Intégrer le programme « Sauvages de ma rue » à l’enseignement de la botanique à l’Université

Suite à l'adoption par l'agglomération grenobloise du programme « Sauvages dans ma Metro » déclinaison locale du programme national « Sauvages de ma rue », l'Université Grenoble Alpes (UGA) a été sollicitée pour participer au programme.

Suite à l’adoption par l’agglomération grenobloise du programme « Sauvages dans ma Metro » déclinaison locale du programme national « Sauvages de ma rue », l’Université Grenoble Alpes (UGA) a été sollicitée pour participer au programme.

Le contexte
Suite à l’adoption par l’agglomération grenobloise du programme « Sauvages dans ma Metro » déclinaison locale du programme national « Sauvages de ma rue », l’Université Grenoble Alpes (UGA) a été sollicitée pour participer au programme

Le projet

L’idée a alors été lancée d’intégrer le programme à l’enseignement de botanique déjà dispensé à l’université. Cet enseignement consistait en un module d’une cinquantaine d’heure au second semestre comprenant entre autre la réalisation d’un herbier écologique par chaque étudiant dans le cadre du contrôle continu. Il a donc été décidé de transposer ce contrôle continu au programme « Sauvages de ma Metro ». .

Audrey Tocco, Marieke Trasser, Marine Rivolet et Rolland Douzet lors des rencontre botaniques de Grenoble
Audrey Tocco, Marieke Trasser, Marine Rivolet et Rolland Douzet lors des rencontre botaniques de Grenoble

En début de semestre, les représentants de Gentiana, l’association botanique dauphinoise qui pilote le projet localement sont venus présenter le programme aux étudiants ainsi que son protocole. Ensuite, un quadrillage de l’agglomération a été effectué à partir du plan du réseau de transports en commun et un binôme d’étudiants affecté à chaque quadrat, chacun muni du guide Sauvages de ma rue de Sylvie Machon. Chaque étudiant devait réaliser des relevés à concurrence d’une vingtaine d’espèces sur son secteur pour réaliser son herbier. Les données incrémentaient la base globale du programme « Sauvages de ma rue » et étaient aussi récupérées pour assurer la seconde phase de l’enseignement.

Marine Rivolet
Marine Rivolet

En effet, pour valoriser encore plus ce travail, il a été décidé de prolonger le projet l’année suivante pour les étudiants au cours premier semestre du Master 1 BEE (Biodiversité Ecologie Environnement) de l’UGA. Lors de ce premier semestre, une seconde campagne d’échantillonnage de deux semaines est planifiée pour encore enrichir la base et collecter des données à une autre époque et ensuite permettre l’utilisation de ces données dans le cadre d’une initiation au SIG (système d’information géographique) que font les étudiants de M1. L’évaluation en L3 porte alors sur la qualité de l’herbier réalisé et sur la qualité des données recueillies et en M1 à nouveau sur la collecte de données et sur leur utilisation dans le domaine de l’information géographique.

Des bénéfices espérés et obtenus
Les intérêts de cette démarche sont multiples et concernent toutes les parties. Pour Sauvages dans ma Métro, cela permet une pression d’échantillonnage importante sur la dition car une soixantaine d’étudiants sont lâchés chaque année sur le terrain de janvier à mai sur une grande partie de l’agglomération. La quantité de données générée va donc devenir très rapidement importante, d’autant plus que l’intégration de ce programme officiellement à la maquette des enseignements assure une pérennité de la collecte de données et même éventuellement un suivi possible sur certains secteurs durant cinq ans au minimum.

Marieke Trasser
Marieke Trasser

Cela valorise aussi le côté participatif du projet en intégrant des étudiants en cours de formation et donc loin d’être des botanistes expérimentés ce qui est le cœur même de la science participative et citoyenne. D’ailleurs le retour des étudiants sur le sujet lors des Rencontres Botaniques Alpines de Grenoble organisées par Gentiana en avril dernier est sur ce point révélateur. Ils ont tout de suite été enthousiasmés par un projet et un enseignement qui les placent directement comme acteurs de leur formation avec en plus un enrichissement non seulement personnel mais aussi pour la collectivité. Leurs témoignages lors des journées de botanique alpine sont, à ce titre, très encourageants et en phase avec les objectifs de la science participative en général et de « Sauvages de ma rue » en particulier. Marieke TRASSER : « Pour ma part c’était le première fois que je faisais réellement un herbier aussi approfondi. J’ai adoré cette expérience que l’on a partagé à deux avec Marine, c’était très amusant et super instructif ! C’était très intéressant de se rendre compte de la quantité de plantes sauvages qui poussent dans les rues de Grenoble ! D’ailleurs lorsqu’on en parlait autour de nous nos amis ne se doutaient pas un instant que l’on trouverait une telle richesse spécifique en ville ». Marine RIVOLET : « N’étant pas des botanistes expérimentés, l’association Tela Botanica nous a mis à disposition des outils pour nous aider dans notre détermination. La flore est certes incomplète mais très facile à utiliser sur place et très ludique puis nous pouvions la compléter avec internet. Le fait de joindre un herbier noté complètement scolaire à la démarche associative était une riche idée et permet de voir les choses sous un angle plus responsable. A chaque fois que l’on était en train de prendre des échantillons les passants dans la rue étaient très intrigués par notre attitude ; c’est sûr que ce n’est pas tous les jours que l’on croise des gens qui décident de récolter des pissenlits au pied des arbres bétonnés ! Mais c’était une expérience très amusante et enrichissante ! »

Des résultats à la hauteur des espérances.

Les résultats obtenus sont des plus concluants : des herbiers de qualité pour la plupart, qui permettent en même temps de quantifier et corriger les erreurs (moins de 10%), une quantité de données assez importante avec des centaines de points géo-référencés générés sur une grande partie de l’agglomération qui a adhéré au projet.

Exemple d'herbier
Exemple d’herbier
Exemple d'herbier
Exemple d’herbier

Conclusion

L’intégration d’un projet de science participative tel que Sauvage de ma rue à un enseignement de type universitaire se révèle au final non seulement assez aisé et sans gros investissement financier et humain (l’achat d’une trentaine de guides, un seul enseignant suffit à piloter l’ensemble) mais aussi riche en terme de retombées pour tous les partenaires. On ne peut qu’essayer d’encourager ce genre de démarches qui pourraient être engagée dans les grandes villes universitaires déjà impliquées dans le projet et où la botanique est encore enseignée comme Nantes, Clermont Ferrand, Montpellier, Marseille ou Toulouse…

Par Rolland DOUZET (1,2) Marine RIVOLET (3), Marieke TRASSER(3)

1 Univ. Grenoble Alpes, SAJF, F-38000 Grenoble, France
2 CNRS, SAJF, F-38000 Grenoble, France
3 Univ. Grenoble Alpes, L3 Biologie Générale

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