« Petit à petit, j’ai découvert d’autres plantes, plus petites, discrètes, pas faciles à voir » – Des récits pour faire fleurir les sciences participatives

Certains contribuent depuis des années, d’autres ont découvert un programme le week-end dernier. Il y a ceux qui ont participé à une sortie par hasard, et ceux qui se sont lancés pour mieux connaître les plantes autour d’eux. Que vous soyez naturaliste passionné, simple curieux de la nature, enseignant, grand-parent, promeneur du dimanche ou scientifique, votre histoire compte. C’est pourquoi nous avons lancé une collecte de récits autour des sciences participatives et aujourd'hui, c'est le tour de JACQVA !
Des récits pour faire fleurir les sciences participatives

Le témoignage de JACQVA

À quel(s) programme(s) de sciences participatives avez-vous participé (ou souhaitez-vous participer) ?

« L’Observatoire des Saisons »

Vous participez à ce (ces) programme(s) en tant que :

« Citoyen, citoyenne »

Depuis combien de temps participez-vous ?

« Depuis plus de 5 ans »

Pouvez-vous nous raconter comment vous avez découvert les sciences participatives et ce qui vous a donné envie d’y prendre part ?

« La dernière partie de ma carrière professionnelle s’est déroulée en région parisienne, à Vincennes où je passais la semaine. Le soir l’été, je me baladais dans le bois, proche de l’entreprise. En arpentant les sentiers avec un petit appareil photo numérique, j’en suis venu à photographier quelques fleurs que je trouvais jolies. La suite logique consistait à rechercher les noms de ma récolte. La bibliothèque municipale et ses livres de botanique m’ont beaucoup aidé. A la retraite en 2008, j’ai continué sur la lancée. Le virus avait pris. Je n’ai pas de jardin, mais j’ai un immense parc à ma disposition près de chez moi, les remparts de Maubeuge. Le monde floral s’ouvrait à moi. C’est ainsi que j’ai commencé la recherche systématique des plantes. Et à partir de 2009, je me suis alors intéressé à leur période de floraison, ce qui m’a entrainé à faire des relevés régulièrement. »

Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans ce (ou ces) programme(s) en particulier ?

« J’ai découvert l’Observatoire des Saisons en 2012 dans la revue du département du Nord. Quelques articles concernent toujours l’environnement et la nature. C’est dans un nota d’un de ces articles qu’il y avait la référence au site de l’ODS. Je l’ai noté en vue d’une éventuelle utilisation ultérieure. Au printemps suivant, quand la saison démarrait, j’ai consulté ce site. C’est comme cela que j’ai appris que je faisais de la phénologie sans le savoir ! »

Quelles étaient vos interrogations ou vos craintes avant de vous lancer (si vous en aviez) ?

« J’ai fait l’inventaire des espèces suivies par l’ODS. Côté herbacées, c’est facile pour moi, mais pour les arbres, cela a été plus difficile car ils n’étaient pas dans mon domaine de recherche. J’ai donc commencé par repérer les arbres faciles à reconnaître tels que frênes, noisetiers et merisiers, abondants dans les remparts, bouleaux peu nombreux. Cela a été le début de mes relations avec l’ODS. Me lancer dans cette aventure sans expérience m’inquiétait au début. Mais je m’y suis mis en essayant de bien cerner les différentes phases demandées pour chaque arbre et finalement je pense y être bien arriver. »

Comment décririez-vous votre expérience depuis vos débuts jusqu’à aujourd’hui ?

« Au début, j’ai inventorié les principales espèces de plantes herbacées, puis petit à petit j’ai découvert d’autres plantes, plus petites, discrètes, pas faciles à voir. J’ai été très surpris d’en découvrir plus de 250 différentes dans les remparts de Maubeuge ou les bords de Sambre. Jamais je n’aurais imaginé qu’il y en avait tant. J’ai dû arrêter mes relevés en 2023, en raison de l’abandon de l’entretien de cette partie sauvages des remparts qui sont devenus inaccessibles en plusieurs endroits. Depuis je publies mes planches photos régulièrement sur Tela Botanica. Ce qui m’a permis encore progresser dans mes connaissances grâce aux commentaires de botanistes chevronnés. »

Comment participez-vous à ce ou ces programme(s) ?

« Je participe seul-e »

Avez-vous initié d’autres personnes (amis, enfants, petits-enfants, élèves, collègues, collectifs…) ? Et si oui, pouvez-vous nous raconter comment ça s’est passé ?

« Non »

Qu’est-ce que votre participation vous a apporté ?

« Connaissances sur la botanique »

Voulez-vous préciser ce que votre participation vous a apporté ?

« Cela m’a permis de connaître la botanique, en particulier, le développement des plantes, la taxonomie et les subtilités de la flore. »

Y a-t-il un conseil ou un message que vous aimeriez transmettre à des participant-e-s ou à quelqu’un qui hésite à participer à un programme de science participative ?

« Certaines plantes ne répondent pas au schéma théorique habituel, c’est-à-dire croissance de la tige et apparition des feuilles, puis floraison et enfin fructification. Voici un cas plutôt déstabilisant dans mes débuts. En mars, apparaissent sur un espace d’environ 50 m2 quelques dizaines de pieds feuillés faisant penser à des tulipes. J’ai donc suivi leur évolution. Un bouton volumineux apparaît au milieu. Mais en juin-juillet, ces gros bouquets de feuilles se couchent et finissent par disparaître. Et côté fleurs : rien ! Déçu d’avoir loupé la floraison, j’attendais avec impatience l’année suivante, bien décidé cette fois à ne pas rater l’apparition des fleurs. Et l’année suivante, même résultat : aucune fleur. Cela m’intriguait beaucoup, mais je ne trouvais aucune explication. Au même endroit, en septembre cette fois, poussent des fleurs ressemblant aux crocus. Étant donné la saison, ce ne peut être que le colchique d’automne. Quelques temps plus tard, en consultant mes livres, j’ai découvert que le colchique fructifiait au printemps. C’est comme cela que j’ai compris que mes tulipes sont en réalité les feuilles de colchiques et les gros boutons, les fruits. Étonnante plante avec un contraste saisissant entre sa fleur fluette et ses feuilles et fruits robustes. »

Y a-t-il un conseil ou un message que vous aimeriez transmettre à des participant-e-s ou à quelqu’un qui hésite à participer à un programme de science participative ?

« J’ai remarqué, après avoir choisi une espèce à suivre, que les débuts de feuillaison ou floraison pouvaient s’étaler avec parfois jusqu’à un mois d’écart. Je pense qu’il faudrait, lors des enregistrements sur le site de l’ODS, recommander de sélectionner plusieurs plantes par espèce choisie, 4 ou 5 par exemple pour déduire une bonne moyenne.
Consulter l’INPN est très instructif car permet de situer la plante dans la classification, classique ou APG (classification cladistique). »

Comment imaginez-vous l’avenir de ces programmes, et qu’aimeriez-vous voir évoluer ou se développer ?

« Lorsque l’on veut approfondir, les fiches de l’abbé Coste sont parfois insuffisantes car les variétés ne figurent pas. Il faudrait peut-être compléter la description des sous-espèces dans Tela-Botanica. »

Selon vous, en quoi les sciences participatives sont-elles importantes pour la botanique ou la société en général ?

« La participation d’un grand nombre d’internautes réparti dans toute la France permettrait aussi de définir les régions préférées pour chaque taxon. »

Plus de témoignages

3 commentaires

  1. Depuis longtemps j’archive les planches photo de JACKVA et ses commentaires si détaillés et accessibles, extraordinairement utiles à l’ignorante amoureuse des plantes que je suis.
    Tout était dans un dossier — en webarchive et… aujourd’hui, tout est vide !!

    Y a-t-il une compilation de de ce qu’il a publié sur Tela Botanica depuis des années ? Sinon peut-on le joindre pour les obtenir ?J’habite le Nord et pourrais me déplacer si nécessaire.
    Merci infiniment de votre aide !
    Claire Dufour

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