Une arche de Noé des graines en Norvège

Le projet de centraliser sur l'île de Svalbard la conservation de toutes les semences mondiales prend forme sans faire l'unanimité.

Le projet de centraliser sur l’île de Svalbard la conservation de toutes les semences mondiales prend forme sans faire l’unanimité.
Du blé, du riz, du mil, de l’aubergine, du sorgho… Tout ce que l’on peut imaginer ou presque comme semences de cultures vivrières, se trouve aujourd’hui dans des banques de gènes, méthodiquement rangé. Dans les temps anciens, seules les fermes protégeaient précieusement les graines de la récolte, destinées éventuellement à être échangées avec celles des voisins et surtout, replantées l’année suivante. «La nécessité de conserver les ressources génétiques a pris toute son importance dans les années 1960 concomitamment à la révolution verte », raconte Jean-Louis Pham, responsable du projet Arcad de conservation des semences méditerranéennes à Montpellier. Depuis, des organismes nationaux ou internationaux ont vu le jour, collectant ces graines dans le monde entier.

Aujourd’hui, au sommet de la pyramide, se trouve la réserve mondiale du Svalbard, sur l’île norvégienne de Spitzberg. Une chambre forte créée en 2008 par la Norvège, long tunnel de plus de 120 mètres qui s’enfonce dans la montagne, où les trésors de la biodiversité alimentaire mondiale sont conservés grâce au froid qui ne quitte jamais ces terres, à un petit millier de kilomètres du pôle Nord. Plus de 860.000 échantillons sont désormais entreposés dans la réserve mondiale de Svalbard, et tout récemment, un convoi a été débarqué avec des graines provenant aussi bien des montagnes Rocheuses américaines que du Bénin. Une nouvelle livraison avec notamment 27 espèces de tournesol, 14 de tomates sauvages ainsi que des carottes sauvages ou encore des citrouilles provenant de tribus indiennes. «La conservation des semences diffère de celle des denrées consommables par la nécessité primordiale de conserver intacte la faculté germinative des grains », rappelle la FAO. En 2001 un traité international sur les ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture a été adopté sous l’égide de l’ONU, signé à ce jour par plus de 130 pays. Dans la foulée est né le GCDT (Global Crop Diversity Trust) pour financer la conservation de cette ressource. À sa tête la Norvégienne Marie Haga, qui se bat pour lever les 850 millions de dollars nécessaires à ce projet, à raison de 34 millions par an, tout en veillant sur son bébé: la réserve du Svalbard.

Pour Marie Haga, la pertinence du combat ne se discute pas. «L’agriculture aujourd’hui utilise très peu de variétés assure-t-elle, les États-Unis ont ainsi perdu 90 % de leurs ressources tout comme la Chine, qui a abandonné aujourd’hui 90 % de ce qu’elle cultivait dans les années 1950», cite celle qui fut plusieurs fois ministre dans son pays.

> Lire la suite de l’article de Marielle Court du 02/04/2015 sur lefigaro.fr

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Photo d’illustration : « Magdalenefjorden, Svalbard » par Ian Watson – Travail personnel. Sous licence CC BY 3.0 via Wikimedia Commons

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