Un guide pour nommer correctement les plantes en français

Attribuer un nom français "normalisé" et unique à toutes les plantes est un exercice difficile mais utile à tous ceux qui veulent parler des végétaux en langue commune. Ce guide nous conduit sur la matière d'opérer pour y parvenir. Mis en pratique par Tela Botanica il permettra de publier, à coté de chaque nom scientifique le nom français de toutes les plantes vasculaires de la métropole

Attribuer un nom français « normalisé » et unique à toutes les plantes est un exercice difficile mais utile à tous ceux qui veulent parler des végétaux en langue commune. Ce guide nous conduit sur la matière d’opérer pour y parvenir. Mis en pratique par Tela Botanica il permettra de publier, à coté de chaque nom scientifique le nom français de toutes les plantes vasculaires de la métropole

Nous remercions la Société Botanique de France de nous autoriser à publier l’intégralité de cet article paru dans le numéro 70 de son Journal de Botanique, intitulé « Guide de nomenclature des noms normalisés en français pour les plantes Trachéophytes de France métropolitaine« , afin que vous puissiez en faire librement usage.

OBJECTIF

L’objectif de ce guide est de fournir une aide pour
établir un NOM FRANÇAIS NORMALISÉ (NFN) à
chaque taxon de la flore vasculaire de France métropolitaine.
Il pourra être étendu à d’autres contrées (territoires
d’Outre Mer) et d’autres groupes taxonomiques
(Bryophytes, Lichens…).

Chaque taxon peut être désigné selon trois niveaux de
nomenclature différents et complémentaires :
1) la nomenclature
scientifique en latin soumise aux règles du Code
international (McNeill, 2012),
2) les noms en langues vernaculaires,
3) la nomenclature normalisée en langue française.

Cette dernière établit un lien entre les deux premières
dans la mesure où le nom normalisé est unique
pour chaque taxon (à l’instar de la nomenclature scientifique),
mais établi en langue française, comme les noms
vernaculaires français.

LES PRINCIPES

– permettre une meilleure communication avec le
public
en désignant les plantes par un nom plus facile à
retenir et à utiliser que le nom scientifique ;
éviter les confusions en disposant d’un nom normalisé
unique en langue française pour chaque plante, quel
que soit son rang taxonomique, permettant notamment
de répondre de façon adaptée aux obligations légales qui
imposent de désigner tous les taxons cités dans les arrêtés
de protection par leurs dénominations scientifique et en
langue française ;
proposer une nomenclature stable dans le temps et
de ce fait plus ou moins indépendante de la nomenclature
latine sujette à de nouveaux changements dans les années
à venir au gré des découvertes scientifiques en matière de
phylogénie et de taxonomie, ou d’une application rigoureuse
des règles de nomenclature (par ex. application de la
priorité en cas de découvertes bibliographiques).

Ce travail, réalisé par Tela Botanica, s’inscrit dans
le programme national de constitution du référentiel
TAXREF de la flore de France conduit
par le Muséum national d’histoire naturelle, la Fédération
des conservatoires botaniques nationaux et Tela Botanica,
sous l’égide du ministère chargé de l’environnement.

METHODOLOGIE

La méthodologie retenue pour accomplir ce travail
repose sur la rédaction d’un « guide méthodologique
» permettant de définir une procédure unique de
choix des noms normalisés pour l’ensemble des taxons.
Cette démarche, initiée par Mélisse Durécu, est inspirée des travaux de différentes
sources, notamment de ceux de Gisèle Lamoureux
au Québec (Lamoureux, 2002), qui a fourni le socle de
base à la rédaction de la version initiale du guide pour la
flore de France.

D’autres références ont également été consultées comme
« Le guide des noms recommandés par le Comité pour les
noms français des champignons » (Jean Rovéa, coordinateur
du comité, 2011), les travaux de Vincent Boullet dans
le cadre des inventaires floristiques réalisés par le CBN de
Bailleul. Pour les
noms de genre, nous nous sommes inspirés du travail
très bien documenté de Daniel Geerinck dans sa publication
« Les noms français des genres d’Anthophytes en
Belgique » (2014).

