Le cacaoyer : une plante qui a changé le monde, un monde qui devra changer pour elle ?

Qui aurait pensé qu’un petit arbre aussi exigeant que le cacaoyer puisse connaître, et connaisse encore aujourd’hui, un destin aussi tumultueux ? Breuvage des dieux de l’Amérique précolombienne, puis boisson des puissants dans l’Europe monarchique, le cacao finit par conquérir le monde. Toujours entouré de mystères et cible de nombreuses controverses, sa disparition annoncée (un peu rapidement) a fait trembler les foules. Aujourd'hui, Maëliss Marchand vous raconte cet arbre chargé d'histoire !

Histoire précolombienne

Si on détient aujourd’hui des preuves d’utilisation du cacao dans le Sud-Est de l’Équateur il y a plus de 5000 ans1, on sait également qu’en Mésoamérique2, près de 2000 ans avant notre ère, les Olmèques3, cultivaient le cacaoyer. Au fil du temps, les différents peuples méso-américains utilisèrent eux-aussi le cacao, qui tenait une place à part dans la vie quotidienne et la culture de ces peuples. Deux usages étaient notamment réservés aux fèves de cacao. Elles étaient utilisées pour la fabrication d’un breuvage, mais également comme monnaie d’échange.

Les peuples méso-américains ne possédaient pas de monnaie, d’unité fixe d’échange. Ils pratiquaient le troc. Néanmoins, quelques objets faisaient figure de moyens d’échange, tels que les plumes, les bijoux, l’or, les tissus en coton et les fèves de cacao. Tout pouvait être « acheté » avec des fèves de cacao : la nourriture, les vêtements, les esclaves, l’or… Les fèves n’avaient pas de valeur fixe. Celle-ci variait en fonction de l’époque et de la région.

En 1753, Linné baptise le cacaoyer Theobroma cacao, littéralement « cacao nourriture des dieux ». Les Aztèques, qui l’appelaient Cacahuaquahuitl, utilisaient les fèves de cacao pour préparer un breuvage, réservé à l’élite et aux dieux. Les riches Aztèques buvaient cette boisson par simple plaisir ou pour ses propriétés médicinales stimulantes, équilibrantes et contre la diarrhée. Plusieurs études ont confirmé son efficacité et l’utilisation médicinale que les Aztèques en faisaient.
Il existait plusieurs manières de préparer les fèves de cacao. Le Tchocolalt, qui a donné son nom à notre chocolat, était préparé selon la méthode suivante. Tout d’abord, les fèves étaient écrasées sur le metate, une pierre incurvée, afin d’en faire une pâte. Cette pâte était ensuite délayée dans de l’eau, à laquelle on ajoutait du piment (Capsicum annuum), du roucou (Bixa orellana), du maïs (Zea mays) pour l’épaissir, et éventuellement des fruits. Le mélange était ensuite chauffé et malaxé avec un moulinet pour le faire mousser.

Les fèves de cacao servaient aussi pendant les cérémonies religieuses. Le Tchocolalt était bu ou offert comme offrande. Des fèves de cacao étaient ainsi présentées en offrande aux dieux aztèques Chalciuhtlicue, dieu des sources et rivières, et Tlaloc, dieu de la pluie. D’autres cérémonies imposaient un sacrifice humain, comme celle du Neyolmaxiltiliztli, célébrée en l’honneur du grand dieu Quetzalcóatl. Dieu mésoaméricain, présent à la fois dans les mythologies des Aztèques, des Mixtèques, des Toltèques et des Mayas, Quetzalcóatl est considéré par ces derniers comme ayant planté le premier cacaoyer sur Terre. Les sacrifiés, souvent des prisonniers de guerre ou des esclaves, buvaient une gourde de chocolat avant le sacrifice. Il est dit qu’ils « s’offraient à la mort avec joie et plaisir », le chocolat ayant dû auparavant être additionné de quelques champignons hallucinogènes.

 

Theobroma cacao L. (bdtxa) par Yves DEMOUY
Theobroma cacao, par Yves DEMOUY, CC BY SA Tela Botanica

Arrivée en Europe

Si l’histoire du cacao commence bien avant la découverte du Nouveau Monde par les Européens, c’est bien en 1519, avec la conquête de l’Empire Aztèque par le conquistador Hernán Cortés que son destin bascule et devient mondial.

Le 23 avril 1519, Hernán Cortés débarque au Mexique près de l’actuelle Veracruz. Il fait d’abord la connaissance des Mayas. A cette époque, la civilisation maya était depuis longtemps sur le déclin. N’ayant pas de pouvoir politique centralisé, les Mayas étaient organisés en hameaux dispersés autour de quelques centres urbains. Les Espagnols entendent alors parler de l’Empire aztèque et de sa capitale Tenochtitlan. Attiré par les richesses dont semble regorger la ville, Cortés est prêt à tout pour rencontrer l’empereur, Moctezuma II. Faisant croire aux Aztèques qu’il est l’émissaire de leur dieu Quetzalcóatl, dont la légende annonçait le retour, il est accueilli en grande pompe par l’empereur. Ce dernier se soumet à la couronne d’Espagne et offre au conquistador des cadeaux précieux, dont des fèves de cacao.

