Objectif Mitaraka : une expédition naturaliste en Guyane

Cette expédition en forêt tropicale à l'extrême sud de la Guyane a pour but de faire un inventaire de flore et de faune du massif du Mitaraka.

Cette expédition en forêt tropicale à l’extrême sud de la Guyane a pour but de faire un inventaire de flore et de faune du massif du Mitaraka.

Présentation de l’expédition
Reportage France TV info.

LeMonde.fr propose un dossier web consacré à cette expédition qui se déroulait du 27 février au 27 mars 2015.
Suivez sur plusieurs épisodes le déroulé de celle-ci !

Retour sur l’épisode 5 : « Chasseurs d’arbres »

Ils sillonnent la forêt, armés de mètres rubans, de calepins, d’une connaissance encyclopédique de la flore, et ponctuent leur avancée de coups de fusils. Bienvenue chez les botanistes chasseurs d’arbres rares.
Il est 8 heures du matin, l’équipe de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) se met en route. A sa tête, un grand nom de la botanique en Guyane : Daniel Sabatier, trente-cinq ans à arpenter la région les yeux tournés vers la canopée. L’entrechoquement du GPS et de la machette accrochés à sa ceinture rythme la marche. Dans ses pas, le botaniste Jean-François Molino et leur technicien Jean-Louis Smock. Les trois se connaissent suffisamment bien – une décennie à travailler ensemble – pour s’épargner des consignes inutiles. Le groupe avance vite et passe rapidement le petit pont de corde enjambant la rivière qui marque l’entrée du layon. Après une heure de marche, Daniel s’arrête pour consulter le GPS avant d’indiquer une direction vers la forêt dense qui borde le sentier. Trois machettes quittent de concert leurs fourreaux pour ouvrir un layon sommaire dans la végétation.

Après quelques dizaines de minutes passées à fendre le mur végétal, Daniel Sabatier annonce : « On fait ça ici ! » Pourquoi là, où la forêt semble pourtant identique aux zones traversées jusqu’ici ? « Nous travaillons sur six parcelles, réparties sur les quatre layons de manière à maximiser la biodiversité, dans des emplacements topographiques différents », explique-t-il. Aujourd’hui était donc visé un milieu de début de pente. Les sacs à peine posés, le botaniste vérifie le cap avec sa boussole et disparaît dans la végétation, déroulant derrière lui un long filin. Quelques kilomètres plus loin, un autre groupe de botanistes prend ses marques au beau milieu du layon. Les deux équipes ont choisi de travailler sur des parcelles différentes pour maximiser la surface étudiée. Plus bruyante mais tout aussi studieuse, la jeune équipe de cinq personnes déploie son matériel entre deux plaisanteries qui fusent. On sent tout le monde heureux d’avoir quitté la précédente parcelle positionnée dans un bas-fond – en d’autres termes, un marécage où la boue passe allègrement au-dessus des bottes. Le filin est ici remplacé par un mètre ruban de 200 mètres parcourant en ligne droite le plateau.

Régulièrement, un filin secondaire de 50 mètres s’éloigne perpendiculairement, une fois à gauche, une fois à droite, de la ligne principale. « Cela fait une zone de 200 par 100 mètres, soit deux hectares », souligne Christopher Baraloto, le meneur de cette petite troupe. « Nous essayons d’avoir un échantillon représentatif en termes de composition floristique et de biodiversité : si la parcelle est trop grande, le milieu n’est plus homogène et si elle est trop petite, on risque de sur représenter certaines espèces. » C’est ce botaniste américain, bandana vissé sur la tête, qui a imaginé ce protocole, pièce centrale du projet Diadema lancé en 2013 pour réunir botanistes, herpétologues ou encore entomologistes sur les mêmes parcelles d’études. « Nous essayons de coordonner des protocoles standardisés pour chaque discipline, afin que l’on puisse tous travailler ensemble. » L’idée derrière le projet est donc non plus de collecter des espèces, animales ou végétales, de façon isolée mais de comprendre comment celles-ci s’organisent entre elles.

– Lire la suite de l’article de Yann Chavance sur www.lemonde.fr/planete/

Mitaraka, bilan de la campagne scientifique :
Reportage Guyane 1ère

En savoir plus sur l’expédition :
– Lire le dossier « Objectif Mitaraka » sur www.lemonde.fr/planete/
– Suivre le blog de l’expédition : expemitaraka.blogspot.fr/
– Voir le site du programme La planète revisitée, dans lequel s’inscrit cette expédition : www.laplaneterevisitee.org
– Lire le journal de bord de la mission sur www.laplaneterevisitee.org

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Photo d’illustration : Le massif du Mitaraka, dans le sud-ouest de la Guyane, © MNHN-PNI / expédition Guyane /O.Pascal

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