Résultats – Hybridations du pommier cultivé vers le pommier sauvage : vers un site de conservation ex-situ du pommier sauvage en France

Merci aux échantillonneurs pour leur aide sur les récoltes qui a permis d'aboutir à ces résultats, et à lancer des programmes de conservation du pommier sauvage en France!

Des hybridations substantielles du pommier cultivé vers le pommier sauvage, menaçant l’intégrité génétique du pommier sauvage européen.

Les forêts européennes abritent de nombreux pommiers sauvages européens (Malus sylvestris), espèce ayant contribué au génome du pommier cultivé (Malus domestica) par des introgressions récentes (c’est-à-dire par l’incorporation de matériel génétique par hybridation du pommier sauvage vers le pommier cultivé). Si les pommiers sauvages ont contribué à l’amélioration des variétés cultivées, M. sylvestris a en retour subi une “pollution” génétique par le pommier domestiqué, ce que montrent nos résultats récents décrits ci après.

En 2012, un projet collaboratif entre l’AFAF, l’ONF, les Croqueurs de pommes et le CNRS (Laboratoire Ecologie Systématique et Evolution et laboratoire Génétique Quantitative et Evolution-Le Moulon) visant à réintegrer le pommier sauvage dans les agrosystèmes et à determiner son statut conservatoire, a permis d’étudier ses niveaux de diversité et de différenciation génétique en Europe et de quantifier sa “pollution génétique” par le pommier cultivé.

Ce projet a permis de révéler 1) différents groupes génétiques de pommiers sauvages en France, 2) de forts niveaux d’introgression du pommier sauvage par le pommier cultivé en France, 3) que ces introgressions ont des conséquences néfastes sur la survie des jeunes pommiers sauvages et 4) que les filières agroforestières de réimplantation des pommiers sauvages ne fournissent au mieux que des hybrides.

Nous souhaitons remercier l’ensemble des échantillonneurs bénévoles volontaires qui ont participé à ce projet. De plus amples informations détaillées peuvent nous être demandées à : amandine.cornille[at]gmail.com, ainsi que dans les articles scientifiques suivants:

Anthropogenic and natural drivers of gene flow in a temperate wild fruit tree: a basis for conservation and breeding programs in apples. Cornille A, Feurtey A, Gélin U, Ropars J., Misvanderbrugge K, Gladieux P, Giraud T (2015) Evolutionary Applications, 8(4):373-84.

Crop-to-wild gene flow and its fitness consequences on a wild fruit tree: towards a comprehensive conservation strategy of the wild apple in Europe (2017) Feurtey A., Cornille A, Shykoff J.A., Snirc A., Giraud T. Evolutionary Applications. 10(2): 180–188

Vers la conservation ex situ du pommier sauvage européen en France

Ces résultats concernant la structuration génétique spatiale ainsi que la pollution génétique des populations de pommiers sauvages en France ont ainsi permis d’identifier deux populations candidates (en Ile de France et en Alsace) pour être la source in-situ de pépins et de plants de pommiers sauvages pouvant être utilisée comme Matériels Forestiers de Reproduction (MFR) et de réimplantation afin d’assurer la pérennité de l’espèce et de garantir son maintien dans le futur. Cependant, la fluctuation des productions de pommes sauvages chaque année avec les conditions climatiques, les difficultés techniques de collectes des fruits sur les deux sites, ainsi que les menaces (fragmentation et destruction des milieux) qui pèsent sur le pommier sauvage nous incitent à mettre en place un site de conservation ex-situ des populations de pommiers sauvages détectées avec les approches de génétique. Ce site de conservation ex-situ est en cours de construction, nous vous tiendrons au courant de son chantier et de l’avancement de ce nouveau projet!! 

Dans le cadre de ce nouveau projet, nous faisons d’ailleurs à nouveau appel à votre aide précieuse: si vous avez l’occasion de récolter des pépins de pommiers sauvages cet automne 2018 pour qu’ils soient caractérisés génétiquement (cad: vérification du statut non pollué par le pommier domestiqué) et conservés sur le long terme dans ce verger conservatoire en chantier, n’hésitez pas (Plus de détails dans la partie « Contribution » de la lettre d’actualité).

N’hésitez pas à me contacter par mail à amandine.cornille[at]gmail.com si vous avez la moindre question.

En vous remerciant encore pour toute votre aide !

Botaniquement vôtre,

2017-09-11 09.09.02
2017-09-11 09.09.02

5 commentaires

  1. Bonjour , Le pommier sauvage identifié Malus Sylvestris par l’ ONF , situé sur la station de La Norma commune de Villarodin-Bourget 73500 , est il connu de votre étude ? Voulez vous des pépins de cet arbre remarquable , protégé par arrêté municipal ? Il aurait parait il plus de 120 ans et meriterait d’ etre mieux surveillé et protégé . Salutations .

  2. Bonjour,
    Un grand merci pour vos retours! Je ne connais pas spécifiquement ce pommier, mais cela sera avec grand plaisir de caractériser génétiquement les pépins issus de cet arbre si vous nous les envoyez. Nous pourrons par génotypage savoir s’il s’agit d’hybrides ou non, et conserver uniquement les « purs ».

    N’hésitez pas par ailleurs à ajouter ce pommier à la carte de distribution du pommier sauvage de Tela.

    Concernant le protocole, je vous envoie le protocole par mail.
    Un grand merci!!!
    amicalement,
    Amandine

  3. Bonjour,
    Après avoir participé aux projets PICRI, PICRI2 et pucerons, je suis heureux de pouvoir contribuer à ce projet dès l’automne prochain.
    Concernant la fructification du pommier sauvage j’ai constaté qu’elle nécessite un fort ensoleillement, ce qui confirme son caractère héliophile. Je suggère donc à ceux qui veulent récolter de nombreuses pommes d’élaguer les arbres voisins s’ils font trop d’ombre au pommier sauvage. Le futur verger conservatoire devra aussi respecter ce besoin d’ensoleillement en prévoyant un large espacement entre les arbres, au moins 8 mètres si on suppose que les arbres atteindront (dans longtemps…) 6 m de haut.
    Amicalement,
    Jean-Luc (en Isère et Haute-Savoie)

    1. Bonjour,
      Si l’ensoleillement est primordial, déjà constaté sur plusieurs gros sujets, le sujet le plus fleurit en 2017 , n’a pas donné de fruit en 2018, malgrè une amélioration de son éclairage. D’autres sur les mêmes parcelles,mais moins bien exposés ont donnés une bonne récolte.
      Il y a apparemment une alternance plus forte sur les sylvestris que sur les domestica.
      D’autre part ils fleurissent un peu plus tôt que les feuilles des arbres forestiers environnants, donc peu masqués par cet environnement.
      Prospection sur le massif bellifontain.
      Cordialement.
      Henri Fourey ( IdF)

    2. Bonjour Jean Luc,
      Un grand merci pour vos conseils!
      J’en profite pour vous dire qu’il y aura une réunion de lancement du projet le 14 Mars 2019 au laboratoire GQE-Le Moulon, vous êtes le bienvenu, bien entendu.
      A bientôt et merci encore!
      Bonne soirée,
      Amandine
      PS: Merci Henri pour ta réponse!

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