Les Aztèques font alors connaître aux Espagnols le Tchocolalt, que ceux-ci n’apprécient guère, trouvant la boisson piquante et amère, et la mousse écœurante. L’histoire du cacaoyer et du chocolat aurait pu s’arrêter là et finir avec l’anéantissement de la civilisation aztèque, si les Espagnols n’avaient pas réussi à rendre la boisson agréable pour eux en y ajoutant du sucre. Certains racontent qu’en 1525, ce sont des sœurs missionnaires qui voulurent adoucir le breuvage et y ajoutèrent du sucre, des épices et de la vanille, à la place du piment. Quoiqu’il en soit, la boisson ainsi créée devint vite à la mode chez les Espagnols installés au Mexique.

En 1528, Cortés revient en Espagne et rapporte avec lui de nouveaux produits. Pomme de terre, maïs, piment, tabac, haricot blanc, tomate et bien sûr, cacao font leur arrivée en Europe. Il aurait alors dit à Charles V à propos du chocolat : « Une tasse de cette précieuse boisson permet à un homme de marcher un jour entier sans manger ».

Le premier accueil fait au cacao est mitigé, et il faut attendre 1585 pour que la première véritable cargaison de fèves de cacao arrive en Espagne. A la fin du XVIème siècle, le chocolat est rentré dans les mœurs de l’aristocratie espagnole, qui en boit le matin à jeun ou l’après-midi au goûter, accompagné de biscuits. Le chocolat est consommé sous forme de boisson chaude, à laquelle on ajoute souvent de l’anis ou de la cannelle. On invente donc un service à chocolat pour le déguster. Il est composé d’un pot à couvercle percé disposant d’un moulinet, et de tasses hautes.

Le chocolat arrive à la Cour de France en 1615, grâce au mariage de la fille du roi d’Espagne, Anne d’Autriche, avec Louis XIII. Mais la consommation se développe vraiment après l’union en 1660 de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche. On disait de cette dernière qu’elle n’avait que deux passions dans la vie : le Roi et le chocolat. Les lettres de la marquise de Sévigné témoignent de l’engouement général de l’aristocratie pour le chocolat à partir de cette période. Elle écrit ainsi à sa fille en 1671 : « Mais vous ne vous portez point bien, vous n’avez point dormi : le chocolat vous remettra. ». D’autres accusent le chocolat de tous les maux, le trouvent sensuel et décadent, ce qui donne lieu à de nombreuses controverses4. Il est à noter que les Juifs, chassés d’Espagne puis du Portugal, arrivent à Bayonne en 1609. Parmi eux se trouvent de nombreux chocolatiers, qui vont faire de Bayonne le principal centre français de production de chocolat. Cependant, le chocolat reste un met royal, réservé à l’aristocratie, car bien trop cher pour le peuple.
A partir des années 1820, il commence à se démocratiser et devient un produit de consommation courante. De nombreuses entreprises industrielles s’ouvrent dans ces années-là. Elles permettent ainsi l’abaissement des coûts de production. De cette manière, Conrad Van Houten s’installe à Amsterdam en 1815 ; Jean Antoine Brutus Menier fonde à Paris en 1816 la Maison Menier ; Cailler ouvre en Suisse en 1819, suivit par Suchard, Lindt, Peter, Tobler… C’est également le développement de nouvelles techniques. On note ainsi l’invention en 1828 du chocolat en poudre par Van Houten, qui réussit par pression de la pâte de cacao à en retirer le beurre de cacao. En 1847, ce sont les trois frères anglais Fry qui mettent au point la première tablette de chocolat. Le chocolat n’est ainsi plus seulement à boire, mais aussi à croquer. En 1862 est découvert le procédé permettant la création du chocolat au lait, qu’Henri Nestlé développera plus tard à grande échelle.
Au cours des XIXe et XXe siècles, la consommation de chocolat a ainsi changé d’échelle, ce qui a forcé la production de cacao à également changer d’échelle. Le cacaoyer est alors parti à la conquête du monde tropical, s’implantant en Afrique, mais aussi en Asie.

