Herbier du Maroc de Joël Mathez : dans les pas de Louis Emberger

La nouvelle mission des Herbonautes nous amène sur les sentiers du Maroc, à cette occasion, nous vous proposons de découvrir les portraits de botanistes, chercheurs, personnalités, qui ont marqué l’histoire de la botanique en Afrique du Nord.

Aujourd’hui nous revenons sur les traces de Louis Emberger (1897-1969), botaniste et géographe dont les recherches se sont penchées sur la flore et le climat méditerranéen, notamment au Maroc. Ses travaux ont influencé de nombreuses disciplines, telles que la botanique, la phytogéographie ou encore l’écologie.

Né à Thann, en Alsace à la fin du 19ème siècle, il s’intéresse dès le plus jeune âge aux thématiques scientifiques, notamment à travers la découverte des paysages du Sud de l’Alsace et des Vosges dans lesquels il grandit. Il réalise par la suite des études en pharmacie à l’Université de Lyon en parallèle d’une licence en sciences naturelles. Il développe alors un fort intérêt pour le monde du vivant et notamment pour celui des plantes.

Cet attrait pour le monde végétal se traduit par une première note publiée dans le Bulletin de la Société Botanique de France en 1919. Par la suite, il réalise une thèse en cytologie, domaine qui s’intéresse à l’étude des cellules vivantes, durant laquelle il étudie les plastes, petits organites présents dans les cellules des végétaux.

Nommé comme chargé de cours à la Faculté de pharmacie de Montpellier, sa carrière quitte l’Alsace pour le sud de la France. Il devient alors le disciple et le gendre de Charles Flahaut qui va influencer ses recherches vers la géographie botanique.

Ses travaux au Maroc

Les enseignements de Charles Flahaut le conduisent au Maghreb, et plus précisément à l’Institut Scientifique Chérifien où il devient le chef du service Botanique en 1926.

Pendant plus de 10 ans il s’attelle à étudier la flore du Maroc, encore mal connue, en explorant les plaines et les montagnes marocaines avec l’appui de René Maire. A l’époque le Maroc et sa biodiversité ne sont que très peu connus des chercheurs et botanistes occidentaux. Ce n’est qu’à partir du 19ème siècle puis au 20ème siècle que l’exploration botanique du Maroc se développe pleinement.

 

Louis Emberger, esprit critique et logique ajoute à ses prospections sur le terrain une dimension écologique et retranscrit ces réflexions dans une carte phytogéographique du Maroc. Il propose une méthode permettant de décliner les régions selon leur température et leur humidité et ainsi de mieux comprendre la répartition de la végétation méditerranéenne.

Il décompose le climat méditerranéen en 5 grands étages:

  • Zone humide
  • Zone tempérée
  • Zone semi aride
  • Zone désertique
  • Zone de haute montagne

 

Son implication dans la vie scientifique montpelliéraine

De retour à Montpellier, il s’emploie à étendre ses recherches sur la répartition de la végétation à l’ensemble des régions ayant un climat de type méditerranéen, comme la Grèce, l’Afrique du Sud mais aussi l’Australie ou la Californie.

En 1937, il devient le directeur de l’Institut de Botanique de Montpellier à la suite de Charles Flahaut.

 

Son expérience en Afrique du Nord le pousse aussi à créer à Montpellier, en 1961, le Centre d’Études Phytosociologiques et Écologiques (C.E.P.E), l’actuel Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive (C.E.F.E.) Il en sera le directeur jusqu’en 1968. Initialement créé pour fournir un inventaire méthodique des zones naturelles du territoire, le C.E.F.E est aujourd’hui un lieu scientifique important pour l’étude de la biodiversité, des changements globaux et l’évolution des espèces.

L’activité scientifique de Louis Emberger fut très diverse, en donnant de nouvelles clés pour comprendre le monde des plantes, il a influencé de nombreux domaines. A la croisée entre la géographie et la botanique, il a donné une approche nouvelle pour comprendre la flore méditerranéenne et sa répartition. Aux côtés de René Maire, Charles Sauvage et par la suite Pierre Quézel, Joël Mathez et autres passionnés des plantes, il a permis l’expansion et l’amélioration des connaissances en botanique sur l’Afrique du Nord.

 

La mission "Herbier du Maroc de Joël Mathez"

Références :

  • Sites internet

https://www.cefe.cnrs.fr/fr/pf/te/51-french/pf/terrain-dexperiences/497-terrains-dexperiences-histoire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Emberger

  • Ouvrages et articles

Benabid, A. (2000). Flore et écosystème du Maroc: Evaluation et préservation de la biodiversité (1ère éd). Paris: Ibis press.

Marres Paul. Louis Emberger, 1897-1969. In: Annales de Géographie, t. 81, n°448, 1972. pp. 748-751

Mangenot (1972) Louis Emberger (1897–1969), Bulletin de la Société Botanique de France, 119:sup3, 7-14, DOI: 10.1080/00378941.1972.10839127

lvet Claude. Interprétation hydrique de la notion d’étage de végétation selon L. Emberger : application au Maroc (Meteoricwater and Emberger’s vegetation levels in Morocco). In: Bulletin de l’Association de géographes français, N°464, 56e année,novembre 1979. pp. 331-339

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