Reconstruire les forêts tropicales

Un livret technique pour la conduite de la revégétalisation
sur les surfaces minières alluvionnaires de Guyane

En Guyane, l’exploitation minière conduit à la destruction de plusieurs écosystèmes dont la forêt les sols et les cours d’eau. Cette destruction n’est pas inéluctable. Depuis 1997, des efforts ont été fournis pour la reconstruction d’ensembles forestiers susceptibles d’évoluer en forêt tropicale humide. Le recours à des espèces pionnières étrangères s’est révélé indispensable et très performant. Il s’en est suivi en effet un retour des espèces autochtones se rapprochant du nombre moyen d’espèces d’arbre à l’hectare (150 espèces d’arbres pas hectare environ). Ceci est possible grâce à la proximité de forêts encore intactes comprenant des vecteurs animaux tels que les chiroptères et autres insectes qui participent activement au retour des espèces autochtones. Le milieu forestier reconstitué constitue en effet un milieu attractif pour de nombreuses espèces animales vecteurs de diaspores (fruits et graines).

Depuis plusieurs années, les revues sont assaillies d’articles de dénonciation d’impacts que subit la forêt tropicale en l’occurrence. Il est pour le moins original de proposer aujourd’hui une écologie plus participative à la reconstruction des écosystèmes endommagés.
Espérons que d’autres zones ayant subit des dommages écologiques tels que le Brésil, le Nigeria, le Cambodge, qui comptait 70 % de forêts dans les années 1980 et qui aujourd’hui n’en compte plus que 30 %, et la majeure partie des pays tropicaux, pourra aussi tirer parti de l’exemple guyannais et ainsi reconquérir l’espace endommagé.

L’orpaillage fourni l’exemple d’une destruction maximale d’un milieu naturel par l’exemple des travaux entrepris en Guyane française, il est démontré que même ces milieux là peuvent êtres revégétalisés pour aboutir à des forêts à un caractère proches de l’état naturel.

Denis Loubry, Docteur en biologie végétale, ingénieur en écologie , passionné des forêts et de leurs écosystèmes s’est investit dans la recréation d’écosystèmes dégradés depuis une quinzaine d’années.
Ce livret technique rédigé par ses soins permet à l’amateur non versé dans la biologie végétale tropicale de conduire une restauration optimale pour un rétablissement de la forêt. Le livret comprends aussi bien une partie théorique avec les principes de bases de restauration de la fertilité des sols suivi d’un protocole de la conduite générale à tenir, et est accompagné d’un descriptifs des protocoles à tenir. Dans un but très pratique, les gestes horticoles sont décrit depuis la création d’un compost jusqu’au repiquage définitif des plants en place.

L’auteur[[Note de l’auteur :

J’atteste que le document « Livret technique pour la conduite de la revégétalisation sur les surfaces minières alluvionnaires de Guyane » dont je suis l’auteur unique est de consultation libre et gratuite sur Internet. Toute utilisation des images et photographies doit faire apparaître le nom de l’auteur du cliché ou à défaut le nom du site Internet. Ce document doit être obligatoirement cité pour toute utilisation, même partielle, notamment lorsqu’il est utilisé pour des travaux de recherches, expertises, études d’impact et tout autre publication. La citation proposée est : LOUBRY, D. – 2002 – Livret technique pour la conduite de la revégétalisation sur les surfaces minières alluvionnaires de Guyane.IRD, Cayenne, GF, 54p.
]] compte à son actif plus d’une centaine d’hectares revégétalisés, et le retour d’expériences montre que le protocole proposé offre les meilleurs résultats attendus.

Loïc Cecilio

– Consulter l’intégralité du « Livret technique pour la conduite de la revégétalisation sur les surfaces minières alluvionnaires de Guyane » dans la rubrique Publications de Tela Botanica.
– Télécharger l’article au format PDF (52 pages, 7,9 Mo).

2 commentaires

  1. Bonjour,
    je tenais à faire quelques commentaires sur ce document que j’ai eu l’occasion de lire attentivement il y a déjà quelques années.

    Ce livret technique est une source d’information très intéressante en matière de procédés horticoles (réalisation de boutures, récolte de graines) et de restauration des sols. Ce côté « technique » du document, qui est finalement assez rare dans les ouvrages scientifiques, offre une transition de connaissance très appréciable ; surtout vis à vis des besoins actuels en terme de réhabilitation en milieu tropical.

    Néanmoins, il est regrettable que les espèces mises en avant pour ce protocole de revégétalisation ne soient pas des espèces locales ({Acacia mangium}, {Clitoria racemosa}, {Erythrina fusca}). La première étant même en phase d’avoir un statut d’espèce exotique envahissante (comme c’es le cas au Brésil). En effet, une fois installées, les populations d »{Acacia mangium} s’étendent spontanément en s’implantant sur des milieux (savanes, bord de routes, abattis) normalement occupés par une flore endémique en étroite relation avec la faune locale.

    Ce document est donc à prendre avec précaution quant au choix des espèces à utiliser.

    1. Le terme de « plantes envahissante » est devenu un des mots favoris des écologistes révoltés, si bien qu’on fustige, on critique, et on veut anéantir ces espèces qui sont à l’image de l’homme.

      C’est une erreur cependant de considérer que le développement rapide d’une espèce, même « exotique » soit nuisible, sachant qu’après quelques années celle-ci sont naturellement éjectée du milieu par manque de lumière face aux espèces endémiques ombrophiles qui ont pu se développer grâce à l’enrichissement en humus, azote, la porosité du sol, et la création de zones d’ombre par ces premières espèces malfamées. Dans le cas présent, on parle d’un écosystème détruit où les légumineuses sélectionnées ont la capacité de croitre en milieu défavorable, c’est à dire là où la pauvreté du sol en minéraux, sa structure compacte, la présence d’aluminium et de fer en excès, et l’exposition permanente au soleil à rendu le terrain stérile, et empêche les espèces endémiques de se développer. Après trois années déjà, le sol enrichi en azote et ayant récupéré une structure poreuse voit se développer les plantules provenant des forêts environnantes qui très vite dépassent les Acacia mangium et Clitoria. Le milieu tropical favorable permet très vite aux espèces endémiques de reprendre place dans l’écosystème.

      Les espèces que l’homme nomme envahissantes ne sont que le reflet de l’anthropisation, génératrice de déséquilibre et donc provoquant le changement des paramètres écologiques.
      L’exemple de la Guyane est éloquent et amène à remettre en question ce préjugé sur les espèces préconisées dans ce livret.
      L’argument de l’exotisme est un ad hominem que je qualifierai de raciste, et j’espère que la réflexion prendra le pas sur cette idée.
      {Il est important maintenant de rappeler les résultats scientifiques obtenus sur ces parcelles seront soutenus par une étude sur le retour de la biodiversité sur les parcelles traitées… à suivre.}

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