Economie du cacao

Entre 1900 et 1994, la production mondiale de cacao a été multipliée par 25. Alors que l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud dominaient le marché et couvraient la majeure partie de la demande de cacao au début du XXème siècle, c’est aujourd’hui le continent africain qui produit la majorité du cacao mondial. Ainsi, la Côte d’Ivoire représente à elle seule 40% du marché mondial ; quant au Ghana, il fournit 17% de la production mondiale. En augmentant progressivement sa production, l’Asie s’offre aujourd’hui 16% du marché. Quant à l’Amérique latine, elle n’assure plus que 13% de la production mondiale. De cette manière, en 2008, 90% de la production mondiale de cacao était assurée par une quinzaine de pays producteurs. Cela représentait un marché de 4,7 milliards d’euros, soit 3,7 millions de tonnes. La majorité du cacao est aujourd’hui produit par de petites exploitations familiales de moins de 10 hectares.
La variété Criollo ne représente qu’1% de la production mondiale de cacao. Cependant, c’est la variété réputée comme donnant le meilleur cacao et réservée pour le chocolat de luxe. Sa production est assurée par le Venezuela, l’Equateur, le Mexique et Madagascar. Le Forastero est la variété la plus produite et représente environ 80% du marché du cacao. C’est une variété très productive et résistante qui donne un cacao corsé et amer. Enfin, le Trinitario couvre environ 20% de la production mondiale.

FèvesCacao
Fèves de cacao (péruviennes), Marine Communier, CC BY SA Tela Botanica

Botanique

Né dans les forêts tropicales des bassins de l’Amazone et de l’Orénoque, le cacaoyer (Theobroma cacao) est un arbre avec des besoins et des exigences écologiques assez élevés. Il pousse uniquement entre les deux tropiques, dans les terres basses, où la température avoisine constamment les 25°C et où l’humidité ambiante est comprise entre 70 et 85%. Le cacaoyer ne supporte pas les trop longues saisons sèches et nécessite des pluies régulières. Craignant le vent, les fortes pluies et la lumière directe du soleil, il grandit à l’ombre des grands arbres tropicaux, sous lesquels il peut atteindre une dizaine de mètres de haut à l’état naturel. Le cacaoyer développe de longues feuilles ovales et lisses, de couleur vert sombre. Son écorce couleur cannelle recouvre un bois fragile et léger, de couleur rosée.

A partir de sa troisième année, il déploie de petites fleurs blanches, teintées de rose. Regroupées en petits groupes serrés, hermaphrodites et inodores, celles-ci poussent directement sur le tronc de l’arbre ou ses branches maîtresses. Ce phénomène, caractéristique des arbres tropicaux, est appelé cauliflorie. Sur les milliers de fleurs dont le cacaoyer se pare, seul 1% d’entre elles se transformeront finalement en fruits. Ces derniers, d’abord appelés chérelles, deviennent des cabosses lorsqu’ils atteignent une dizaine de centimètres de longueur. Les cabosses mettent cinq à six mois à mûrir. De nombreuses chérelles n’atteindront jamais ce stade. En effet, l’arbre s’adaptant aux nutriments disponibles et aux conditions climatiques l’environnant, il se débarrasse régulièrement de ses fruits et fleurs en surplus. Le cacaoyer fleurit et fructifie de manière continue. C’est ainsi qu’il porte simultanément des fleurs, des feuilles et des fruits, à tous les stades de maturation.

Appartenant à la famille des Malvaceae selon la Classification APG III5, Theobroma cacao est la seule des 22 espèces du genre dont on consomme les graines. Il existe, selon la nouvelle classification de 2008 6, dix groupes de Theobroma cacao, différenciés selon des critères morphogéographiques et génomiques : Amelonado, Cacao Criollo, Nacional, Contamana, Curaray, Cacao Guiana, Iquitos, Marañon, Nanay et Purús. Comme vu dans la partie « Economie », l’ancienne classification, pour l’instant toujours utilisée dans le monde de la cacaoculture et du chocolat, distingue quatre grandes familles : Forastero, Criollo, Nacional et Trinitario, qui est une hybridation naturelle du Criollo et du Forastero. Ces variétés produisent des cabosses et des graines de différentes formes et couleurs, qui varient en fonction de la maturité du fruit. Ainsi, les cabosses du cacao Nacional, cultivé seulement en Équateur, sont grandes et vertes. Elles contiennent de grosses graines violettes. Le Forastero présente de grandes cabosses vertes à jaunes et des graines violettes et aplaties. Tandis que les cabosses du Criollo sont vertes à rouges et présentent des graines blanches, rondes et dodues.

Recouvertes de longs sillons longitudinaux, les cabosses sont des grandes gousses rugueuses de forme ovale pesant de 200g à 1kg et contenant de 20 à 50 graines. Les graines sont attachées à un rachis central. Elles sont entourées par une pulpe mucilagineuse blanche, qui est consommable. Son goût ressemble à celui du litchi, en plus âpre et acide. Fraîches, les graines n’ont pas d’odeur et sont amères. Leur goût et odeur caractéristiques ne se prononce qu’après fermentation, séchage et torréfaction.

