Le chardon « Centaurea benedicta » est il un vrai chardon?

En cette fin de printemps nous vous proposons d'observer et recenser les Chardons bénis du Languedoc Roussillon.

En cette fin de printemps nous vous proposons d’observer et recenser les Chardons bénis du Languedoc Roussillon.
Si ce n’est pas déjà fait allez vite découvrir la page de la mission : A la découverte du Chardon béni. Il y a deux semaines nous nous étions demandés ce que ce chardon avait de béni, mais nous ne nous sommes pas interrogés pour savoir ce qui faisait de lui un chardon parmi les chardons.

Centaurea benedicta L. par Liliane Roubaudi cc by sa
Centaurea benedicta L. par Liliane Roubaudi cc by sa

Qui, parmi les botanistes, ne s’est jamais retrouvé dans cette situation, au milieu d’un pré, remplis d’herbes hautes et fleurs en tout genre où l’un de vos compère vous dit « regarde ce chardon, tu le connais-toi? » en indiquant vaguement une direction. Et là vous vous retrouver à regarder dans cette direction et ne pas savoir de quelle plante il est question. Pas parce que vous ne connaissez pas ces plantes, mais parce que vous ne savez pas ce que votre camarade comprend par « Chardon ». Est-ce lui ? est-ce ce Carduus, est-ce ce cabaret des oiseaux? ce panicaut… ?

Si l’on s’en réfère au latin et à l’étymologie, le mot chardon dérive tout droit du genre Carduus. Auquel cas l’on pourrait dire que seuls les Carduus seraient éligible au titre de chardon. Certains les appellent d’ailleurs les « chardons vrais ». Dans ce cas, notre Chardon béni ne serait plus un chardon et il faudrait lui trouver un nouveau nom comme la Centaurée bénie (dérivée de son nom scientifique Centaurea benedicta) ou encore le Cnicaut béni (dérivé de Cnicus benedictus, son synonyme).

Centaurea benedicta par Liliane Roubaudi cc by sa
Centaurea benedicta par Liliane Roubaudi cc by sa

Mais tout n’est pas si simple, puisque dans la langue française, le mot « chardon » n’est pas le seul dérivé du genre Carduus. Connaissez vous le cardon (Cynara cardunculus L.), ce légume dont on consomme les côtes (comme les bettes) et qui appartient au même genre que l’artichaut (Cynara scolymus L.). Le nom cardon dérive tout droit du genre Carduus. Le Cardon est il pour autant un chardon? Au sens stricte, on l’a vu ce n’est pas le cas puisqu’il n’appartient pas au genre Carduus, mais pour autant son nom provient directement de la forme de la plante et l’on pourrait considérer au sens large que les chardons sont des plantes portant des épines, ou des parties piquantes, de la famille des Astéracées (comme par exemple Carduus et Cynara) qui portent des fleurs rassemblées en têtes denses et serrées appelées capitules.

C’est sans compter deux autres mots de notre langue : Carder (v.t) et Carde (n.f.). Bien que désuets, ces mots ont leur importance dans notre réflexion. La carde est le nom donné à la tête épineuse du cabaret des oiseaux : Dipsacus fullanum L. qui servait à carder (on retrouve notre verbe) la laine. Le cardage est une étape préalable au filage qui consiste à peigner (ou carder) la laine. Dipsacus fullanum était ainsi appelé Cardère et également chardon à foulon, car la carde servait aussi à rendre les poils des draps plus lisse et plus uni. Nous voici donc avec une troisième plante, dont son usage et ses noms font référence au mot chardon mais qui ne rentre pas dans notre définition, puisque Dipsacus fullanum L. fait partie de la famille des Caprifoliacées et non des Astéracées

On peut donc préciser notre définition en ajoutant que les chardons ne sont pas seulement des plantes de la Famille des Asteracées, mais également des Apiacées et Caprifoliacées.

Pour revenir à notre Chardon béni, bien qu’il n’appartienne pas au genre Carduus, mais au genre Centaurea, d’après ce qu’on peut voir sur la page de la mission « A la découverte du Chardon béni », il correspond tout à fait à notre définition du chardon, qui pourrait être :
« Chardon : plante épineuse ou piquante, dont les fleurs sont densément regroupées en une tête compacte et appartenant, la plupart du temps, à la famille des Astéracées et au genre Carduus. »

Cnicus benedictus Liliane Roubaudi cc by sa
Cnicus benedictus Liliane Roubaudi cc by sa

Il ne vous reste plus qu’à aller vérifier sur le terrain si notre Chardon Béni est si épineux que cela et mérite bien son titre de chardon.

Nous attendons les photos de vos observations sur la page de la mission.

Et n’oubliez pas, si vous êtes dans la région Grenobloise, Gentiana et Tela Botanica vous propose une nouvelle mission pour découvrir le Sabot de Vénus.

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