Cypéracées de France métropolitaine – Essai d’une nomenclature française normalisée des genres, présenté sous forme de clé

Après les Amaryllidacées c'est au tour des Cypéracées d'avoir leur clé.

Après les Amaryllidacées c’est au tour des Cypéracées d’avoir leur clé.
Suite à la clé des Amaryllidacées présentées à la dernière lettre d’information pour relecture (jusqu’au 22 décembre), ce travail réalisé par David Mercier, avec la collaboration de Florent Beck, Jacques Bureau, Hervé Lot, Joël Mathez et Daniel Mathieu, est ici soumis pour relecture jusqu’au 29 décembre. Ce document s’inscrit dans la démarche de la production d’une liste de noms français normalisés (NFN) pour la flore vasculaire de la France métropolitaine, selon les objectifs et la méthode exposés par Mathieu et al. 2015. Ces NFN ont notamment pour vocation d’être uniques pour chaque taxon, le plus signifiant possible et le plus scientifiquement juste, stables dans le temps et faciles à manier (prononciation, orthographe). Souvent identiques aux noms vernaculaires couramment usités, ils peuvent toutefois en être différents pour des raisons exposées au cas par cas. En parallèle à ces NFN, chacun pourra bien sûr continuer à utiliser les noms vernaculaires (qui font la richesse de notre langue) selon ses habitudes et sa pratique, en veillant toutefois à conserver une équivalence avec les NFN ou avec les noms scientifiques. La nomenclature scientifique utilisée pour les genres est celle de Flora gallica (Tison et de Foucault 2014), et la clé en est grandement inspirée.

Cette clé est produite dans plusieurs buts :

– solliciter votre critique constructive ;

– aboutir à un travail collectif, un bien commun sous licence Creative commons, qui devienne une référence aussi bien auprès du grand public que des professionnels et des institutions ;

– vous donner l’envie de produire d’autres clés de ce type, selon cette même démarche de consensus collectif.

>> Télécharger ce document (PDF, 78 ko)

Si vous avez des remarques, ajouts ou corrections à apporter à ce travail, surtout, n’hésitez pas à laisser un message sous cet article, en indiquant votre nom si vous souhaitez figurer parmi la liste des relecteurs. J’animerai cette page jusqu’au 29 décembre. Ensuite, je rédigerai un document final, en tenant compte au mieux de ces compléments et corrections, et qui sera diffusé via cette même lettre d’information, dans la rubrique « nouvelles du réseau ». Ces documents sont également archivés dans la bibliothèque du projet Noms français normalisés

D’autres familles suivront prochainement : Aracées, Rosacées, Asparagacées, Hydrocharitacées, Iridacées, Liliacées, Poacées… Durant les prochains mois, une bonne partie de la flore de France sera ainsi travaillée.

Bibliographie :
– Mathieu D., Durécu M., Mercier D., Mathez J., Chauvet M., 2015. – Guide de nomenclature des noms normalisés en français pour les plantes Trachéophytes de France métropolitaine. Code NFN Version 2.4 – novembre 2014. J. Bot. Soc. Bot. France, 70 (1-5) : 57-61.
– Tison J.-M. et de Foucault B. (coords.), 2014. – Flora gallica. Flore de France. – Biotope, Mèze, xx + 1196p.

David Mercier

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Image d’illustration : Eriophorum angustifolium par Hugues TINGUY [CC BY-SA], via Tela Botanica, illustration Flora Data

5 commentaires

  1. M’intéressant à la morphologie comparée (telle quelle proposée depuis le 18è siècle par Michel Adanson, grand adversaire de Linné en France) et ayant de nombreux documents publiés ou en ligne sur les Cyperaceae, je ne vais pas m’étendre ici. Prenons la première ligne « Fleurs toutes unisexuées » : en 2015, oser se baser cela est simplement de moquer des lecteurs (car : 1)il faut vérifier chaque fleur d’un individu ; 2)être certain que des étamines ne sont pas tombées d’une fleur).
    botaniquement

    1. Bonjour Daniel,

      il faut lire la dichotomie en entier. L’alternative indiquant « fleurs toutes unisexuées », s’oppose à une autre indiquant « fleurs toutes hermaphrodites, sauf parfois les inférieures ». Il n’est donc pas nécessaire de regarder toutes les fleurs. Quant au fait que les étamines puisse être rapidement caduques, il reste heureusement toujours des indices de leur présence par des restes de filets protégés dans les écailles florales.
      En tout cas, contrairement à ce qu’indique tes travaux, depuis l’inclusion de Kobresia dans le genre Carex, le genre Carex n’est plus défini par le fait que les fruits sont entourés d’un utricule.

    2. Excuses pour la réponse tardive due à une absence de qq j. Je ne vais pas aborder ici le choix de la délimitation des genres que l’on choisit de suivre. D’abord il faut reconnaitre la famille. La nouvelle FG de la SBF est dominée par des erreurs (décadence ?) dénombrées sur mon fichier indiceFl.pdf (3 critères inexacts dans la clé et 4 inexacts dans la description). Paradoxalement, depuis 2-3 siècles, le savoir en morpho comparée pour familles et genres est vaste. Je m’en inspire pour mon article sur le sujet avec le tableau de détermination des genres dans ERICA (de 1998) n°10 p.56 : je n’y fait absolument pas appel à l’organisation des fleurs (donc aucunement aux utricules). Et dans iCyperac.pdf, j’ai 1 tableau à 8 descripteurs et l’autre à 13 : ils montrent également qu’on peut reconnaitre les genres simplement et de façon pédagogique.

      . Concernant les filets qui restent éventuellement après l’anthèse, la confusion possible/probable avec des aretes du périanthe de plusieurs genres rend ce critère également bien confus. Et il faudrait expliquer les fleurs inférieures de quoi.

    3. Flora gallica est un ouvrage pourvu d’erreurs, c’est indéniable. Mais il est voué à être amélioré et réédité, en tenant compte de remarques de ce type. Le tout est d’être dans une démarche constructive, et de proposer des améliorations.

      Dans ton fichier iCyperac, tu indiques que le genre Carex présente des utricules. Mais il est vrai que ce tableau ne concerne que les espèces du Massif armoricain, où l’ex-genre Kobresia est absent. Par contre, dans iCarex.pdf, tu conserves les sous-genres Vignea, Primocarex, Eucarex, alors que la phylogénie montre aujourd’hui que ces taxons sont polyphylétiques.

      Concernant les fleurs inférieures : ce sont les inférieures par rapport aux autres fleurs. Je n’avais pas l’impression que cela était une formulation ambiguë.

      Au stade fruit, les soies peuvent effectivement être confondues avec les filets. Je vais rajouter l’indication que chez Carex, les fleurs femelles sont non seulement dépourvues de filets d’étamines, mais également de soies.

      Et que penses-tu des noms français ?

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