dizaines d’années, avec une surface cultivée chutant de 12,5% en 1961 à 2,7% en 2009. Dans le même temps, la surface couverte par la forêt et les zones boisées a presque doublée. Il y a eu un pic marqué dans les abandons de champs pendant la période de transition politique dans le pays au début des années 1990[[Période de transition qui voit notamment pendant l’année 1990 la libération de Nelson Mandela, la légalisation de son parti l’ANC (Congrès National Africain) et l’abolition des dernières lois pro-apartheid, et marquée par les premières élections multi-raciales en 1994 (NdT)]]. Ce changement politique a mené à une diminution des aides gouvernementales à l’élevage, entrainant une diminution de la disponibilité en traction animale au niveau familial et communautaire et donc une réduction des cultures.

L’étude montre que ce sont principalement les ménages les plus riches qui ont continué à pratiquer des cultures arables et que les ménages les plus pauvres ont abandonné l’agriculture. Les champs abandonnés montrent une nette tendance à s’enrichir en espèces ligneuses et à voir la biomasse correspondante augmenter au cours du temps après l’abandon de la culture, avec en moyenne trois espèces ligneuses supplémentaires tous les dix ans. La plupart des personnes interrogées déplorent l’extension et la densification des forêts et zones boisées par crainte que des animaux sauvages ne s’attaquent aux cultures ou même aux humains et à cause de la perte de l’identité agricole tant des modes de vie que du paysage.

– Voir l’article complet (en anglais) sur Plos One

Citation: Shackleton R, Shackleton C, Shackleton S, Gambiza J (2013) Deagrarianisation and Forest Revegetation in a Biodiversity Hotspot on the Wild Coast, South Africa. PLoS ONE 8(10): e76939. doi:10.1371/journal.pone.0076939

Traduction réalisée par Ph. Chatelet, dans le cadre du projet Traduction de Tela Botanica.

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Photo d’illustration : Farm art near Bapsfontein, South Africa, aerial view, 05/2009, par Simisa, licence cc-by-sa-3.0, via wikicommons.

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