Licence professionnelle : Aménagements paysagers design des milieux anthropisés

La Faculté des Lettres et des Sciences Humaines propose une nouvelle licence professionnelle à la rentrée 2017.

La Faculté des Lettres et des Sciences Humaines propose une nouvelle licence professionnelle à la rentrée 2017.

Ce projet de Licence professionnelle autofinancée Mention « Aménagement paysager : conception, gestion, entretien », parcours « Design des milieux anthropisés » se fonde sur une coopération entre la Recherche, le monde socio-professionnel, les établissements de formation de Haute-Vienne, de Corrèze ayant une filière « aménagement paysager » et les collectivités territoriales.

Un ancrage scientifique interdisciplinaire
Côté Recherche, ce projet implique majoritairement les Sciences Humaines où l’on questionne les enjeux sociétaux au cœur des aménagements des milieux paysagers. Il s’agit des géographes qui travaillent sur la notion de « capital environnemental », des sémioticiens qui questionnent les enjeux sociétaux, éthiques, perceptifs liés au design. Les juristes en droit de l’environnement sont aussi sollicités. Cette interdisciplinarité dont l’assise relève des sciences humaines est innovante dans sa capacité à questionner le sens du design des milieux paysagers. Comment restaurer, aménager, concevoir, réhabiliter les espaces paysagers en accordant la préséance au vivant, à l’implication des habitants et usagers dans une démarche de design participatif ? Cela, avec des visées diverses ; thérapeutiques (jardins alzheimer, parcours de réadaptation relatifs à divers handicaps), sociales (espaces favorables aux liens intergénérationnels, jardins partagés, …), éducatives (jardins pédagogiques ; jardins en carré à l’école, jardins botaniques, arboretums, …).
Une importance toute particulière est accordée aux processus de perception, à l’acceptabilité du changement dans un processus de design participatif. Il s’agit de questionner les socles éthique et pratique du design paysager en associant aux démarches de dessin, d’esquisse, le dessein en tant que questionnement du mieux-vivre, du mieux-être individuel et collectif des générations présentes et à venir.

Un partenariat avec 3 établissements de formation
Deux établissements du secondaire s’inscrivent comme partenaires de cette Licence Professionnelle dès l’amont de sa création ; le Lycée de l’Horticulture et du Paysage de Murat à Voutezac qui offre un volet de formations du CAP au BTS dans la filière paysagère ainsi que l’ Établissement Public Local d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole de Limoges et du Nord Haute-Vienne qui possède un centre de formation en aménagement paysager. La Fédération Compagnonnique du Limousin, à l’initiative de l’Université Européenne des Métiers et des Arts (UNIEMA), s’inscrit comme partenaire également, plus particulièrement dans son axe « Jardins-Milieux paysagers ». Tous ces acteurs s’associent à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (FLSH) de l’Université de Limoges afin de proposer une formation qui anticipe l’évolution profonde des métiers liés à ce secteur.

Une formation au cœur de l’évolution du secteur
Plusieurs facteurs mènent à cette évolution. La règlementation orientée par les lois Grenelles en faveur d’une politique de développement durable au niveau agricole avec les plans Ecophyto 1 et 2 et au niveau de l’ environnement avec les lois sur la préservation de la biodiversité. L’ensemble de ces règlementations amènent à une modification en profondeur des pratiques professionnelles liées à la conception et à la gestion des milieux paysagers. Dans le souci de reconsidérer le lien au vivant, on peut noter entre autres, la gestion des espaces par des méthodes alternatives à l’utilisation des pesticides, conformément aux lois Labbé et de transition énergétique qui obligent les collectivités, à partir de janvier 2017, à ne plus utiliser de pesticides classés sauf dans des zones très spécifiques. Ces lois, par extension, concernent les particuliers avec interdiction de vente et d’utilisation de pesticides à partir de janvier 2019. Le plan Ecophyto (2), la loi d’avenir agricole du 14 octobre 2014 appellent à l’ouverture de formations innovantes qui fondent le design des milieux paysagers non plus à rebours du vivant mais à l’aide du vivant.
L’économie des intrants et des moyens est également à prendre en compte dans le cadre d’une politique de gestion différenciée des milieux paysagers. Cela, à court et à long termes. Enfin, la société aspire à une continuité entre le vivant et la Cité, notions de « nature » en ville, « espaces santé », « villes vertes et Jardins », ce que détaille entre autres une étude récente de l’Union Nationale des Entreprises du Paysage dont les résultats sont mentionnés dans leur rapport annuel 2015.

Un ancrage dans le projet d’ Ecole du Jardin Planétaire
Des Jardiniers-paysagistes de renom national et international comme Gilles Clément, Thierry Viviant se sont investis dès le départ dans ce projet de formation, appelant à dépasser la notion de paysage comme cadre esthétique ou marqueur social afin de penser les espaces en tant que milieux de vie existentielle, sociale, lien au vivant pour les générations présentes mais aussi à venir. C’est ainsi que Gilles Clément s’est associé à l’UNIEMA pour créer l’Ecole du Jardin Planétaire à Limoges, au sein de laquelle compteront la Licence Professionnelle, les autres formations du CAP au BTS proposées par les partenaires, des formations Grand public ainsi qu’un observatoire scientifique interdisciplinaire, le premier en France dans ce domaine.