Processus de fabrication du cholocat

La récolte du cacao s’effectue toute l’année au niveau de l’Équateur. Dans les autres régions tropicales, on note deux périodes de récolte, une principale et une secondaire. Celles-ci varient d’un pays à l’autre, en fonction du climat, mais aussi de la variété de cacaoyer. Les cabosses sont cueillies à maturité, puis brisées à l’aide d’une machette ou d’un gourdin. Les graines, encore enrobées dans le mucilage sont alors extraites de la cabosse. Cette étape s’appelle l’écabossage. Une cabosse renfermant de 20 à 50 graines, il faut 20 cabosses pour obtenir un kilogramme de fèves de cacao sèches.

Après avoir été triées et nettoyées, les graines sont mises à fermenter dans des caisses en bois ou des paniers, sous des feuilles de bananiers. La fermentation est une partie essentielle du traitement des graines de cacao. Elle dure entre trois et huit jours, en fonction des variétés. Les graines sont brassées plusieurs fois par jour, pour que l’air puisse circuler. La fermentation rend possible le développement de précurseurs d’arôme du cacao. Elle se déroule en deux phases. La première permet de liquéfier le mucilage, de le transformer en alcool, et d’empêcher la germination des graines. La seconde phase transforme l’alcool en vinaigre. Les graines sont alors nettoyées et mises à sécher.

Le séchage dure entre une et trois semaines. Les graines sont étalées directement au soleil ou transportées dans des séchoirs artificiels. Il va permettre de faire baisser le taux d’humidité de 60% à environ 7%. Le séchage ne doit pas être trop lent, pour ne pas que les graines moisissent, ni trop rapide, pour ne pas qu’elles restent trop acides. Ce n’est qu’une fois fermentées et séchées, et qu’elles ont pris une couleur brune que les graines de cacao sont appelées « fèves ». Après séchage, les fèves sont triées puis envoyées vers les pays acheteurs. C’est là qu’elles seront torréfiées, concassées puis transformées en chocolat.

La torréfaction consiste à griller les fèves, afin de révéler les précurseurs d’arômes développés pendant la fermentation des graines. Le temps et le degré de torréfaction dépendent de la variété de cacao, mais aussi du chocolat que l’on veut obtenir. Pour les cacaos de consommation courante, la torréfaction est effectuée entre 120 et 140°C, et dure entre 20 et 30 min. L’opération permet de faire baisser le taux d’humidité de la fève à 2,5%. Les fèves sont ensuite débarrassées de leur coque. Les coques peuvent être valorisées et servir comme engrais, aliment pour le bétail ou combustible.

Après décorticage (ou concassage), les grains de cacao sont broyés pour obtenir la pâte de cacao. Cette pâte est épaisse et riche en beurre de cacao. Elle est également appelée masse de cacao ou liqueur de cacao. En fonction de ce que l’on veut en faire, la pâte de cacao est envoyée au pressage ou au malaxage.

La pâte peut être envoyée au pressage afin de séparer la partie liquide, le beurre de cacao, de la partie solide, le tourteau. Ce dernier sera broyé pour obtenir la poudre de cacao. Le beurre de cacao sera filtré. A partir de là, il pourra servir d’ingrédient dans la préparation du chocolat ou être désodorisé et moulé pour être vendu comme produit final.

Si la pâte de cacao est utilisée pour la fabrication du chocolat, elle est alors envoyée au malaxage. Pour obtenir du chocolat noir, on malaxe la pâte de cacao avec du sucre et du beurre de cacao. Pour faire du chocolat au lait, on ajoute à ce mélange du lait en poudre. Le chocolat blanc est, quant à lui, un mélange de sucre, de lait en poudre et de beurre de cacao. Après malaxage, la pâte obtenue est affinée afin de la rendre plus fine, puis conchée pour rendre le chocolat plus lisse et en développer les arômes. Le conchage est un malaxage à chaud (autour de 80°C pour le chocolat noir) pendant 12h à 48h.

Avant d’être mélangé à des noisettes, des raisins, des céréales, des fruits confits, etc, puis moulé, le chocolat passe par l’étape de tempérage. Ce procédé permet au chocolat de passer d’une texture fluide à une texture solide et de développer ses derniers arômes. Il consiste à amener le chocolat à une température permettant la cristallisation du beurre de cacao.

CabossesCacao
Cabosses de cacao (péruviennes), Marine Communier, CC BY SA Tela Botanica

Composition et propriétés médicinales

Les graines de cacao sont composées pour moitié de beurre de cacao. A cela s’ajoutent 7% de tanins et de polyphénols, ainsi que de nombreux oligoéléments et sels minéraux tels que le magnésium, le phosphore, le potassium, le cuivre, le fer… Deux bases xanthiques sont présentes dans le cacao : la théobromine (1 à 3%) et la caféine (0,05 à 0,3%). On trouve également des molécules proches des endorphines, des glucides, des protéines et des fibres. Le mucilage est constitué en grande majorité d’eau, ainsi que de sucres et d’acide citrique.