Afin de répondre au double objectif d’une nomenclature
facilement accessible au public mais suffisamment rigoureuse
pour établir un lien biunivoque avec la nomenclature
scientifique, il a fallu établir un juste milieu entre deux
impératifs parfois contradictoires : s’inspirer au mieux des
noms communs et vernaculaires déjà utilisés en langue
française et proposer des noms normalisés répondant à
des critères rigoureux en termes nomenclaturaux.
Pour cela un principe fondamental, stipulé dans l’article
1.2 du code, a été adopté : tous les noms français
normalisés sont constitués par la juxtaposition de deux
termes : un substantif correspondant au nom de genre suivi
d’une épithète – souvent composée – correspondant au
nom d’espèce ou infraspécifique (sous‑espèce, variété). Les
autres règles sont des recommandations destinées à faciliter
le choix de ces deux termes en vue d’obtenir un corpus
homogène de noms établis sur des principes communs.

REFERENCE

Daniel Mathieu, Mélisse Durécu, David Mercier, Joël Mathez, Michel Chauvet. « Guide de nomenclature des noms normalisés en français pour les plantes Trachéophytes de France métropolitaine. Code NFN Version 2.4 – novembre 2014 ». J. Bot. Soc. Bot. France 70, 1-5 (2015), Pages 57-61.

Ce document est publié sous licence CC-BY-SA, vous autorisant à en faire un libre usage.

Daniel Mathieu

22 commentaires

  1. Excellente chose que de mettre un peu d’ordre dans la désignation française des taxons, en particulier pour les animations d’adultes ou de scolaires et les relations avec les élus, surtout quand on passe après des techniciens ou des amateurs qui francisent n’importe quoi n’importe comment (« c’est pas un genêt, c’est un sarothamme ». sous-entendu : « vous n’y connaissez rien », alors même que c’était officiellement un Cytisus depuis plusieurs années). Et de le faire intelligemment, ce qui est encore mieux.
    Une remarque toutefois le texte cite deux fois Acer pseudoplatanus = Érable sycomore, expression ambiguë car sycomore désigne depuis des siècles au sens propre un arbre du genre Ficus (F. sycomorus L.) et l’érable est bien « pseudo », aussi faux-sycomore que faux platane ! Suivre le système des forestiers, influencés sans doute par l’américain qui désigne les platanes par sycamore, conduit à des ambiguïtés car beaucoup de personnes oublient « érable », érable faux-platane ou faux sycomore serait bien plus logique. Ça éviterait d’avoir expliquer à des auditeurs que les sarcophages de pharaons ou le sycomore de Zachée (évangile de Luc) étaient des « vrais sycomores » et pas des érables d’une espèce tout à fait absente du proche Orient.
    Le « vrai sycomore » (Figuier sycomore, je suppose, à moins qu’on en fasse un figuier à feuilles d’érable !) n’est pas commun en France métropolitaine (quelques jardins de la Côte d’Azur), mais il l’est à Mayotte.

    Michel Wienin

    1. Je suis d’accord avec votre argumentation pour retenir « Erable faux-sycomore ». C’est aussi l’objet de ce guide que de réfléchir intelligemment à ce type de situation.

    2. Tout à fait d’accord avec Daniel Mathieu

      : » Il faut l’un ET l’autre, pas l’un OU l’autre. »

      C’est à mon humble avis une excellente initiative.

    3. bien tres bien ,etant guide pour la reconnaisance des plantes sauvages en bretagne ,je n utilise que les noms en francais qui moins compliquer que le latin pour les personnes qui suivent les ballades botaniques et a elle si elle le veulent de les lire en latin pour une dissosiation des especes.belle initiatve merci pour ceux qui veulent rentré dans la botanique en douceur car le latin n est pas evident pour ceux qui n en on pas fait a l ecole

    4. Monsieur Linné doit se retourner dans sa tombe…

      au lieu de « tirer » les connaissances vers le haut , on rabaisse et on appauvrit le savoir en normalisant le langage de nos Grand-mères. quelle évolution !
      alors qu’on s’accorde tous a appeler un dalhia « {Dalhia} », un géranium « {Geranium} » ou un hortensia « {Hortensia} » on va aller chercher des noms qui ne signifient rien sous prétexte qu’ils sont français.