Un ancrage dans le monde socio-professionnel
La Fédération des paysagistes soutient pleinement le projet d’ouverture en septembre 2017 de la Licence Professionnelle Mention « Aménagement paysager : conception, gestion, entretien », parcours « Design des milieux anthropisés » comme en atteste le courrier de M. Thierry Viviant, membre de cette dernière. L’Union Nationale des Entreprises du Paysage apporte également son soutien par l’intermédiaire de son représentant départemental Nicolas Bagelet.
Les professionnels relevant des collectivités territoriales participent activement à ce projet de Licence Professionnelle. On citera par exemple Pierre Lagedamon qui relève de la Communauté d’agglomération de Limoges. Outre l’aspect législatif sus cité, les collectivités ont en effet à prendre en compte les enjeux liés tout autant à la revitalisation des territoires ruraux qu’à la réintégration de la « nature » en ville. Le Conservatoire des Espaces Naturels du Limousin (CEN) ainsi que le Conservatoire Botanique National du Massif Central (CBNMC) sont fortement impliqués dans les enseignements. Le Conseil de l’Architecture de l’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) s’est également associé au projet dès l’amont.
Ainsi qu’ils le précisent dans leur courrier d’intention de partenariat, l’ensemble des Partenaires s’engagent à mettre au service de cette Licence Professionnelle leurs réseaux issus du monde socio-professionnel, des collectivités afin de favoriser de façon maximale la réussite et l’insertion professionnelle des apprenants. En outre, chaque partenaire met à disposition les moyens matériels, espaces de chantiers-écoles et travaux pratiques sur le terrain afin d’ancrer continûment les volets théoriques dans des expériences concrètes, dans des projets qui allient les compétences des gestes à celles du savoir.

Une formation unique en France
De cette coopération entre la Recherche, le monde socio-professionnel, les établissements de formation et les collectivités émerge une formation qui répond aux urgences sociétales par une démarche critique apte à questionner les enjeux éthiques, pratiques, économiques sur le long terme. Dans tous les cas, cette Licence Professionnelle travaille l’innovation dans un souci d’économie des ressources humaines, techniques, matérielles, naturelles, mais aussi de bénéfice social, de relecture des savoir-faire passés à l’aune des apports scientifiques récents.
Sur le plan local, cette formation est complémentaire à une autre Licence Professionnelle, rattachée à la Faculté des Sciences et des Techniques, qui porte la mention « Métiers des ressources naturelles » et qui a pour spécialité l’aménagement des espaces arborés et forestiers. Tandis que cette dernière s’axe sur la gestion forestière et la place de l’arbre dans des projets d’aménagements divers, en partenariat avec le Lycée Forestier de Meymac, la formation Mention « Aménagement paysager : conception, gestion, entretien », parcours « Design des milieux anthropisés » est conçue dans une approche des milieux paysagers de façon plus transversale et ne vise pas, en termes de compétences, la gestion des milieux forestiers mais l’assise sociétale, économique, artistique et éthique dans tout projet de design participatif lié à la conception, réhabilitation, restauration d’un milieu paysager et à l’art des Jardins. Les perspectives d’évolution, d’entretien sont aussi prises en compte.
Penser le projet paysager en tant que projet de vie dans toutes ses formes, la vie relevant de la biosphère comme celle relevant du rapport existentiel au milieu dans lequel les sociétés et les territoires évoluent concrètement, avec leurs spécificités économiques, géographiques, démographiques, culturelles, prendre en compte les perceptions et aspirations des usagers de façon active dans une démarche de design participatif, que ce soit dans un projet d’aménagement paysager à visées éducative, sociale, thérapeutique, artistique, cette approche fonde la spécificité de notre formation aux échelles de la Communauté d’Universités et Etablissements (COMUE) Léonard de Vinci, de la Région Nouvelle Aquitaine, en France et au-delà.
En effet, la Licence Professionnelle qui porte la mention « Aménagement paysager : conception, gestion, entretien » proposée par l’Université Paris XI est celle qui porte le plus d’attention à l’aspect biodiversité mais elle néglige les problématiques éthiques, sociétales, artistiques. Ces approches sont absentes également de la Licence Professionnelle de l’Université d’Angers. La formation relevant de l’Université de Bretagne Sud reste centrée sur la gestion paysagère et les outils d’infographie 3D. Quant à l’Université d’Aix-Marseille, elle offre une Licence Professionnelle axée sur une conception très classique du paysage comme cadre esthétique donnant lieu à des représentations artistiques. Enfin, la Licence relevant de l’Université Paris Sud est axée sur l’écopaysage urbain, sans réelles compétences relevant des sciences humaines.

Un public diversifié et une formation autofinancée
Cette formation est ouverte en Formation continue, aux salariés, hors secteur, en démarche de reconversion professionnelle, aux salariés en exercice dans le secteur des espaces verts et souhaitant se professionnaliser, en Formation par alternance, aux étudiants issus de filières BTS-BTSA dans les domaines de l’aménagement paysager, du design d’espace option « aménagement », de la Gestion et de la Protection de la Nature et qui bénéficieront d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. La formation est ouverte également à des étudiants issus de l’Université qui ont obtenu un BAC+2 dans une filière générale à dominance Environnement, Géographie, Sciences du Vivant ou dans une autre filière selon les expériences et acquis personnels.
La Licence Professionnelle est ouverte également à la carte, dans une visée non diplômante, pour toute personne qui souhaite, dans le cadre de la formation continue ou dans un cadre personnel, suivre une ou plusieurs matières, une ou plusieurs unités d’enseignements.
Visant l’autofinancement intégral, cette Licence Professionnelle a un seuil d’ouverture fixé à 11 apprenants. Nous limiterons à 20 le nombre d’apprenants pour, d’une part, offrir des conditions pédagogiques optimales et, d’autre part, ne pas saturer le marché sur le long terme. La spécificité de la formation amène à un bassin de recrutement national dans un premier temps et possiblement international dès la deuxième année d’ouverture.

En savoir plus
– Consulter la fiche de présentation
– Contact : Mme Nicole PIGNIER – nicole.pignier@unilim.fr

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