Intégration des données issues des amateurs

Dans son numéro de Juillet, la revue « Espaces naturels » publie un article sur l’intégration des données naturalistes collectées par des amateurs dans le cadre du réseau Tela Botanica

Des données d’amateurs ? Certains, comme Tela
Botanica, y voient plutôt une richesse, d’autres pensent
qu’intégrer des données ne venant pas d’experts peut polluer une base… Le traitement des données de sciences participatives ou de bénévoles pose en tout cas la question de la fiabilité.

Ainsi débute cet article en posant clairement le problème des données produites par les réseaux et les structures « non professionnelles » de l’environnement. Deux cas sont analysés, celui des données « protocolées » issues de programmes de sciences participatives encadrées par des chercheurs et les données « libres » collectées spontanément par un large éventail de contributeurs.

Une expertise conduite par le Conservatoire botanique méditerrannéen de Porquerolles sur les données du Carnet en ligne de Tela Botanica lève le voile sur les limites et l’utilité de ces données dans le cadre du SINP.

A la lumière de cette étude, Tela Botanica élabore une procédure permettant de filtrer automatiquement les observations afin de ne retenir que celles dont la qualité est conforme au standard du SINP.

L’article conclue en posant la question de la gestion des
données hors-normes. Enlever systématiquement les données qui
paraissent aberrantes géographiquement ? Et si c’étaient des informations capitales sur l’évolution de la flore ?

Références de l’article : Espaces naturels n°59, dossier Ouvrons nos carnets, page 32

www.espaces-naturels.info

5 commentaires

  1. Ignorant si dans cet article l’assimilation implicite entre professionnel et expert naturaliste est faite volontairement, je réagis. Dans de nombreux groupes taxonomiques, les experts sont des amateurs bénévoles. Ce serait souvent utile que des professionnels de la génétique ayant peu d’expérience de terrain et de bibliographie ancienne en détermination collaborent avec des experts de terrain ; ceci éviterait bien des gaspillages et des confusions dans les publications qui sont souvent faites dans des revues étrangères avec des éditions onéreuses.

    1. Vous avez raison de mettre en avant cette ambiguïté. De très nombreux « amateurs » (c.a.d. non rémunérés) sont d’excellents experts. Dans l’article, il s’agit de personnes « non caractérisées » fournissant des données à titre bénévole. Certaines sont très compétentes, d’autre beaucoup moins, d’où la nécessité de mettre en place des procédures de sélection des données selon différents critères (complétude, situation géographique, présence d’images? etc.)

    2. La qualité de l’expertise des non professionnels peut, à juste titre, être évaluée par taxons renseignés (ex. Graminées vs. Orchidées vs. sphaignes). La question de celle des professionnels mérite au moins autant d’être posée pour de nombreuses raisons (pour les applications en pharmacie et tous les autres domaines agricoles et environnementaux, voir simplement scientifique).

  2. Les tutelles de la recherche ne font plus aucune place aux chercheurs de terrains : les voilà donc remplacés par des bénévoles de bonne volonté : même le Muséum compte sur leur travail !
    Personnellement, ayant observé et subi au cours de ma carrière le déclin de la recherche de terrain au profit d’une « recherche blouse blanche » hyper-technique et coupée des réalités naturelles, c’est avec plaisir que j’ai ré-endossé mon titre de botaniste sitôt partie à la retraite. Et c’est donc en tant qu’amateur que je participe au programme Vigie Flore, car nous sommes tous amateurs à un moment ou à un autre.

    La suprématie de la biologie moléculaire étant ce qu’elle est, la connaissance des faits naturels s’anéantirait sans les « amateurs » !

  3. le fossé entre professionnels et « amateurs » se creuse et je ressens un mépris implicite de la part des premiers.
    { {l’ATLAS de la flore sauvage de la Sarthe} »} }(2009) a été fait à partir de 70% de données d’amateurs. Le livre portait, outre le nom du rédacteur, celui du directeur du CBNBP qui n’a écrit ni une ligne ni fourni une donnée. Les amateurs disposent heureusement de revues de qualité où les professionnels sont bien aise de publier leurs travaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *