Des orchidées sauvages dans mon jardin : les bonnes pratiques pour les accueillir et les protéger

LIVRE/ Savez-vous qu’il existe en Europe des centaines d’orchidées sauvages indigènes ? Mieux encore, que certaines pourraient bien s’établir dans votre jardin… !?

Les orchidées sauvages sont un véritable trésor de notre patrimoine naturel. Elles contribuent à l’équilibre de la biodiversité en développant des relations complexes avec de nombreux organismes vivants, en particulier les insectes. Malheureusement, nombre d’entre elles souffrent de la disparition de leurs habitats naturels, du changements climatique et surtout, de l’ignorance du grand public : particuliers qui en font la cueillette sans imaginer quel type de fleur ils ont dans les mains, agents d’espaces verts qui pratiquent la fauche trop tôt en début de saison, et la tonte systématique des bords de routes, etc.

Ce livre est donc pensé dans un souci de partage de connaissances d’une part, afin de faire prendre conscience de la situation critique des orchidées sauvages en incitant tout un chacun à agir en leur faveur ; d’autre part, afin d’émerveiller les lecteurs par l’étonnante diversité de ce monde végétal aux ressources (presque), infinies…

L'auteur

Passionnée depuis toujours par les insectes qu’elle a appris à connaître en autodidacte, puis par les plantes sauvages dont elle a approfondi l’étude des usages alimentaires et médicinaux au contact de François Couplan, Morgane Peyrot est animatrice nature et propose des formations thématiques pour les professionnels et le grand public sur son site : https://mondedesens.wixsite.com/m-d-s . Elle est également auteur d’ouvrages et de guides nature consacrés aux plantes sauvages et aux insectes.

Informations pratiques

Des orchidées sauvages dans mon jardin : les bonnes pratiques pour les accueillir et les protéger
Auteur : Morgane Peyrot
Préfacier : François Couplan
Éditions Jouvence
Date de publication : 12/04/2020
Broché, 128 pages
ISBN : 2-88953-302-6
9,90 euros

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20 commentaires

    1. Les orchidées ont le bon gout de s’établir là où ça leur plait. Il y a trois ans, il y avait une belle touffe d’Orchis pyramidal sur la pelouse qui borde la place du Colonel Fabien, à Paris. Je ne sais pas si elle y est encore. Et plusieurs espèces viennent spontanément dans diverses pelouses de notre village de l’Aude (les prairies voisines regorgent d’orchidées). Quant à les installer, c’est une autre affaire. Ma femme a essayé et échoué. Peut-être faut-il transporter la motte de terre avec la plante, pour assurer la présence du champignon symbiote ? En évitant de transplanter les espèces menacées, bien entendu.

    2. Bonjour,

      mon livre donne plutôt les bases pour apprendre à reconnaître les orchidées sauvages, ainsi que les pratiques à adopter pour les favoriser et/ou les protéger lorsque ces dernières sont déjà en place au jardin. En aucun il n’est question de « transplantation » de ces espèces protégées. Belle journée.
      Cordialement.

  1. Les orchidées sauvages sont particulièrement capricieuses, comme de nombreuses et belles espèces. Depuis plusieurs années, j’ai diverses espèces qui poussent spontanément dans notre jardin de l’île de Ré. Mais jamais au même endroit, et souvent certaines espèces disparaissent au bout d’un an, puis réapparaissent ailleurs …. Les espèces concernées sont : Ophrys passionnis, Spiranthes spiralis, Himanthoglossum hircinum. Je déplore un peu ces caprices mais cependant je doute qu’une introduction soit vraiment durable, même si elle réussi une fois. D’un autre coté, chaque printemps est riche de surprises : qui viendra ?

  2. je connais plusieurs jardins privés en Sarthe où croissent Ophrys apifera (6 au Mans) ou Spiranthes spiralis (2 : Thoiré sur Dinan et Rouillon)
    l’important est de gérer la pelouse d’une façon intelligente.

    1. bonjour, quelle est l’origine de ces orchidées dans ces jardins! s’agit-il d’anciennes stations, où on permet aux orchidées, déjà présentes! de pousser? Il faut des mycorhizes pour que des graines nouvelles de ces plantes se développent dans le cas où elles seraient apportées par le vent.

