Vu sur la toile #64

Découvrez les articles, vidéos et podcasts qui ont attiré notre attention ces dernières semaines. À la une cette semaine : "Les forêts tropicales peuvent s’adapter au changement climatique, jusqu’à un certain point", un communiqué de l'INRAe.

À la une : "Les forêts tropicales peuvent s’adapter au changement climatique, jusqu’à un certain point", un communiqué de l'INRAe

« A l’heure actuelle, les forêts tropicales stockent l’équivalent de 25 années de carbone émis par la combustion d’énergie fossile. Mais les scientifiques craignent que le réchauffement climatique réduise cette capacité de stockage, renforçant son accélération. Des chercheurs d’INRAE ont participé à une étude internationale qui s’appuie sur le suivi de la croissance d’un demi-million d’arbres, sur plusieurs décennies, dans 813 forêts tropicales dans le monde. Les résultats, parus dans Science le 22 mai 2020, montrent que ces forêts continueront à stocker de grandes quantités de carbone, même dans une atmosphère plus chaude. Néanmoins, il est démontré que cela ne sera possible que si nous sommes en mesure de limiter les émissions de gaz à effet de serre pour rester à une température compatible avec le bon fonctionnement des écosystèmes.

Une équipe de recherche internationale a mené une étude sur 813 forêts tropicales à travers le monde. Les scientifiques ont ainsi étudié la croissance de près de 500 000 arbres, et donc leur capacité de stockage de carbone, tous soumis au changement climatique de manière différente.

Les chercheurs d’INRAE y ont contribué en mesurant la croissance d’arbres dans des parcelles de forêt tropicale humide (dispositif Guyaflux) en Guyane française. Il s’agit de la première étude qui analyse la sensibilité de ces forêts au changement climatique sur le long terme. Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont mesuré la circonférence des arbres à intervalle régulier depuis plusieurs décennies (20 ans en Guyane Française). En appliquant des modèles dendrométriques*1 prenant en compte l’évolution de la circonférence, ils ont pu déterminer la capacité de stockage de carbone de ces forêts et son évolution au cours du temps, et analyser quels facteurs climatiques sont à l’origine des variations inter-annuelles de ce stockage.

Un premier résultat suggère que parmi tous les bouleversements produits par le changement climatique, c’est l’augmentation de température qui a le plus d’influence sur le stockage de carbone. Leurs travaux montrent aussi que les forêts tropicales seront capables de continuer à jouer le rôle de puits de carbone pour l’atmosphère même dans un environnement plus chaud, uniquement jusqu’à un certain point. En effet, ils ont pu identifier la température moyenne journalière maximale – à savoir 32°C pendant la journée – que pourraient supporter les forêts tropicales et pour laquelle le fonctionnement de ces forêts restera normal. Afin que cette température seuil ne soit pas dépassée dans ces régions, les scientifiques alertent sur l’importance de limiter les émissions de gaz à effet de serre dès maintenant. La capacité d’adaptation de ces forêts à l’augmentation de la température repose en grande partie sur leur grande biodiversité, à condition que celle-ci soit préservée.

Plus de 225 chercheurs ont travaillé ensemble pour réunir des informations sur plus de 10 000 espèces d’arbres différentes en Afrique, en Amérique du sud et en Asie. Un travail de recherche sur plusieurs décennies qui met en lumière l’importance de la collaboration internationale pour étudier les effets du changement climatique sur le fonctionnement des écosystèmes terrestres.

*1 Ce modèle permet de décrire la variabilité et la structure de la taille (diamètre) des arbres »

Communiqué de presse de l’INRAe

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2 commentaires

  1. L’article Plantes médicinales : une nouvelle méthode pour extirper leurs secrets, par Futura Sciences, semble redécouvrir la lune. Il y a belle lurette que les scientifiques savent ça.

    C’est d’ailleurs la limite de l’intérêt des « bioprospections ». Une fois un principe actif trouvé, on peut en décliner les dérivés par hémisynthèse. Nul besoin donc de retourner à la plante.

    1. D’accord avec vous Michel, c’est un article dans lequel on n’apprend rien de nouveau. La nébuleuse Futura Sciences surproduit de l’information (j’imagine dans le but de capter plus d’internautes) au détriment de la qualité et de l’intérêt de certains articles aux titres souvent assez racoleurs…
      Par contre les producteurs industriels de molécules « actives » seront de plus en plus obligés de revenir à un certain niveau de complexité. En effet chaque espèce de plante connue (ou supposée comme expliqué dans l’article) qui produit naturellement des composés actifs, en produit généralement plusieurs (ça aussi c’est dans l’article), sans compter les autres substances peu ou pas actives largement oubliées. De plus en plus, les chercheurs comprennent que la combinaison est plus efficace et généralement moins dangereuse que l’isolement et l’utilisation d’une seule molécule (qui a tendance à faire apparaitre des resistances). C’est le lobby pharmaceutique qui préfère rester à 1 molécule = 1 médicament, tellement plus simple pour ces marchands de médicaments sans scrupule…

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