Un weekend sous le signe de la botanique avec les vigie-floristes

Pour cela, les observateurs et observatrices réalisent des inventaires les plus exhaustifs possibles dans des zones aléatoires qui leur sont attribuées. L'identification d’autant d'espèces pouvant être difficile, alors ce programme s’adresse plutôt à des botanistes (amateurs comme professionnels) aguerris.
Le bassin aquitain abrite une grande diversité de paysages : dunes littorales, landes, prés salés, zones saumâtres influencées par les marées… Autant de milieux aux plantes bien particulières. Pour vous mettre dans l’ambiance, voici un petit jeu : sauriez-vous deviner les espèces décrites ci-dessous ?
Sur les plages, une graminée typique se fixe facilement sur les dunes grâce à ses racines très profondes. Ses feuilles s’enroulent lorsque l’air devient trop sec, et des poils à leur surface limitent l’échauffement : l’essentiel pour survivre au sable et au vent. (Plante 1).
Plus loin, dans les fourrés dunaires, on retrouve un petit arbrisseau arborant une spectaculaire floraison blanche en début d’été et des feuilles ovales ou oblongues gaufrées (Plante 2). Ses racines peuvent être parasitées par notre troisième plante mystère. Celle-ci est incapable de photosynthèse et tire donc ses ressources de la plante hôte, qu’il ne parasite pas au point de la tuer puisqu’elle est garante de sa survie. Sa floraison jaune-orangé se situe au ras du sol et s’observe d’avril à juin. Elle est rare : si vous la rencontrez, un signalement au Conservatoire botanique national sud-atlantique est précieux ! (Plante 3).
Dans les boisements humides du Val de l’Eyre, on trouve une plante emblématique, rarissime en Europe. Cette mousse reconnaissable à ses jeunes feuilles vert clair en forme de faucille se développe sur les troncs et souches d’aulnes et de saules. Elle a besoin d’être temporairement immergée en hiver lors des crues de la Leyre pour survivre (Plante 4).
Cette présentation passionnante a été animée par Christophe Monferrand, référent régional Vigie-Flore.

Les réponses
Plante 1 : vous l’aurez certainement deviné, il s’agit de l’Oyat (Ammophila arenaria, son nom signifiant « qui aime le sable »).
Plante 2 : la seconde plante est le Ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius).
Plante 3 : il s’agit du Cytinet (Cytinus hypocistis).
Plante 4 : la dernière plante est la Fontinale chevelue (Dichelyma capillaceum).
La matinée du samedi était bien remplie. Elle a commencé par la distribution du dernier bilan Vigie-Flore, suivie d’un rappel du fonctionnement du programme. Puis, Solène Agnoux (MNHN/ARB) a partagé ses travaux de thèse, qui s’appuient sur les données collectées par les vigie-floristes.
Ensuite, les participants ont choisi entre deux ateliers :
- un atelier autour du protocole, pour discuter de son amélioration ;
- un atelier autour de la restitution, pour imaginer comment mieux partager les découvertes, notamment les identifications délicates.
Ces moments d’échange sont essentiels : ils permettent à chacun de contribuer à l’évolution du programme.
La matinée s’est terminée par une présentation pour le moins originale : des brebis vigie-floristes ! Soazic Grison, participante, nous a parlé de son activité d’éco-pâturage avec ses brebis de race solognote, parfaites pour entretenir des milieux naturels fragiles. Grâce à ses connaissances botaniques, elle adapte leurs déplacements pour préserver les prairies et les plantes qui y poussent… et, en entreprise ou en maison de retraite, leur présence apporte un charme que la machine à café ne remplacera jamais !

L’après-midi, place au terrain ! Deux groupes sont partis en balade botanique avec Aurélien Caillon (CBN) et Christophe Monferrand. Au fil du chemin, les participants ont appris à reconnaître différentes espèces : l’Aster maritime (Tripolium pannonicum), le Cerisier tardif (Prunus serotina), la Ruppie maritime (Ruppia maritima), l’Aster écailleux (Symphyotrichum squamatum), l’Obione faux-pourpier (Halimione portulacoides), le Paspale engainé (Paspalum vaginatum) et bien d’autres.

Puis, Sophie Nadot (Université Paris-Saclay) a présenté le projet Botascopia. L’idée : créer une base de connaissances sur la morphologie des plantes à fleurs ainsi que d’autres caractéristiques (écologie, distribution, propriétés), afin de générer automatiquement des clés de détermination et des fiches descriptives adaptées au contexte local. Une alternative aux applications d’identification automatiques.
Le samedi soir, place à la détente avec un quiz collaboratif « Question pour un(e) vigie-floriste », construit grâce aux questions envoyées par les participants. La soirée s’est prolongée autour d’un repas partagé, façon auberge espagnole et en musique !
Le dimanche matin, le groupe a traversé la réserve ornithologique du Teich… l’occasion de découvrir que beaucoup de vigie-floristes sont aussi ornithologues !

Jouez vous aussi à "Question pour un(e) vigie-floriste"
Un grand merci à toutes et tous pour ces beaux moments, ainsi qu’aux organisatrices : Ania (MNHN) et Vanessa (Tela Botanica).