    2. pour P Zerna

      ces orchidées sont venues par elle-même; Ophrys apifera s’accomode très de terrain bouleversé (talus de barrage, pelouse de zone d’activités
      Il m’est arrivé de voir Epipactis helleborine ne quantité dans une peupleraie et parfois dans des ballasts SNCF

    3. Comment peut-on faire, les orchis dans mon jardin ne se voient que lorsque l’herbe est très haute, je les ai découvertes cette année, parce que j’ai été absente tout le printemps. Peut-on les repiquer à l’abri de la tondeuse ? Merci de votre réponse

  3. La « transplantation » d’orchidées sauvages est certes malaisée et incertaine, mais cela fonctionne parfois.
    J’ai assisté à une tentative de sauvegarde d’une population d’une trentaine d’Ophrys Apifera sur le site d’une entreprise.
    Cette société allait construire un immeuble de bureaux sur une parcelle de pelouse et de parkings sur son propre terrain.
    C’était à Magny les Hameaux en 2014. Les employés intéressés et possédant un jardin, ou susceptibles de pouvoir transplanter les plantes dans un jardin privé, ont été invités a faire cette récupération avant que la clôture ne soit posée annonçant le début du terrassement, des travaux et interdisant donc l’accès à cette parcelle.
    Cela a duré 3 semaines environ. Les gens avaient pour indication majeure de bien récupérer la motte autour du pied de la plante. Justement pour récupérer le champignon qui vit en symbiose avec l’orchidée.
    Je travaille toujours au même endroit et, au moins 2 personnes ont désormais ces orchidées qui poussent sur leur pelouse.
    Mais pas au même endroit qu’initialement planté pour l’une de ces 2 personnes. Bizarre…

    Dans tous les cas, c’était une initiative à faire. Car, de toute façon, c’est du béton qui allait s’abattre sur ces orchidées.
    Les nouveaux bureaux ont été inaugurés 18 mois plus tard…
    J’ai pourtant observé depuis l’année dernière, une très timide résurgence sur d’autres pelouses environnantes (qui n’avaient pas été impactées par les travaux).
    La nature fait son chemin.

  4. Au jardin des Plantes, en plein Paris (5e arrondissement), plusieurs orchidées poussent plus ou moins régulièrement, des Orchis pyramidalis, Loroglossum hircinum, Dactylorhiza cf. praetermissa.
    C’est un plaisir de les retrouver, mais parfois elles « migrent », comme indiqué par les autres intervenants.

  5. Bonjour à tous,

    Et merci pour vos remarques. Mon livre n’est pas fait dans le but d’inciter à la transplantation des orchidées, au contraire, mais plutôt de les faire connaître et d’inciter le public à prendre soin de son jardin pour les y inviter naturellement. Ces mesures profiteront également à d’autres espèces comme les plantes sauvages et les insectes . Belle soirée. Cordialement.

    1. En effet, la transplantation d’orchidées est toujours hasardeuse. En revanche, leur venue spontanée est fréquente si on leur facilite un peu la tâche : pas de tonte précoce, aucun produit chimique au jardin.
      J’ai dans le mien près de Dijon des dizaines d’orchis pyramidaux (Anacamptis pyramidalis), d’orchis boucs (Himantoglossum hircinum), des orchis homme pendu (Orchis anthropophora) et ophrys abeilles (Ophrys apifera). Deux céphalanthères blanches (Cephalanthera damasonium) s’étaient installées il y a quelques années mais ne se sont pas maintenues. Toutes ces plantes sont sans doute venues d’un parc situé à l’ouest à un jet de pierre.
      Je ne tonds plus, ou seulement une fois par an avec précaution, et je proscris toute chimie : tout ce petit monde prospère à qui mieux mieux !

  6. Je participe à un programme de monitorage d’Ophrys apifera qui ont été transplantées sur les berges du Rhin près de Bâle il y a une bonne vingtaine d’années. Nous observons 3 fois par an la présence/absence et l’état de santé de chaque plante.
    Bien que plusieurs des plantes d’origine aient disparu, chaque année de nouvelles plantes apparaissent ! La plupart du temps ce sont des clones de plantes déjà présentes auparavant, mais parfois ce sont des plantes nouvelles.