De par ses bases puriques, le cacao, et par extension le chocolat, a des effets stimulants et toniques. De plus, la théobromine possède des propriétés bronchodilatatrices, vasodilatatrices et diurétiques7.

Les polyphénols ont un effet protecteur sur le cœur et les vaisseaux sanguins et réduisent les risques de cancer. Même si à cause de la fermentation des graines de cacao, le chocolat contient beaucoup moins de polyphénols que le cacao, on peut noter que le chocolat noir contient tout de même 0,80 % de polyphénols. Pour comparaison, le thé vert en contient 0,30 % et le vin rouge 0,15 %. Une étude de D. Grassi et al.8 a montré en 2005 que la consommation quotidienne de chocolat noir diminuait la pression artérielle et augmentait la sensibilité à l’insuline chez les personnes en bonne santé. Toutefois, ces résultats doivent encore être confirmés par d’autres études et essais cliniques.

Les propriétés antidépressives du cacao et du chocolat sont souvent associées à la présence de magnésium. Ce minéral faisant souvent défaut dans notre alimentation, le chocolat en est une source intéressante. Cependant, les vertus antidépressives du chocolat seraient également dues à la présence des molécules proches des endorphines. Ces dernières sont secrétées naturellement par le corps humain et ont des propriétés psychostimulantes et euphorisantes.

La diminution du taux de cholestérol liée à la consommation de cacao est souvent mise en avant, mais très controversée. Une méta-analyse9 réalisée en 2010 a montré que la consommation de cacao réduit sensiblement le LDL cholestérol (c’est-à-dire le mauvais cholestérol). Cependant, ces résultats n’ont été observés que sur des patients ayant des antécédents de risques cardio-vasculaires (hypertension, diabète). Il n’y a pour l’instant pas de preuves d’un quelconque effet sur les patients en bonne santé.

Le cacao est aujourd’hui majoritairement consommé sous forme de chocolat comme aliment plaisir. Il est à consommer avec modération, notamment à cause du sucre et des matières grasses qu’il contient. Ses propriétés médicinales font toujours l’objet de nombreuses études. De son côté, le beurre de cacao entre dans la composition de baumes protecteurs des lèvres. Il est également utilisé comme excipient dans les suppositoires.

Problématiques actuelles et futures

Depuis quelques temps, de nombreux articles de presse crient à la pénurie de chocolat. Cette crise trouve son origine dans la convergence de différents facteurs.

D’un côté, depuis une dizaine d’années, on observe une forte augmentation de la demande mondiale de cacao. Cela est notamment dû à l’engouement nouveau pour le chocolat des pays émergents, tels que la Chine, l’Inde, le Brésil ou la Russie. De l’autre côté, on a une stagnation, voire une baisse de la production de cacao. Cette baisse est due à plusieurs facteurs.
Le cacao est un produit spéculatif, dont le prix dépend du marché mondial des matières premières. Son prix ne dépend donc pas des producteurs, mais du commerce international. Ce prix fluctue constamment et n’est pas favorable aux producteurs. Peu rémunérateur, la culture de cacao suscite alors peu de vocations. Les paysans se tournent vers des cultures plus rentables, comme celle de l’hévéa en Côte d’Ivoire. La culture du cacao souffre donc d’une pénurie de main-d’œuvre, ce qui favorise le travail des enfants et l’esclavage de ces derniers10. Malgré la signature en 2001 du protocole Harkin-Engel11, on estime qu’un million d’enfants seraient encore exploités dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire. Un documentaire sorti en 2010 The Dark Side of Chocolate montre l’exploitation et la réduction en esclavage d’enfants africains, toujours en cours dix ans après la signature du protocole. A ce sujet, le 10 janvier 2019, France 2 a diffusé un reportage d’Envoyé spécial intitulé « Cacao : les enfants pris au piège » prouvant de nouveau que l’esclavage dans la production de cacao est toujours d’actualité.

