Identifier les champignons ?

Philippe Bouchet, maître de conférence agrégé à l'Université de Reims dans son Abrégé de Cryptogamie, publié chez Masson en 1979, a quelque peu révolutionné le cheminement de l'identification des champignons en recourant à des observations et manipulations originales. Les caractères des ordres, familles et tribus sont mis en valeur... Un petit vernis de langage informatique agrémente ses découvertes. Le succès de l'identification des champignons récoltés a progressé.
Capture du site lephytoscope.fr
Capture du site lephytoscope.fr

Les champignons se cueillent sur le sol en forêt, ou dans les prés et prairies. Ce sont des « fruits » de végétaux cryptogames de la classe des Ascomycètes et Basidiomycètes (les plus nombreux). On les nomme aussi « sporophores », car ils portent les organes de dissémination, les spores.

Leur identification est difficile pour le non initié mais pourtant indispensable, en raison du risque d’intoxication que leur consommation peut faire courir. De nombreux ouvrages ou atlas sont attrayants mais en définitive peu utiles. Le fait de feuilleter et tenter d’identifier en comparant l’échantillon à une photo couleur laisse le plus souvent un doute et avant de trouver la photo approchante il faut une bonne dose de patience.

Nous allons proposer une autre démarche, soit une solution interactive basée en partie sur la classification de Philippe Bouchet (1979) et sur des caractères physiques pratiques.

Les champignons se classent naturellement en deux catégories, d’une part les Micromycètes, de taille microscopique invisibles au promeneur et d’autre part en Macomycètes d’une taille généralement supérieure au cm. En botanique, la hiérarchie les divise, selon l’exemple du Collybia, en Règne (Fungi) en Division (Basidiomycota), en Classe (Agaricomycetes), en Sous-classe (Agaricomycetidae).Exemple du Collybia nuda en Ordre (Agaricales), en Famille (Clitocybaceae), en Genre (Collybia), en Espèce (Collybia nuda).

Les deux grandes divisions, les Ascomycètes et les Basidiomycètes, se distinguent par l’organisation de leur reproduction sexuée. Chez les premiers les spores, au nombre de huit, sont incluses dans une vésicule appelée asque, chez les seconds les spores, au nombre de quatre, sont portées à l’extérieur d’une autre vésicule, la baside. Le caractère fondamental des champignons (d’après la signification du mot cryptogame) est la dissimulation des organes sexués et des organites de multiplication, les spores. En effet, Il n’y a pas d’organes sexués, mais des tissus (hymenium) où se trouvent les spores. Celles-ci sont microscopiques, invisibles sinon prises en masse, « la sporée ».

Recueillie sur une feuille de papier, la couleur de la sporée permet de séparer plusieurs groupes de champignons. Ce critère, bien que très important, ne peut être utilisé au moment de la récolte, on n’y recourra qu’ultérieurement et à titre de confirmation. La clé de départ est fondée sur l’organisation de l’hymenium (lames, tubes, épaissements ou pointes). Ensuite, plusieurs tests importants, récemment proposés par Philippe Bouchet, peuvent être pratiqués sur le terrain, par exemple : 1° la séparation du pied du chapeau 2° l’état « grenu » ou « non » du champignon, selon qu’il se brise franchement (comme un bâton de craie) ou non. Dans le document présent, huit questions ou critères ont été retenues. Les résultats, conduits selon le système html, permettent d’avancer dans la détermination exacte ou approchée des principaux champignons.

Deux pages du documents illustrent la démarche de l’auteur.

Capture du site lephytoscope.fr
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L’intégralité doit être saisie sur ordinateur pour profiter des outils informatiques sur le site Le phytoscope.

La saison d’automne 2025, heureusement clémente, nous a permis, ma famille et moi, de réaliser de bonnes interprétations après quelques promenades en forêt de Fontainebleau.

2 commentaires

  1. Cher ami bonjour. Je ne sais pas si le Pr Alain Bouchet, médecin anatomiste de la Faculté de médecine de Lyon soit le père de Philippe Bouchet, successeur au Pr Guignard, de la faculté de Pharmacie de Paris et Chatenay-Malabry.
    Ayant été invité par le doyen de la faculté de Pharmacie de l’Université d’Abidjan, à dispenser des cours de cryptogamie, aux élèves de 2ème année, j’ai dû consolider mes propres connaissances reçues dans mon jeune temps au Museum National d’Histoire Naturelle de Paris (Pr Roger Heim) , enrichies par ma formation d’élève de 1ère année de phytopathologie à l’Office de Recherches Scientifiques et Techniques Outre-Mer ( ORSTOM) , par l’étude approfondie de l’ouvrage de Ph.Bouchet .
    Dans mon temps de retraite, j’ai eu plaisir à mettre au point ce petit ouvrage informatisé, le destinant à des cueilleurs attentifs de macromycètes et de responsables d’officines pharmaceutiques, parfois interrogés sur ces questions. Cordialement.
    lephytoscope.fr 20/11/2025

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