    Je me demande si ces « migrations » que plusieurs d’entre vous observent ne sont pas liés à l’apparition de nouveaux clones par reproduction végétative suivis par la disparition de la plante d’origine. Dans nos données, nous avons en effet observé plusieurs déplacements de ce type, et nous les transcrivons comme une disparition de la plante d’origine et l’apparition d’un nouveau clone.
    Il faut aussi prendre en compte que les orchidées ne fleurissent pas chaque année, parfois elles se font discrètes et il nous semble qu’elles ne sont plus là quand en réalité elles possèdent toujours des feuilles au ras du sol (rosette) et leur pseudo-bulbe souterrain, et elles pourront refleurir quelques temps après. Mais il est aussi possible qu’à cause du gel ou des escargots certaines plantes périssent…

    Enfin, ça fait plaisir de voir que des orchidées poussent dans des jardins aussi !
    J’ai aussi vu des Ophrys apifera pousser dans des bosquets en pleine ombre et se porter très bien, il me semble donc que ces orchidées nous cachent encore bien des surprises !

  7. Bonjour
    la plupart des transplantations dont j’ai eu connaissance se sont terminées par la mort de la plante au bout de quelques années. Peut-être bien que bcp d’espèces sont plus de bisannuelles ou des vivaces à vie courte que des vivaces longévives. Ophrys apifera, Anacamptis pyramidalis, Himantoglossum hircinum, etc. sont souvent des adventices des pelouses peu entretenues. De là à constituer des populations pérennes il y a loin.

    1. Je ne connais pas votre définition du mot pérenne mais dans mon jardin les populations de ces trois espèces, plus Orchis anthropophora, existent depuis au moins quinze ans, date de mon installation, et leurs effectifs croissent d’année en année. Peu de jardins urbains sont entretenus de façon à les épargner, ce qui empêche d’avoir une expérience significative de leur longévité dans ces conditions.

    2. Une population est-elle pérenne à 9 ans ? Je tiens un compte annuel des différentes espéces qui poussent sur mon terrain , elles reviennent chaque année , pas en même nombre , pas toujours exactement au même endroit . Et j’en ai trouvé encore une nouvelle l’an passé ( cephalanthera longifolia ) . Les 13 autres espéces sont fidèles au poste . J’habite dans l’Aude , Corbières .

  8. J’ai la chance d’avoir 14 espèces différentes d’orchidées sauvages dans mon grand jardin ( dans l’Aude ) . J’amuse beaucoup mes voisins avec mes marqueurs en plastic jaune plantés un peu partout dans le jardin , et ma façon de tondre la  » pelouse  » en arcs de cercles et en laissant des espaces sauvages tondus seulement en automne ( en évitant aussi spiranthes , ça se complique ) . Mais j’ai aussi de la chance d’avoir des voisins curieux qui , passée la rigolade , font aussi attention à ce qui pousse chez eux . Les pelouses du quartier sont moins bien léchées mais bien fleuries !
    Pas d’accord cependant pour aller chercher des orchidées dans la nature pour les transplanter chez soi , sauf si elles sont en danger d’être détruites . La transplantation est hasardeuse , beaucoup de conditions à respecter , il vaut mieux favoriser patiemment ce qui est déjà là , même en dormance . Chez moi , un ophrys fusca a poussé et fleuri après avoir été complétement étouffé par une sauge trop dynamique ….7 ans après !

  9. J’habite en Champagne ( près de Troyes) Dans un grand pré attenant à mon jardin sont apparues quelques orchidées (Ophrys apifera , bouc..) qui se multiplient chaque année et que je protège jalousement.

  10. Les orchidées ne migrent pas, les graines se resèment voilà tout…la où le vent les aura porté. C’est ainsi qu’elles apparaissent « spontanément ». Mais leur développement induit tellement de contraintes (n’oublions pas que le taux de germination des graines d’orchidées est un des plus faibles qui soit) que peu de plantes « spontanées » survivent en dehors de leur biotope de prédilection.
    Trouver dans son jardin une ou des orchidées puis l’année suivante un ou deux pieds ailleurs (éloignés de quelques mètres), c’est qu’il y a eu un apport de graines simultanément ou consécutivement aux deux emplacements. Mais souvent pas à partir du premier pied observé car il faut 2 à 3 ans généralement entre la graine et un plant fleuri.

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