      Je trouve cet esprit « franchouillard » restrictif et contraire à l’ouverture vers les autres pays qui font l’effort d’utiliser le latin (comme le font les asiatiques ou les pays arabes) il suffit d’aller sur leurs sites pour voir qu’un thaïlandais nomme « Dendrobium » et non กล้วยไม้สกุลหวาย afin de se faire comprendre de la communauté internationale.
      Qu’adviendra-t-il lors que chaque pays fera sa propre traduction ? où irons nous chercher les noms ? comment ferons-nous pour nous comprendre ? n’oubliez pas que les aires de répartition dépassent souvent nos petites frontières et qu’il existe des {Orchis} de l’Écosse à la Turquie…

      Le but de monsieur Linné était de simplifier pour éviter -justement- ce genre de choses. Je respecte l’avis de chacun, mais vous l’avez compris, je trouve que cela va plutôt compliquer l’identification là où la norme permettait une simplification internationale.
      l’analyse génétique qui depuis les années 2000 s’efforce de mettre un peu d’ordre dans nos ignorances héritées du passé ne servirait-elle à rien ?
      Cordialement,
      JLM

    5. Bonjour

      Le nom latin sera toujours utilisé, ne vous inquiétez pas. Mais les noms « français » seront plus parlant pour le grand public. Pour transposer, je ne pense pas que vous parliez souvent de Columba palumbus pour le Pigeon ramier, ni de Hirundo rustica pour l’Hirondelle rustique, deux espèces décrites par Linné.

      Et pour l’identification, ne vous inquiétez pas, la dénomination des noms ne change rien du tout.

      Pour l’anecdote, étant allé au Japon, il est parfois assez utile de se faire donner, voire écrire, les noms japonais de certaines espèces, afin de vérifier plus rapidement les identifications. Et même les espèces non ornementales ont des noms japonais 🙂

    6. A propos de Columba palumbus, chez nous en Aquitaine nous l’appelons palombe et ce que nous appelons pigeon ramier (ou rouquet) est Columba oenas.

  2. les nom vernaculaires par définition présentent des différences selon les utilisateurs. c’est bien pour cela que la nomenclature latine, qui elle est universelle est utilisée. Donc pourquoi normaliser les noms communs ? C’est pour moi du temps et de l’énergie inutile et qui de plus peut faire disparaitre un patrimoine culturel et va compliquer encore les choses. On a connu cela pour les oiseaux il y a 15 ans…

    1. Les noms français normalisés ne s’opposent pas aux noms vernaculaires qui font partie du patrimoine linguistique et culturel de tous les pays et de toutes les régions. Ils n’ont pas pour objet de les faire disparaître, mais seulement d’appeler d’une manière unique, de parler d’un langage commun, lorsque l’on mentionne une plante. Par analogie, Je suis pour les langues régionales (le breton, le basque, l’alsacien, le corse…), mais je considère que le français est tout aussi indispensable si l’on veut se comprendre entre différentes cultures. Il faut l’un ET l’autre, pas l’un OU l’autre.

  3. Les plantes ont tant de noms, selon les lieux et les communautés, pourquoi ne pas s’en tenir à l’appellation latine (le latin n’est-il pas ancêtre du français?). Acer=érable, d’accord, mais certaines ‘appellations’ régionales savoureuses (souvent très représentatives de la culture locale) risquent de se perdre au profit de noms d’espèces poussant en France qui ne sont pas tout à fait celles qu’on retrouvent au Québec, par exemple. Tout cela pour ‘normaliser’? Donc, sera considéré farfelu le jardinier nommant ses plantes comme sa grand-mère le faisait? Bullshit! Ceci dit, je suis pas totalement contre l’idée, mais ce serait bien d’y accoler les différentes appellations ou du moins mentionner dans livres futur qu’il existe d’autres noms pour ces plantes selon d’où l’on vient.

    1. Oui bien entendu, on ne pourrait retenir que le latin pour une identification rigoureuse. Mais avez-vous déjà fait une sortie botanique avec le grand public en ne donnant que les noms latins : tout le monde est effrayé et ne retient rien… Dans la pratique, nous recommandons de nommer les plantes par leur noms scientifique (latin ou assimilé), de leur donner le nom français, à retenir, et de préciser que les plantes ont aussi de nombreux noms vernaculaires qui dépendent des régions où elles poussent. Tela Botanica fournit d’ailleurs une liste très riche de noms vernaculaires dans 7 langues européennes.

  4. Dans la Flora Helvetica de K. Lauber et G.Wagner, éditions Haupt, l’adaptateur E.Gfeller livre ses réflexions sur le choix des noms français :

    « Dans le choix des noms français, il faut lutter avant tout contre une dépendance trop servile du nom latin. Trop souvent le français est calqué sur le latin. Les noms latins contiennent parfois des inepties, des obscurités regrettables. Évitons de les transposer en français ! L'{Amaranthus hypochondriacus} n’est en rien hypochondriaque, appelons la comme l’allemand et l’italien l »amarante à épis verts ». {Ranunculus sceleratus} ne peut guère être scélérate en tant que plante. Il convient de la nommer renoncule vénéneuse comme les autres langues. Le {Meconopsis cantabrica}, « Meconopsis de Cambrie » sera mieux perçu si on traduit Cambria : le « Meconopsis du Pays de Galles ». Du même coup on saura qu’il s’agit d’une plante des régions à climat atlantique.

    Il n’est pas très heureux de rendre la terminaison latine -oides, qui marque la ressemblance, par « faux ». On peut se passer d’expressions fâcheuses comme « Sagine fausse sagine », « Céraiste faux céraiste ». La première devient « Sagine des Alpes » ce qui nous renseigne sur son habitat, le second « Céraiste à 3 styles » (seul céraiste à 3 styles, cinq chez les autres céraistes ») en vertu du synonyme latin malheureusement déclassé {Cerastium trigynum}. Il n’est pas utile de nommer « Saponnaire faux basilic » la « Saponnaire rose » pour la seule raison que le latin la nomme {Saponaria ocymoides}qui signifie semblable au basilic.

    …/… De plus, considérant que le développement des médias décloisonne les habitudes régionales et que le public s’intéressant à la botanique est toujours plus nombreux, il est opportun d’envisager l’établissement d’une nomenclature française sinon scientifique, du moins raisonnée et unifiée dans la mesure du possible …. »

    1. Votre argumentaire est parfait ! Il montre que le choix d’un « nom français » ne se fait pas au hasard des noms déjà existants (vernaculaires) ou à créer (traduction du latin), mais doit prendre en considération des données botaniques, géographiques, biologiques, parfois subtiles ou cachées. Il s’agit d’un travail de longue haleine, si on veut qu’il soit pertinent et pérenne

    2. Certains nouveaux guides naturalistes et forums propagent de nouveaux noms français, souvent issus de la traduction du nom anglais en Amérique du nord. C’est ainsi que j’ai trouvé « Faux-Brome » pour « Brachypodium sylvaticum » qui a pour nom anglais « False brome ». Un nom français officiel universellement accepté serait utile pour éviter l’apparition de ces néologismes. A tout prendre je préfère un nom français issu de la traduction du nom latin comme « Brachypode des bois » plutôt qu’un nouveau nom issu de la traduction du nom vernaculaire anglais d’Amérique du Nord.

  5. J’ai lu cet article dans le JdB avec intérêt. Vouloir standardiser est une bonne chose, même si le code lui-même paraît presque aussi compliqué que le code de nomenclature des noms scientifiques.

    Ce qui me gêne le plus est le choix imposé de la majuscule aux noms français de genres, ce qui est assez aberrant. Y a t il eu une véritable discussion à ce sujet entre spécialistes de divers groupes et aussi avec des linguistes francophones?

    Il y a 3 ans, un comité scientifique de RNN, avec 20 personnes de spécialités systématiques variées, avait exclu avec une très forte majorité l’usage des majuscules pour les genres en français. C’est un emprunt à l’usage germanique.

    Si on emploie la majuscule, cela veut dire que cela devient un nom propre et alors qu’en est il de l’usage de l’article ? On ne dit pas le Einstein en parlant du scientifique, pourquoi dire l’Epicéa (il n’y a pas d’article au nom latin ; on dit Picea) ?

    De plus, si j’ai bien compris, on ne doit pas mettre de majuscule quand on parle du genre (sans préciser l’espèce) : le Chêne pubescent, les chênes.
    Mais la lecture de nombreux documents montre bien que l’emploi des majuscules pour les noms français est chaotique ; faudrait il dire la Carotte, le Pommier …? De plus, cela rend les textes moins clairs à lire, surtout dans les énumérations ; l’usage des majuscules devrait rester exceptionnel en français.

    Imposer la majuscule n’apporte rien, que des problèmes !

    1. Problème de la majuscule pour le nom de genre en français : problème très délicat. Nous avons beaucoup hésité avant de faire le choix de mettre une majuscule au nom de genre et l’argumentation reste « faible ».
      – on suit la pratique scientifique qui affecte une majuscule au nom de genre
      – cette orthographe permet de différencier le « nom français normalisé » des noms vernaculaires qui n’ont pas de majuscule
      – elle permet de distinguer le terme générique (le chêne comme arbre ou bois pris dans sa généralité) de celui du « Chêne vert », essence précise à laquelle on fait référence.
      Mais j’admets qu’un autre choix aurait pu être fait, avec d’autres arguments…

