Une étrange Scabieuse vivipare…

Lors d’une sortie sur le Mont Serin, tout près du Mont Ventoux, quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer une scabieuse (Scabiosa columbaria) comportant d’étranges inflorescences…

En effet, sur chaque capitule floral, de nombreuses fleurs centrales étaient prolongées par une ébauche de plante, avec des tiges, de petites feuilles et se terminant par un nouveau capitule de plus petite dimension.

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À y regarder de près cela ressemble tout fait à ce que l’on peut rencontrer sur Poa bulbosa var. vivipara Koeler, une espèce bien connue pour sa viviparité. Mais ici, fait extraordinaire, la germination se prolonge jusqu’à la floraison. On pourrait imaginer le processus se réitérant à nouveau sur les petits capitules…

Le terme viviparité est utilisé en Biologie végétale pour désigner un mode de reproduction où la germination des graines se produit alors que celles-ci sont encore accrochées à la plante mère. Un autre exemple de plante vivipare est le palétuvier dans les mangroves où les graines germent et s’approvisionnent en énergie tout en adhérant à la plante mère. On rencontre également de mode reproduction sur certains Allium

Mais cette scabieuse vivipare constitue une rareté semble t il. Il serait intéressant de savoir si certains d’entre vous en ont déjà rencontré afin d’évaluer la fréquence de ce qui pourrait être une anomalie génétique ?

Daniel Mathieu

12 commentaires

  1. Bonjour Daniel,
    Je me suis fait la même réflexion l’année dernière mais ne m’y suis pas penchée dessus pour savoir si c’était rare ou non. Je l’ai pris en photo il y a un an ou deux à Monfavet entre l’aérodrome et le golf. J’essayerai de passer pour voir si il y en a d’autres cette année
    Amicalement

  2. Un petit acarien spécifique de la Scabieuse et de plantes apparentées, {Aceria squalida}, Eriophyiidae, est capable de provoquer des déformations de ce type, avec fleurs pédicellées, s’accompagnant généralement de pubescence sur les pourtours.

    Des phytoplamses ou des virus peuvent également induire ce genre déformations.

  3. Les commentaires précédents montrent que ce phénomène, bien qu’il soit assez rare, peut être observé sur de nombreuses espèces. Il est certes plus fréquent sur certaines espèces comme Poa bulbosa.
    Ce phénomène est un peu mieux connu sur le blé cultivé : c’est un accident que l’on appelle « Germination sur pied » qui intervient à la maturité physiologique du grain juste avant la récolte. C’est d’abord un accident climatique, même si on note des différences de sensibilités liées à la variété.
    Ce phénomène est lié à la dormance du grain : des températures élevées au cours du remplissage du grain se traduisent par une levée plus rapide de la dormance. Ainsi pour des variétés sensibles à ce phénomène (ou plus généralement des espèces) la présence de pluies ultérieures peut alors suffire pour déclencher le phénomène. La pluie permet l’imbibition de la graine et véhicule l’oxygène nécessaire à la germination de l’embryon.

  4. C’est de la viviparité si les graines sont formées et germent mais dans le cas présent, je pencherais plutôt pour une forme de réversion florale où une tige sort du centre de la fleur. Il faudrait examiner de plus près pour être sur mais la viviparité donnerait des racines et la plantule aurait du mal a survivre posée sur l’inflorescence.

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