D’autre part, les exploitations de cacaoyer sont fortement impactées par plusieurs maladies, telles que la moniliose, la maladie du balai de sorcière et la pourriture brune. La moniliose des cabosses est présente surtout en Amérique tropicale. Elle est provoquée par un champignon, le Moniliophthora roreri. La maladie du balai de sorcière, entraînée par le champignon Moniliophthora perniciosa, est courante en particulier en Amérique du Sud. Quant à la pourriture brune, causée par des champignons du genre Phytophtora, on la retrouve principalement en Afrique. Ces maladies fongiques causent des pertes de récolte importantes. Elles sont un très fort facteur limitant la production de cacao. Il n’existe pour l’instant aucun moyen de lutte réellement efficace. Le cacaoyer subit également les attaques de nombreux parasites. Parmi eux, on trouve deux mirides, Sahlbergella singularis et Distantiella theobroma. Ces deux punaises rendent les cacaoyers improductifs en se nourrissant sur les cabosses et les rameaux, ce qui provoquent la nécrose des tissus. À elles seules, elles engendrent des pertes de production allant de 25 à 40% au Ghana et en Côte d’Ivoire.

Une des principales raisons invoquées pour conclure à une prochaine pénurie de chocolat est le réchauffement climatique. Comme on l’a vu, le cacaoyer est un arbre exigeant qui a besoin d’une humidité constante. Le dérèglement climatique tend à rendre les périodes de sécheresse anormalement longues et intenses. De cette manière, le cacaoyer souffrira certainement davantage du manque d’humidité que de la hausse globale des températures.

Malgré tout, le cacaoyer peut encore être sauvé. A plusieurs conditions. Premièrement, que les petits producteurs se voient assurer un revenu décent. L’industrie du cacao et les consommateurs se doivent d’ouvrir les yeux sur cette problématique, en prônant un cacao éthique et durable. De nombreuses marques s’engagent aujourd’hui contre le travail des enfants et pour une juste rémunération des producteurs. Il existe également plusieurs labels de commerce équitable garantissant des conditions de travail décentes et le respect de l’environnement. Deuxièmement, que la culture du cacao soit adaptée au réchauffement climatique.

Une équipe de l’Innovative Genomic Institute12 travaille actuellement au développement de cacaoyers résistants aux maladies qui touchent les populations. Utilisant la technologie CRISPR-Cas9, Brian Staskawicz, Myeong-Je Cho et leur équipe souhaitent créer des graines modifiées génétiquement qui permettraient à la fois de faire face aux problématiques du changement climatique, aux maladies virales et fongiques actuelles et émergentes ainsi qu’à l’augmentation de la population, donc de la consommation de cacao.
La création d’organismes génétiquement modifiés soulevant beaucoup de questionnements, il est peut-être intéressant de se tourner vers d’autres solutions. Il en existe une déjà testée dans plusieurs exploitations : l’agroforesterie13.

L’agroforesterie est une pratique agroécologique associant arbres et cultures sur une même parcelle. La mise en place de cette pratique permet de bénéficier de nombreux avantages comme la régulation des bioagresseurs, la restauration de la fertilité des sols, le maintien de l’humidité du sol et la limitation de l’évapotranspiration. De cette manière, il n’y a pas besoin de système d’irrigation et peu besoin d’engrais ou de pesticides. Par exemple, l’ombrage créé par les arbres permet de diminuer l’impact des mirides, qui aiment les zones plus ensoleillées. Autre exemple, dans les années 1930, des cacaoyères ont été plantées dans des zones de savane du Cameroun. L’installation de cacaoyers dans ces zones pourtant considérées comme inadaptées a été possible grâce à l’agroforesterie. Cette pratique maintenant l’humidité du sol et limitant l’évapotranspiration permet de lutter contre la longue saison sèche de la savane, en gardant de bons rendements. La disposition des arbres voisins des cacaoyers a aussi un impact sur la régulation naturelle des bioagresseurs14.

La sauvegarde du cacaoyer ne sera possible que si l’augmentation des températures liée au réchauffement climatique est limitée à 2°C. En effet, au-delà de ce seuil les effets du dérèglement climatique pourraient être dévastateurs, notamment pour l’agriculture. Pour conclure et aller dans ce sens, comme le disaient plusieurs slogans de la Marche pour le Climat : « Sauvons la Terre, c’est la seule planète où il y a du chocolat ! ».