  6. Nommer un taxon implique de l’avoir déterminé et donc identifié. Les Flores de France comportant un nom français sont nombreuses : cf. mon fichier en ligne FlorFran.pdf au tableau Ib colonne N. Par comparaison la bibliographie de l’article est bien légère, avec pour première référence « Bonnier & de Layens 1981 » pour un ouvrage du XIXè siècle ? Pour l’opération de détermination (considérant que la nature est souvent dominée par des intermédiaires ou, en interprétant, par des introgressions)la référence de détermination suivie doit fournir une description suffisante et un minimum rigoureuse (ce qui n’est pas le cas des Flores de France récentes) ; l’article est fait en ignorant tous ces aspects capitaux pour s’y retrouver dans l’usage d’un nom de taxon.

    1. Excellentes remarques, un nom devrait en effet toujours être rattaché à une description précise de ce qu’il désigne. Et nous manquons actuellement d’un ouvrage à jour décrivant les plantes de France de façon complète (Flora gallica est un ouvrage portatif plus ou moins restreint aux clés d’identification ; Flora europaea présente des descriptions trop courtes et a beaucoup vieilli, en plus d’être dépourvu d’illustration). A noter que la « Flore complète portative de la France et de la Suisse » de Bonnier et de Layens est effectivement publié en 1909, non en 1981, ce qui en fait tout de même un ouvrage du 20e siècle !-) – Ce sont les « Tableaux synoptiques des plantes vasculaires de la Flore de France » de ces mêmes auteurs, qui sont publiés au 19e siècle, en 1894… L’ouvrage de 1909 étant une version revue et corrigée de celui de 1894, et sachant que ces ouvrages sont dépourvus d’indication de date d’édition (il faut par exemple consulter « Taxonomic litterature » pour en prendre connaissance).

  7. Je suis un peu étonné de la vivacité des réactions. Rien n’empêchera quiconque d’utiliser les noms latins (ce que je fais), ni d’étudier les noms populaires (ce que je fais aussi).

    En fait, le projet répond à un besoin exprimé par ministère de l’Environnement entre autres, car les textes de loi reprennent les noms français à côté des noms latins, et cela se fait actuellement dans le désordre.

    Je rappelle aussi que Lamarck est l’inventeur de nombreux noms français, car il était conscient du problème de communication avec le grand public, qui est accru aujourd’hui où peu de gens apprennent le latin.

    Par ailleurs, en France, divers groupes utilisent déjà des nomenclatures françaises normalisées, comme les ornithologues ou les forestiers.

    A l’étranger, il existe aussi des nomenclatures normalisées (Etats-Unis, Canada…).

    Je n’étais pas personnellement partisan de la majuscule, mais de toute façon, les noms choisis ou créés resteront des noms techniques, utilisés dans des publications techniques, et non populaires.

    Le comité s’est efforcé de faire ce travail le mieux possible, ou de la façon la moins mauvaise possible comme on voudra, en suivant au plus près les usages de la langue française. C’est tout.

  8. Je viens de lire le guide de nomenclature des noms en français.

    Cette initiative est très bonne, car on est régulièrement confronté à ce problème, écrire des noms d’espèces pour le public non scientifique, donc en français, et qu’il n’existait aucune homogénéisation de ces noms.

    Un point me semble malheureux, c’est le choix de conserver une majuscule pour ces noms français. Daniel Mathieu indique que les auteurs de la proposition se sont conformés aux usages. Or :

    . La tendance actuelle dans l’usage de la langue française est à une disparition quasi-complète de la majuscule pour les noms d’espèces, même lorsqu’on désigne l’espèce et non ses représentants, les individus.

    . Puisque l’objectif affiché est de bâtir une nomenclature accessible au plus grand nombre, cette règle de la majuscule pour les noms de genre lorsqu’ils désignent l’espèce va à l’encontre de l’objectif. Le grand public a toujours eu du mal avec cette distinction, qui concerne surtout le monde scientifique.

    . Les anglophones ont maintenant comme règle (de plus en plus strictement appliquée) de rejeter la majuscule.

    Ne peut-on revenir sur ce choix, changer le guide, et donc proposer de ne pas mettre de majuscule au nom de genre ?

    1. La question des majuscules est un débat sans fin. Mais rien n’empêche chacun d’écrire comme il veut. Ce n’est qu’une question de typographie.

      L’important, voire l’essentiel, est la procédure pour choisir des noms français pour toutes les espèces, et la façon d’arriver à un consensus sur ces noms. C’est la raison d’être de ce guide.

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