Bibliographie

1 Le cacao est consommé depuis plus de 5000 ans
The use and domestication of Theobroma cacao during the mid-Holocene in the upper Amazon
2 La Mésoamérique correspond à la région s’étendant du nord du Mexique au Costa Rica. Elle comprend également le Belize, le Guatemala, le Salvador, ainsi que l’ouest du Honduras et le versant pacifique du Nicaragua.
3 Les Olmèques sont un peuple précolombien ayant vécu sur la côte du golfe du Mexique et le long de la côte Pacifique de 2500 à 500 ans avant notre ère. C’est la plus ancienne civilisation connue de Mésoamérique. Elle est considérée comme la « culture-mère » des peuples mésoaméricains, car ayant apparemment transmis de nombreuses caractéristiques communes à ces peuples.
4 Peeters Alice. Controverses sur les vertus du cacao et les manières de préparer le chocolat (XVIe-XVIIIe siècle). In: Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 26ᵉ année, bulletin n°3-4, Juillet-décembre 1979. Cacao, cacaoyer, chocolat. pp. 201-216.
Paternotte Stéphanie, Labrude Pierre. Le chocolat dans quelques ouvrages français de pharmacie et de médecine des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Ses effets fastes et néfastes avérés ou supposés. In: Revue d’histoire de la pharmacie, 91ᵉ année, n°338, 2003. pp. 197-210.
5 Publiée en 2009, la classification APG III est la dernière révision de la classification des angiospermes. Cette classification est dite phylogénétique et est basée sur des analyses de phylogénie moléculaires.
6 Motamayor JC et al. Geographic and genetic population differentiation of the Amazonian chocolate tree (Theobroma cacao L). In : PLoS One, 2008 Oct 1;3(10):e3311.
7 Lemordant Denis. Utilisations pharmaceutiques du cacao. In: Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 26ᵉ année, bulletin n°3-4, Juillet-décembre 1979. Cacao, cacaoyer, chocolat. pp. 233-246.
8 Grassi D et al. Short-term administration of dark chocolate is followed by a significant increase in insulin sensitivity and a decrease in blood pressure in healthy persons. Am J Clin Nutr. 2005 Mar;81(3):611-4. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15755830
9 Jia L. et al. Short-term effect of cocoa product consumption on lipid profile: a meta-analysis of randomized controlled trials. Am. J. Clin. Nutr. 2010; 92:218-25 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20504978
10 Du cacao propre, en suffisance et sans enfants esclaves https://www.cncd.be/Du-cacao-propre-en-suffisance-et ; Manger du chocolat sans l’amertume du travail des enfants https://www.consoglobe.com/chocolat-travail-des-enfants-cg
11 Le protocole Harkin-Engel ou « protocole sur la culture et le traitement des fèves de cacao et de leurs produits dérivés conforme à la Convention 182 de l’Organisation international du Travail sur l’interdiction et l’intervention immédiate contre les pires formes de travail des enfants » a été signé en 2001 par de nombreux acteurs de l’industrie du cacao, sous l’impulsion des députés et sénateurs américains Eliot Engel et Tom Harkin.
12 L’industrie du chocolat à la rescousse du cacao menacé par le changement climatique https://www.sciencesetavenir.fr/nutrition/l-industrie-du-chocolat-a-la-rescousse-du-cacao-menace-par-le-rechauffement-climatique_119677
13 Cacao : face au changement climatique, l’agro-écologie à la rescousse https://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2018/cacao-l-agroecologie-a-la-rescousse
14 Curtet Chloé. Influence de la variation du voisinage sur l’indice d’attaque des bioagresseurs du cacaoyer en systèmes agroforestiers : Cas de la moniliose et de la pourriture brune dans la zone de production d’Upala, au Costa Rica. Mémoire de fin d’études, Cergy-Pontoise : ISTOM, 2016, 82 p.

Pour aller plus loin

Bibliographie :

  • Collectif. Petit Larousse des plantes qui guérissent. Éditions Larousse, 2013. 992 p. Petit Larousse de… Santé. ISBN 978-2035872135
  • Huetz de Lemps Alain. Le cacao, richesse des pays pauvres. In: Cahiers d’outre-mer. N° 179-180 – 45e année, Juillet-décembre 1992. Les plantes américaines à la conquête du monde, sous la direction de Yves Monnier et Alain Huetz de Lemps. pp. 357-372.
  • Bereau M., Lachenaud P., Planquette P. Le cacaoyer en Guyane française. In: Cahiers d’outre-mer. N° 179-180 – 45e année, Juillet-décembre 1992. Les plantes américaines à la conquête du monde, sous la direction de Yves Monnier et Alain Huetz de Lemps. pp. 349-356.
  • Pijoan Manuel. Medicina y etnobotánica aztecas. In : Offarm, vol. 22, núm. 9, Octubre 2003, pp. 128-136.
  • Paradis Louise. Le cacao précolombien : monnaie d’échange et breuvage des dieux. In: Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 26ᵉ année, bulletin n°3-4, Juillet-décembre 1979. Cacao, cacaoyer, chocolat. pp. 181-199.
  • Tixier C. De l’arbre à cacao au chocolat : voyage à la source des arômes et des saveurs. In : Phytothérapie, April 2013, Volume 11, Issue 2, pp 79–84
  • Barel Michel. Du cacao au chocolat l’épopée d’une gourmandise. 2e édition. Éditions Quae, 2016. 152 p. Beaux livres. ISBN 978-2759225064
  • Schlienger J.-L. Petite histoire médicale et savoureuse du chocolat: Chocolate: A medical and tasty history. In : Médecine des Maladies Métaboliques, Volume 6, Issue 3, June 2012, Pages 252-255
  • Chevallier Andrew. Larousse des plantes médicinales. Identification, préparation, soins. Éditions Larousse, 2017. 336 p. ISBN 978-2035930743
  • Edoh Adabe Kokou, Ngo-Samnick E. Lionelle. Production et transformation du cacao. CTA et ISF, 2014. 44 p. Collection Pro-Agro. ISBN (CTA) : 978-92-9081-553-2

Webographie :

Quelques mots sur l'auteure et l'article

Cet article a été rédigé par Maëliss Marchand, qui a suivi une formation en herboristerie avec l’Association pour le Renouveau de l’Herboristerie (ARH).

L’article fait suite à l’appel à contribution pour écrire des articles sur les arbres, qui est maintenant terminé. Toutefois, si le thème vous intéresse, n’hésitez pas à publier vos articles à ce lien ou sur le forum du projet Auprès de mon arbre, qui regroupe plusieurs observatoires citoyens sur le thème de l’arbre ! A très vite !

 

12 commentaires

  1. Theobroma cacao n’est pas la seule espèce utilisée pour ses graines. On a aussi le pataste, Theobroma bicolor ; le cupuassu, Theobroma grandiflorum ; Theobroma angustifolium et Theobroma simiarum. C’est souvent la pulpe entourant les graines qui est consommée en boisson.

    Par ailleurs, si je n’ai pas (encore) accès à l’article de Zarrillo et al., 2018, je note qu’on a retrouvé en Equateur des gains d’amidon, de la théobromine et de l’ADN, datant de -5300. Cela prouve que les graines étaient utilisées, mais pas forcément qu’elles étaient fermentées avant leur broyage. Or c’est cela qui fait la spécificité du « cacao ».

    Le mot chocolatl ne semble pas exister en nahuatl avant la Conquête. Les Aztèques consommaient uniquement une boisson froide. Ce sont les Mayas puis les Espagnols qui en ont fait une boisson chaude.

    Cordialement,

    1. Bonjour,

      En effet, il aurait été plus juste de préciser que c’est la seule espèce du genre à être consommée mondialement et avec une telle importance économique.

      En ce qui concerne les preuves d’utilisation du cacao dans le Sud-Est de l’Équateur il y a plus de 5000 ans, il aurait été plus prudent de parler d’utilisation du cacaoyer.

      Effectivement, je n’ai pas précisé que les Aztèques préparaient une boisson froide avec les fèves. Quant au mot chocolatl, à quel article vous référez-vous ? Cela m’intéresse.

      Cordialement,

      Maëliss

  2. Vous avez raison de me demander ma source ! Cela me permet de vous recommander un excellent livre : Coe, Sophie D. & Coe, Michael D., 1996. The true history of chocolate. London, Thames and Hudson. 280 p. : pp. 115-120. Sophie était une spécialiste d’histoire de la cuisine, et son mari Michael est un archéologue mayaniste. En bref, ils disent que les Nahuatls appelaient la boisson cacahuatl (où atl = eau), et les Mayas chacau haa ou chocol haa (où chacau ou chocol = chaud, et haa = eau). Il faut savoir que la première génération de Criollos était formée d’hommes espagnols mariés à des femmes amérindiennes. Le nom maya chocolhaa a été « créolisé » simultanément en néo-nahuatl chocolatl et en espagnol chocolate. Le changement de nom a dû être facilité par le fait que les sonorités de cacao rappelaient trop le caca (mot espagnol… et français) par sa couleur et sa consistance.

    J’ai détaillé cela dans mon Encyclopédie des plantes alimentaires, et je viens de mettre toute ma biblio sur le site Pl@ntUse (page Theobroma cacao).

    1. J’ai adoré lire cet article, cela m’a permit de revivre certains cours de civilisation hispanique et surtout je le trouve complet et intéressant car tu as intégré différentes paragraphes qui permettent d’enrichir les connaissances. Fière de toi Ma Malice ❤️. Nous t’aimons très fort. Je ne signe pas, tu sais très bien qui aura rédigé ce commentaire.

    1. En effet, je n’ai pas vraiment abordé ce sujet. Si vous avez de bonnes sources en parlant, je suis très intéressée !

  3. Euh, Cortés accueilli par les indiens…. dans un premier temps plus ou moins, bien qu’il y ait eu dès le début des morts et des massacres, ( et aussi des alliances avec certains peuples).

    Ensuite, ce ne sont que des histoires de massacres.

    Certes, mon commentaire ne change rien à l’intérêt principal du texte…mais quand même !!!

  4. Très bel article Maeliss ! J’en ai pris connaissance grâce à tes parents qui peuvent être très fières de leur fille. La lecture de ton texte est agréable, instructive et je l’ai lu en sirotant un café accompagné d’un carré… de chocolat noir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *